Est-ce spirituel de faire de l'humour ?

Est-ce spirituel de faire de l'humour ?

Dieu approuve-t-il l'humour ?

Rit-il avec nous ou bien fronce-t-il les sourcils quand nous en faisons ?

Faire de l'humour serait-il alors très "charnel " ?

Avez-vous déjà eu à faire à des gens qui n'ont aucun sens de l'humour ? Vous avez l'impression en permanence que vous marchez sur des oeufs, car ils comprennent tout "au premier degré", c'est à dire de manière très littérale. Alors vous vous sentez mal et vous devez faire très attention à toutes vos paroles pour ne pas les choquer inutilement et pour être compris. MAIS vous avez un peu l'impression que vous vivez en tons de gris.

A l'inverse, vous connaissez sans doute des gens qui ont toujours une blague, et même plusieurs, prête(s) à sortir de leurs lèvres. Il vaut mieux éviter de s'asseoir à côté de telles personnes dans une réunion très sérieuse, car si vous explosez de rire sans prévenir, ça peut être mal perçu !

Dieu lui-même aurait-il de l'humour ?

Qui aurait songé, en effet, qu'une des maisons que Voltaire avait occupées en Suisse, aurait servi, un jour, de dépôt de bibles, après la mort de l'incrédule ?

- Alors, peut-on faire de l'humour ?
- Oui, mais pas avec n'importe qui et pas n'importe comment !

Et rappelez-vous : un chrétien triste est un triste chrétien !

Voici un texte de Jean-Claude Guillaume sur ce sujet :

Dans la lettre aux Éphésiens, Paul semble prohiber les plaisanteries. L'humour serait-il condamnable ?

"Qu'on n'entende ni paroles déshonnêtes, ni propos insensés, ni plaisanteries, choses qui sont contraires à la bienséance ; qu'on entende plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou impur, ou cupide, c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu."
Éphésiens 5.4-5

Certains esprits chagrins ont voulu voir dans ce texte une condamnation de l'humour. Je me rappelle une chère sœur âgée, membre fidèle d'une église où j'étais pasteur.
Il m'arriva de faire un jeu de mots — oh, bien inoffensif — en sa présence. La sœur me reprit en disant : "Oh, frère, l'austérité, l'austérité !"

Notre texte nous parle de plaisanteries, eutrapelia en grec. Ce mot a ici le sens de grossièreté, voire obscénité, associé avec des paroles déshonnêtes, des propos insensés, contraires à la bienséance. Ensuite, parlant de ceux qui pratiquent ce genre de propos, il est question d'impudique, d'impur. Cela nous rappelle la sorte de gauloiseries graveleuses que pratiquent certains prétendus comiques actuels dont l'altitude ne dépasse pas celle de la ceinture.

Non, le véritable humour prospère dans une toute autre atmosphère. Il est précieux pour dédramatiser certaines situations qui risqueraient de nous rendre maussades. Jules Renard a dit : "l'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur". Bien entendu il faut de la mesure en tout. Ma belle-mère, une chrétienne d'une grande piété, avait la particularité de voir immédiatement l'aspect comique de toutes les situations dramatiques ; au point qu'il lui fallait souvent faire un effort pour ne pas rire mal à propos.

J'ai, en revanche, eu l'occasion de rencontrer des gens totalement dépourvus du sens de l'humour. Ils n'ont probablement jamais eu l'occasion de le développer, et je trouve cela fort dommage, à la fois pour eux-mêmes et pour ceux qui les côtoient. Il est excellent d'être sérieux, mais dangereux de se prendre au sérieux. Et le meilleur antidote, c'est l'humour. On prétend même que c'est le meilleur remède contre la psychose maniaco-dépressive !

Mais être spirituel dans le sens de faire de l'esprit n'a pas toujours bonne presse chez certains chrétiens compassés hyper spirituels (dans l'autre sens du terme). S'il est vrai que même sans se laisser aller à des dérives grivoises, un excès d'humour peut conduire à une atmosphère de légèreté préjudiciable à des propos plus profonds et plus édifiants, il n'en reste pas moins vrai qu'un peu de sel agrémente bien le potage, si nous prenons garde de n'y point renverser la salière !

J'éviterai soigneusement, pour étayer mon propos, de citer ce qu'écrit le psalmiste : "Celui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque d'eux." (Psaume 2.4), ou aussi : "Le Seigneur se rit du méchant" (Psaume 37.13), de crainte d'être accusé de tordre les Écritures.

Rabelais se serait-il trompé ? Le rire ne serait-il pas seulement le propre de l'homme ?


Pour finir, une question d'anatomie : Quel est l'os le plus triste de l'être humain ?
Réponse : L'austérité !



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