La délégation

La délégation

Cher Pasteur,

J'aimerais aborder avec toi un sujet que je crois être d'une grande importance pour un pasteur. Il s'agit de la délégation. Savoir déléguer n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire de prime abord. Mais, avant tout, que dit la Bible sur cette question ? Tu connais aussi bien que moi ce que Paul déclare à Timothée, son enfant légitime en la foi (1 Tim. 1.2) :

"Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l'enseigner aussi à d'autres." (2 Tim. 2.1-2)

Ce texte parle avant tout du principe de l'enseignement : pour pouvoir enseigner, on doit nécessairement avoir été d'abord enseigné soi-même. Mais il s'y trouve aussi sous-jacent le principe de la délégation.

Déléguer, c'est se dessaisir volontairement de certaines de ses prérogatives, ou de ses attributions, pour les confier à d'autres. Et cela demande certaines qualités que nous allons essayer de définir.

1. Avoir réglé son problème de signifiance : Un sentiment d'infériorité peut conduire à rechercher, parfois inconsciemment, une valorisation dans l'exercice du ministère, qui, chez certains, procure une sensation de pouvoir. Cela entraîne une répugnance à se déposséder de ce qui constitue sa signifiance.

2. Ne pas être atteint de perfectionnisme : Que l'on veuille que les choses soient bien faites est parfaitement légitime. Mais il faut savoir accepter qu'elles puissent être faites autrement qu'à notre manière. Cela requiert un minimum d'humilité et de largesse d'esprit.

3. Savoir choisir ses collaborateurs : C'est un double processus, humain et spirituel. On doit discerner si la personne a les capacités et les qualités requises pour la tâche qu'on se propose de lui confier ; on doit aussi rechercher une conviction spirituelle par le Saint-Esprit.

4. Savoir faire confiance : Cesser de s'imaginer que si l'on n'est pas là, le monde va s'écrouler. Faire confiance en la personne choisie, en dépit des petits problèmes inévitables au début ; faire en même temps confiance en celui qui appelle à son service.

Ce ne sont pas là, peut-être, les seules qualités utiles pour pouvoir déléguer, mais je pense que ce sont les principales. Tout serviteur de Dieu devrait demander sincèrement au Seigneur de l'aider à les acquérir, s'il ne les possède pas, et d'apprendre à déléguer. Il pourra ainsi éviter d'être "l'homme orchestre" de son assemblée, et de s'user à la tâche.

L'expression anglaise "burn out" désigne le syndrome d'épuisement professionnel. Nombre de nos collègues risquent d'en être atteints, ou le sont déjà. Si tu veux éviter ce fléau, il existe un remède biblique : déléguer. C'est ce qui fut demandé à Tite :

"… que, selon mes instructions, tu établisses des anciens…" (Tite 1.5-9)

Pas seulement des "Membres du Bureau", mais de véritables Anciens selon l'Écriture, de précieux collaborateurs dans le ministère pastoral, qui t'aideront à porter le fardeau, souvent bien lourd, de l'Œuvre de Dieu.



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