Un chrétien peut il être raciste ?

Un chrétien peut il être raciste ?

Le sujet du racisme revient souvent sur le devant de la scène.
Qu'en est-il de notre attitude, à nous qui sommes appelés à ressembler de plus en plus à Jésus ?

Qu'est-ce que le racisme ?

Il y a une seule race humaine, celle de l'ensemble de tous les peuples de la Terre, quelle que soit leur couleur de peau. 

"Le racisme, lui, consiste à définir un groupe humain à partir d'attributs naturels, visibles ou non, et à en déduire des caractéristiques morales ou intellectuelles s'appliquant à tous ses membres, indépendamment de leur personne propre, jusqu'à autoriser à leur encontre des comportements d'exclusion et d'infériorisation pouvant prendre l'allure de violences parfois extrêmes."
(Vivre en Chrétien aujourd'hui, p 138, cit. de M. Wieviorka, "Racisme", Dictionnaire des sciences humaines, PUF, 2000.)

Par le passé, nos pays dits chrétiens n'ont pas toujours montré le bon exemple. L'antisémitisme n'est hélas pas mort. La traite des esclaves noirs enlevés à leur milieu pour aller repeupler le Nouveau-Monde reste aussi un point sombre de notre histoire. Certaines régions sont encore marquées par les clivages raciaux et leurs églises peinent à transmettre un message de solidarité, voire de tolérance.

Que dit la Bible ?

Dans l'Ancien Testament

Rappelons-nous que l'acceptation des autres peuples était souvent liée à leur comportement vis à vis des Hébreux.

- Respect de l’étranger

Dans la vie quotidienne, le peuple juif, en obéissance aux préceptes de Dieu, était très respectueux de la vie et des droits des étrangers sur son sol.

Tu n'opprimeras point l'étranger ; vous savez ce qu'éprouve l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. Exode: 23.9

Vous aimerez l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. Deutéronome: 10.19

- Dieu nous invite à ne pas juger selon les apparences

L'Eternel dit à Samuel : « Ne prête pas attention à son apparence et à sa grande taille, car je l'ai rejeté. En effet, l’Eternel n’a pas le même regard que l’homme : l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Eternel regarde au cœur. » 1 Samuel 16.7

Dans le Nouveau Testament

- Jésus, notre maître et modèle à tous, nous montre l’exemple. Il fréquente tous les gens non fréquentables : lépreux, femmes, samaritains, publicains, collecteurs d’impôts …

Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Marc 1.40-42

La femme samaritaine lui dit : Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains.  Jean 4.9 

Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit : Zachée, hâte-toi de descendre ; car il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison. Zachée se hâta de descendre, et le reçut avec joie. Voyant cela, tous murmuraient, et disaient : Il est allé loger chez un homme pécheur. Luc 19.5-7

- L’apôtre Jacques nous exhorte à ne pas faire de différence dans notre comportement : Jacques 2.2-5

Un peu de racisme en moi ?

Oh, non, ce n'est pas bien... mais je n'aime pas trop être dérangé dans mes habitudes par des comportements différents des miens... mes compatriotes travaillent mieux... je suis entouré de fêtards ou de paresseux... mon pays mérite davantage la bénédiction qu'un autre... ces étrangers nous envahissent...  

La différence peut être vue non comme une menace, mais comme enrichissante. Partager des moments de vie, des repas, des moments de prière avec des personnes d'autres cultures, sous le regard de Dieu, peut être vécu comme une bénédiction.

La solidarité, le respect et la lutte pour l'égalité des chances ne devraient pas être le monopole de certains partis ou mouvements. Comme chrétiens, nous sommes appelés à témoigner autant en actes qu'en paroles des valeurs du Royaume de Dieu. C'est pourquoi nous avons toujours besoin de l'aide du Saint-Esprit, lui dont le fruit est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. (Galates 5.22)

Soyons reconnaissants pour les grâces particulières, les cadeaux immérités que nous avons reçus : travail, communauté, contexte de vie, et évitons l'orgueil et le jugement envers autrui. Il est normal d'avoir plus ou moins d'affinités avec telles ou telles personnes. Si des groupes particuliers (entrepreneurs, acteurs socio-professionnels, motards...) ou des églises ethniques ou de jeunes, par exemple, correspondent à des besoins, que ces lieux ne deviennent pas des sources de critiques vis-à-vis de l'extérieur et de repli sur soi.

En conclusion

Dans cette nouvelle humanité, il n'y a plus de différence entre Juifs et non-Juifs, entre circoncis et incirconcis, étrangers, barbares, esclaves, hommes libres : il n'y a plus que le Christ, lui qui est tout et en tous. Ainsi, puisque Dieu vous a choisis pour lui appartenir et qu'il vous aime, revêtez-vous d'ardente bonté, de bienveillance, d'humilité, de douceur, de patience. Colossiens 3.11-12 (version Semeur)

La gloire, l’honneur et la paix seront pour tout homme qui fait le bien, le Juif d’abord, mais aussi le non-Juif, car devant Dieu il n'y a pas de favoritisme. Romains 2.10-11

Dieu montre un amour parfait et total pour tous les humains que nous sommes.

En tant qu'enfants de Dieu, nous sommes appelés à porter son regard sur notre prochain.

Sur le même thème, voici le message du pasteur Claude Houde (à partir de 1:00) :

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