Que penser de l'humour ?

Que penser de l'humour ?

Question d'un Internaute :

"Dans Éph 5.4-5, Paul semble prohiber les plaisanteries. L'humour serait-il condamnable ?"

Voici le texte en question :

"Qu'on n'entende ni paroles déshonnêtes, ni propos insensés, ni plaisanteries, choses qui sont contraires à la bienséance ; qu'on entende plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou impur, ou cupide, c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu." (Éph 5.4-5)

Certains esprits chagrins ont voulu voir dans ce texte une condamnation de l'humour. Je me rappelle une chère sœur âgée, membre fidèle d'une église où j'étais pasteur. Il m'arriva de faire un jeu de mots — oh, bien inoffensif — en sa présence. La sœur me reprit en disant : "Oh, frère, l'austérité, l'austérité !".

Notre texte nous parle de plaisanteries, eutrapelia en grec. Ce mot a ici le sens de grossièreté, voire obscénité, associé qu'il est avec paroles déshonnêtes, propos insensés, contraires à la bienséance. Ensuite, parlant de ceux qui pratiquent ce genre de propos, il est question d'impudique, d'impur. Cela nous rappelle la sorte de gauloiseries graveleuses que pratiquent certains prétendus comiques actuels dont l'altitude ne dépasse pas celle de la ceinture.

Non, le véritable humour prospère dans une toute autre atmosphère. Il est précieux pour dédramatiser certaines situations qui risqueraient de nous rendre maussades. Jules Renard a dit : "l'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur". Bien entendu il faut de la mesure en tout. Ma belle-mère, une chrétienne d'une grande piété, avait la particularité de voir immédiatement l'aspect comique de toutes les situations dramatiques ; au point qu'il lui fallait souvent faire un effort pour ne pas rire mal à propos.

J'ai, en revanche, eu l'occasion de rencontrer des gens totalement dépourvus du sens de l'humour. Ils n'ont probablement jamais eu l'occasion de le développer, et je trouve cela fort dommage, à la fois pour eux-mêmes et pour ceux qui les côtoient. Il est excellent d'être sérieux, mais dangereux de se prendre au sérieux. Et le meilleur antidote, c'est l'humour. On prétend même que c'est le meilleur remède contre la psychose maniaco-dépressive !

Mais être spirituel dans le sens de faire de l'esprit n'a pas toujours bonne presse chez certains chrétiens compassés hyper spirituels (dans l'autre sens du terme). S'il est vrai que même sans se laisser aller à des dérives grivoises, un excès d'humour peut conduire à une atmosphère de légèreté préjudiciable à des propos plus profonds et plus édifiants, il n'en reste pas moins vrai qu'un peu de sel agrémente bien le potage, si nous prenons garde de n'y point renverser la salière !

J'éviterai soigneusement, pour étayer mon propos, de citer ce qu'écrit le psalmiste : "Celui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque d'eux." (Ps 2.4), ou aussi : "Le Seigneur se rit du méchant" (Ps 37.13), de crainte d'être accusé de tordre les Écritures. Rabelais se serait-il trompé ? Le rire ne serait-il pas seulement le propre de l'homme ?

Pour finir, une question d'anatomie : Quel est l'os le plus triste de l'être humain ?

Réponse : L'austérité !

(Rediffusion TL – L'humour - 789)



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1 commentaire
  • kembo Il y a 9 années, 11 mois

    Merci, Seigneur. L'humour de certaines personnes m'ont mis parfois mal à l'aise. Maintenant, je suis mieux éclairée sur ce qui est bon ou mauvais.