Enfants et ados en danger - 10 Préventions

Enfants et ados en danger - 10 Préventions

Le texte qui suit est tiré du livre Enfants et ados en danger, écrit par Jean-Louis Lafont. Dans cet ouvrage percutant et éclairant, il aborde avec réalisme les dérives sexuelles auxquelles sont exposés les enfants et les adolescents aujourd’hui, tout en proposant des clés bibliques et pratiques pour les accompagner, les comprendre et les préserver.

🛡️ EXEMPLES DE PRÉVENTION

👧 Mathilde et Anaïs

Une cinquantaine d’élèves de cinquième s’installent dans le self d’un collège dans la Manche. En face d’eux, Mathilde et Anaïs, victimes de harcèlement scolaire à l’école élémentaire et au collège, aujourd’hui en classe de troisième racontent leur vécu, pour éviter à d’autres de traverser “l’enfer”. “J’aurais aimé avoir cette aide quand j’ai été harcelée” souligne Mathilde, à l’origine de l’initiative. “Je me suis fait harceler en 6e et en 5e. On me disait que je puais, que j’étais moche. On me traitait de connasse, de salope, de pute. […] On a affiché mon prénom avec des têtes de mort. On m’a dit que j’étais nulle, que j’étais un chien. J’avais honte de moi, je mettais des masques. Je disais à ma mère que tout allait bien. J’ai décidé de me mutiler, de me scarifier. J’avais besoin de transformer ma souffrance psychique en souffrance physique. Je n’avais plus confiance en moi, ni en personne. J’ai fait une tentative de suicide, avec des médicaments. La seule solution, c’est d’en parler. L’équipe éducative, mes parents, ont été mis au courant. Maintenant, je remonte la pente.” “Ouest-France” Paru le 09/12/2019

L’école pourrait se doter, si elle ne l’a pas, d’un dispositif de prévention pour que le harcèlement diminue vraiment. Nous observons qu’une prise de conscience en cours s’exprime dans les médias. Enseigner c’est répéter, il conviendrait donc que l’Etat, mais également les parents d’élèves multiplient des initiatives de prévention.

🏫 Prévention à l’école

Les interventions de la gendarmerie devraient expliquer la loi dans leurs domaines de compétence (délits, domaine pénal, justice, respects des règles, lutte contre la violence, etc.) Les interventions de médecins ou d’infirmières sur la sexualité, la grossesse, les MST, les préservatifs seraient des occasions de lutter contre des idées insensées qui circulent chez les ados comme : “ce n’est pas nécessaire de se protéger car on ne peut pas tomber enceinte aux premiers rapports sexuels” et autres inepties.

🏡 Prévention à l’école et en famille

Régulièrement, l’école comme la famille pourraient consacrer un temps d’échanges avec les ados sur des thèmes tels que : “Mon corps n’est pas une monnaie d’échange”, ou “Les photos volées”, également sur la manière dont nous nous parlons. Les ados se parlent très mal entre eux, parfois aussi à leurs parents et leurs enseignants. Les adultes devraient rester vigilants dans leur façon de s’adresser aux ados et aux enfants, que ce soit à la maison, l’école ou dans le club sportif. L’impact de nos paroles agressives ou encourageantes a une incidence sur la qualité de notre relation avec eux.

Pour favoriser la solidarité, les adultes à l’école comme à la maison, pourraient leur proposer de visionner des vidéos ou des émissions sur les migrants ou les SDF et de réagir à ces images. Le but est de s’ouvrir aux autres et de développer chez les ados, la notion d’entraide à l’école, dans le quartier et en famille. Une classe pourrait décider de participer à un évènement tel que le téléthon. Une association engagée dans la solidarité pourrait venir témoigner de son activité aux élèves. Dans tous les cas, il s’agit d’élargir leur relation aux autres, au respect et à l’entraide.

🚨 Prévention et vigilance : certains signes doivent alerter

L’enfant ou l’ado en souffrance s’isole sans raison, perd sa joie de vivre, son appétit, le sommeil. Il est très souvent en retard à l’école, emprunte un chemin plus long pour éviter son harceleur, refuse de manger à la cantine. Il se met souvent en situation d’échec scolaire pour quitter cette école et ceux qui le font souffrir. La peur des agressions expliquerait 25% de l’absentéisme des collégiens et lycéens. Ajoutons la perte de l’estime de soi- “je ne sais pas me défendre”-, l’anxiété, les maux de tête, de ventre. Parfois jusqu’à des conduites autodestructrices pouvant mener au suicide. Les harceleurs, souvent exclus, vont d’une école à l’autre ce qui entraîne une scolarité chaotique. Au final tout le monde est perdant.

Quand vous observez une souffrance chez un enfant ou un ado, offrez-lui l’occasion de sortir du silence et demandez-lui : “Es-tu victime ou témoin de harcèlement ou de violences ?”. Quand la parole se libère, la guérison peut alors s’enclencher. Les témoins de ces agressions aussi peuvent être choqués. Je vous invite à lire la série “12 ARTICLES” sur mon site www.jeanlouislafont.fr, le chapitre 4 explique comment avoir une écoute qui délivre. Libérer la parole est indispensable, le silence est facteur de séquelles et ne protège que l’agresseur. Mettre fin au silence est puissant, et chacun de nous peut encourager les victimes à parler.

📚 Prévention par l’éducation sexuelle

En 2019, la France enregistre 232 000 IVG, le plus haut niveau depuis 30 ans. Ce sont les jeunes femmes de 20 à 29 ans qui sont les plus concernées par l’IVG, l’augmentation du taux de recours est notable chez les femmes trentenaires depuis les années 2010. La hausse est la plus marquée chez les 30-34ans (+ 3,9 points entre 2010 et 2019). À l’inverse, sur la même période, le taux de recours diminue chez les femmes de moins de 20 ans : chez les 15-17 ans, il est passé de 10,5 pour 1000 jeunes filles en 2010 à 5,7 en 2019, chez les 18-19 ans, de 22,2 à 16,7 IVG. (Source : Drees “Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques” paru le 24/09/2020)

En septembre 2020 une nouvelle étude de la Drees souligne une baisse du nombre d’IVG en 2020 en France par rapport à l’année précédente. Au cours de cette année marquée par la crise sanitaire liée au Covid-19, 220 000 IVG ont été enregistrées, soit 12 000 de moins qu’en 2019 (baisse d’environ 4 %). “La pandémie de Covid-19 et les mesures prises pour limiter sa diffusion ont eu un impact sur les conceptions durant le premier confinement, entraînant la diminution des naissances observées en 2020, et aussi celle des IVG”, constate la Drees. (Source : extrait du “lequotidiendumedecin.fr” 28 septembre 2021)

Les jeunes filles vont assumer seules l’avortement, car “les petits copains” ont curieusement disparu des radars… Aurait-on oublié de les renseigner sur leur responsabilité ? Sans doute. Les impacts psychologiques, affectifs et relationnels de l’avortement sont bien réels et quel que soit leur âge, les femmes ont particulièrement besoin de soutien à ce moment précis. Etant impliqués dans cette grossesse, les garçons devraient assumer leur responsabilité, en étant proche et chaleureux dans cette épreuve.

La priorité d’une bonne prévention est de rappeler les bases de l’égalité filles-garçons et d’apprendre à l’enfant à respecter son corps et celui des autres. L’éducation sexuelle à l’école telle qu’elle est pratiquée actuellement, parle d’anatomie, explique comment on fait des bébés, mais en occultant le principal, la qualité de la relation.

On notera que dans “relations sexuelles”, relations s’écrit en premier. Partager son intimité doit être le prolongement d’une relation, pas le début. Ce n’est pas la sexualité qui va créer une relation saine, mais le contraire. Les ados ont besoin d’infos sur les différences entre garçons et filles, comme la façon de penser, les émotions. Définir les différences entre séduire et harceler est crucial. On insistera sur le fait que dans la sexualité il n’y a pas de violence, pas de domination, que prendre le temps est important et qu’on ne passe de l’échange amical à l’échange amoureux en 24h. Dans une relation saine, on apprend à se connaître, s’écouter, se trouver des points communs, des attirances, on développe de la confiance. On partage alors des secrets, on passe du temps ensemble, on envisage une relation dans la durée, on s’engage. C’est alors que la sexualité trouve naturellement son chemin.

🗣️ Parler du consentement

Il convient d’insister sur le fait que céder ne veut pas dire consentir. Beaucoup se prêtent à des jeux sexuels sans vraiment le vouloir. Très souvent, certains ados utilisent la séduction, la persuasion, la pression psychologique et le mensonge sur les plus influençables. Cette pression exercée par une personne ou groupe, amène parfois une victime à se soumettre. Il faut bien expliquer aux ados, que consentir c’est donner sans aucune pression et clairement son accord pour cette activité. Je le répète, céder ne veut pas dire consentir ! Chez les adultes aussi de nombreuses contraintes morales ou économiques peuvent obliger une personne à subir des actes sexuels sans s’y opposer. Par exemple, céder en contrepartie d’une aide, d’un travail, ou d’un logement ne veut pas dire accepter. Pas de consentement quand on impose une relation sexuelle à une personne qui a trop bu, qui est droguée, inconsciente, ou dans l’incapacité de donner son accord.

🤝 Prévention en aidant les enfants et les ados à se confier

Le plus souvent, ils se sentent coupables, craignent d’être jugés dans une période d’adolescence où l’exploration de la sexualité entraîne des souffrances compliquées à partager. Mettez-vous à la place d’une ado qui a laissé son petit ami prendre ses seins en photo, ce n’est pas vraiment sa priorité d’en parler à ses parents. Ce qui est de l’ordre d’un jeu dans un couple d’ado, peut être lu comme “tu es une pute” par les adultes. Briser la honte et la peur n’est pas si facile. Et puis, Il y a aussi la peur d’être sanctionné, de se voir confisquer le téléphone et ne plus avoir accès aux réseaux sociaux. Pour les ados c’est une forme de mort sociale. S’il est si difficile de parler d’une “photo volée”, je vous laisse imaginer le défi de parler d’une relation sexuelle.

Les ados ne parlent pas, parce que les adultes ne parlent pas. A ces derniers de partager leurs secrets d’école, de famille, ou d’enfance, et de raconter que la cruauté n’a pas attendu Internet. Quand un adulte partage ses secrets douloureux, il libère la confiance et la parole de ceux qui écoutent. De bonnes relations se développent toujours sur des rapports à égalité.

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