La terre a-t-elle réellement été créée en six jours ou est-ce une allégorie ?

La terre a-t-elle réellement été créée en six jours ou est-ce une allégorie ?

Voici une question qui peut paraître simple en apparence mais qui s’avère complexe dès que l’on commence à s’y intéresser de plus près.

Cette interrogation très “biblique” est soumise à de nombreuses pressions extérieures : le consensus scientifique en faveur d’une terre vieille de plusieurs milliards d’années, les différentes théories de l’évolution ayant cours depuis le 19ème siècle, les multiples remises en question de l’intégrité du texte de la Genèse (voire du Pentateuque tout entier), etc. Difficile, donc, de naviguer dans ces eaux pourtant profondes, sans risquer de heurter à un moment où à un autre ces “rochers” idéologiques majeurs…

Tentons de faire au plus simple ! Parmi les évangéliques français, il existe deux grandes tendances.

La première, que l’on pourrait qualifier d’historique, estime que les récits de la Genèse, Genèse 1-3 en particulier, décrivent globalement et littéralement des situations historiques : la création du monde en six jours ; l’homme et la femme placés dans le jardin d’Eden pour le garder et le cultiver en pleine communion avec Dieu ; et, finalement, la terrible chute de l’homme et de la femme qui commettent le premier péché de l’histoire, font entrer la mort dans le monde, et entraînent avec eux l’ensemble de l’humanité. C’est cette position que je défends avec mon collègue Florent Varak (voir notre série d’articles et de podcasts ici. Cette approche reconnaît que Genèse 1–3 contient d’importantes figures de style et de nombreux éléments poétiques, mais que ceux-ci ne s’opposent pas à un récit historique

La deuxième grande position, défendue notamment par Henri Blocher dans son livre Révélations des origines, est parfois appelée “théorie du cadre”. Selon lui, le texte de Genèse 1-3 doit être lu avant tout comme une composition littéraire. En d’autres termes, ces textes ne sont pas une description chronologique et historique des évènements, même s’il contiennent sans doute quelques traces d’histoire. H Blocher estime par exemple que, chez l’auteur de Genèse 1, “[le] souci de la chronologie a été éclipsé par d’autres considérations.” En conséquence, il est illusoire de lire un récit historique en Genèse 1 : il s’agit plutôt d’un cadre littéraire qui décrit poétiquement l’oeuvre créatrice de Dieu, un peu à la manière d’une parabole.

Je n’ai jamais été très convaincu par la proposition de H Blocher, malgré tout le respect que je porte à son travail par ailleurs. Dans cet article, j’entends rester bref et le plus accessible possible. Je vais donc me limiter aux trois principales raisons qui me conduisent à penser qu’une lecture chronologique/historique de Genèse 1 est celle qui convient le mieux :

(1) Il est difficile d’imaginer que l’auteur de Genèse 1 a utilisé une succession de jours pour exprimer autre chose qu’une chronologie. Notez d’ailleurs que la Genèse est particulièrement fournie en matière de chronologies : elles sont omniprésentes, structurent l’ensemble du livre, et il semble impossible de les lire autrement que littéralement (si le sujet vous intéresse, lisez donc cet article assez technique).

(2) Tous les récits de la Bible qui entendent décrire de l’histoire contiennent des sections poétiques, des paraboles, et d’autres figures de style semblables. Dans un récent podcast (écoutez-le ici), je mets en évidence que, si je devais accepter d’opposer poésie et récit historique, il me faudrait déclarer non-historique de nombreuses autres sections de la Bible : par exemple les dix plaies d’Egypte et une grande partie de l’Exode, les cycles d’Abraham, Isaac, et Jacob, le récit de Balaam (Nombres 22–23), etc. Peter Williams, un éminent spécialiste de l’Université de Cambridge, est du même avis (lisez donc son article ici).

(3) Les auteurs bibliques ultérieurs, inspirés de Dieu, ont tous lu Genèse 1–3 comme un récit historique. C’est l’idée que je développe dans ce podcast. Regardez par exemple comment le commandement du sabbat reprend les sept jours de la création de manière littérale (Exode 20.8-11). Clairement, tous les auteurs de l’Ancien et du Nouveau Testament lisaient les trois premiers chapitres de la Genèse comme de l’histoire (vous trouverez les références dans le podcast que je viens de mentionner).

Ma position peut très bien s’accorder avec l’idée d’une terre relativement jeune, mais aussi avec l’idée d’une terre plus vieille. Le modèle que je défends, par contre, peut difficilement s’harmoniser avec une théorie de l’évolution. En effet, une lecture littérale/historique de la Genèse implique que la mort n’entre dans le monde qu’après la chute (cf. Romains 5.12; 1 Corinthiens 15.20-22). À l’inverse, si Dieu a créé le monde en se servant de l’évolution comme d’un outil, cela impliquerait alors que la mort existait déjà avant la chute (l’idée d’évolution repose sur une forme de “sélection naturelle” qui implique l’existence de la mort).

La théorie du cadre littéraire, à l’inverse, permet de postuler que la mort existait déjà avant la chute et que l’évolution des espèces a pu conduire à la création de l’homme. C’est l’opinion de H. Blocher et de la plupart de ceux qui acceptent son approche (Blocher estime que seule la mort animale existait avant la chute). Si le sujet vous intéresse, Peter Williams, que je cite plus haut, a débattu avec Henri Blocher sur ce sujet précis en 2005. Vous pouvez retrouver sa contribution ici

Vous le comprenez, nous n’avons fait qu’effleurer un sujet bien vaste. Pour aller plus loin, je vous propose de consulter les ressources suivantes, toutes en français :



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5 commentaires
  • deffc965-6944-44d0-a084-19694ee313ec Il y a 8 mois, 4 semaines

    bien que Dieu a créé en six jours non pas selon nos jours mais en celui dont Pierre a parlé pour nous informer qu'un jour pour nous équivaut a mille ans pour Dieu mais la Bible seule nous informe de la provenance du sang, la raison du sang et le but ultime de notre salut au travers du sang quand Dieu moula l'homme du limon de la terre, quand celui-ci souffla le souffle de vie dans l'être modeler il devint une âme charnelle Le 17:11 Car l’âme de la chair est dans le sang. car c'est uniquement par le sang que la vie est possible ici sur cette terre et le sang est notre seul élément de purification de notre être qui était en fait une préfiguration du sang de Christ qui serait l'unique purificateur de notre âme non charnelle mais spirituel 1Co 15:50 Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. Dieu avant tout pensé, analyser, étudier pour que son plan initial devienne réalité pour nous La Bible ne nous en donne pas tous les détails qui selon moi ne sont pas réellement nécessaire ce qui ne ferait qu'augmenter la dimension de la bible, tout comme il est dit que tout ce qui a été enseigné et dit par Christ lors de son passage sur cette terre il n'y aurait pas assez de place dans toutes les bibliothèques réunis ensemble pour les mettre mais l'essentiel de la Bible est le sang, et ce livre est basée sur le sang, qui a pour Dieu quelque chose des plus précieux souvent on ne s'arrête pas sur ce simple fait la vie sur terre ne se transmet pour nous les humains que par le sang, car le sang produit les spermatozoïde dont chacune contient leurs propres ADN dont je n'enterai pas dans les détails lorsque j'ai écrit que le sang pour Dieu était un des éléments les plus important et qu'il a fait écrire tu ne tueras point ton semblable cela nous ramène a Caïn et Abel, quand Caïn tua son frère Dieu lui dit Qu'a tu fais ? le sang de ton frère crie vers moi Dieu voulait nous signifier a nous les humains que nous n'avons pas le droit pour raison personnelle de verser le sang comme je disais un peu plus avant que le sang qui coule en nous est une préfiguration du Sang de Christ lorsqu'il viendrait sur cette terre pour faire la purification de ce qui est ici bas et dans les cieux car Dieu nous signalait que seul Christ avait le droit de verser son sang pour le salut de l'humanité a la suite de cela Dieu a donné des instructions sur les animaux qui leur sang serait une préfiguration de purification des péchés avant la venue de l'ultime sacrifice en plus Dieu a pris soin dans le seul livre inspiré par le Saint Esprit de nous montrer que ce livre est l'entière vérité et qu'il n'en existe aucune autre que celle qui est dans ce livre la raison est : Ce livre contient un protocole dont aucun autre livre écrit de la main d'homme en donne autant de précision en plus ce livre contient un décret que nous ne pouvons trouver dans aucun recueil de livre de religion seul la bible nous informe comment l'Église de Christ est construite pour le royaume de Dieu et en plus ce livre contient lui seul une constitution pour notre nouveau royaume celui qui est dans les cieux en plus d'être le seul livre des livres, il nous dit la provenance du sang, le but de Dieu pour le sang , et la finalité par le sang car pour vivre sur cette terre nous devons premièrement passer par le sang, et pour vivre dans le royaume des cieux nous devons passer par le sang l'un est physique préfiguration de celui qui est spirituel le sang de Christ qui a fait la purification de tout car le royaume des cieux devait être purifié avant que quiconque puisse y entrer parce que rien d'impur ne peut y résider car sans le sang de Christ Dieu ne pourra jamais nous voir car devant Dieu la moindre impureté est immédiatement rejeté même si celle ci est plus petite que la plus petite fraction d'un atome divisé par elle même plus de mille et mille fois encore trop impur pour être vue devant la face de Dieu j'ai sorti un peu en dehors de la discussion mais j'ai comme été poussé par le Saint Esprit a y écrire selon ce qui venait de mon coeur car ce qui a été écrit avant mon intervention explique bien en détails des points que je n'aurai pas eu a définir comme tel c'est pourquoi que j'ai écrit sur la véracité de la Bible ou aucun autre Dieu, livre ou connaissance ne peut arriver avec la pensée de Dieu et sous son inspiration que son Amour et ce qu'il est nous remplisse de sa connaissance et de sa passion pour les âmes si précieuses pour Lui en Lui par sa grâce et Son amour Alain Baril
  • Euza Il y a 8 mois, 4 semaines

    Amem je crois que existe un dieu tout puissant avec ou sans théorie, merci seigneur
  • ELIO Il y a 9 mois

    Le nom d’Adam : Celui d’un individu où représentatif de l’humanité ? Le texte de la Genèse est clair : c’est la réponse à ce grand questionnement dont Dieu savait que l’humanité se poserait un jour « d’où venons-nous ? ». Aussi, dans sa sagesse, nous à t-il donné les éléments pour satisfaire notre légitime curiosité : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme ». Pour le détail (Ge 2 :7 et 21,22), l’homme a été créé à partir des éléments atomiques (poussière) que l’on retrouve dans ce qui constitue notre mère, la terre. Mais le souffle de vie qu’il reçoit de la bouche du Créateur (L’esprit, l’intelligence entre autre) le place au dessus de toutes les autres espèces vivantes qui peuplent la terre : « qu’il domine…» (1 :26). Remarque : Si l’homme (comme en période de test -2 :19) est en mesure de pouvoir donner un nom à tout ce qu’il voit, son propre nom qui le qualifie n’aparait qu’au chapitre 3 :20. Ce ne serait donc pas de Dieu que le nom « Adam » vient. L’homme, après le constat de la désobéissance, donne un nom à celle qui est « os de ses os et chair de sa chair » : Eve. Mais son nom à lui, de qui vient-il ? Peut-être de lui-même « Moi Adam, toi Eve », ou alors de sa compagne, ou alors du narrateur : « car elle a été la mère de tous les vivants » si l’on souligne « a été ». Mais qu’importe cette recherche qui n’en finirait pas d’agacer la curiosité. Si Eve est bien à l’origine du vivant qui s’est multiplié jusqu’à nos jours « j’ai formé un homme avec l’aide de l’Eternel » (4 :1), c'est-à-dire ce qui concerne la chair, Adam, qui lui n’est pas né de la chair (bien que chair) a une dimension qui porte jusqu’au fin fond de l’humanité, tant par la capacité de l’homme, ou son aptitude, à donner un nom à tout ce qu’il voit, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, que sur le plan spirituel, car ce qui a été appelé « le péché originel », c'est-à-dire la désobéissance à un commandement de Dieu, s’inscrit aussi dans cette dimension héritée. (Grâces soient donc rendues à notre Dieu pour nous avoir envoyé le nouvel Adam, qui, à la croix, ouvre un nouveau chapitre de la Genèse, et le retour vers l’arbre de vie) (Ap 22:2). Ceci exprimé, Adam comme Eve sont des créatures à part entière, c’est le premier couple d’où descend toute l’humanité. Et s’il y a des petits hommes et des grands, des peaux blanches, des noires et toutes les déclinaisons, ou des fleurs merveilleuses aux aspects si différents, la science est là pour l’expliquer.
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