Comment continuer de vivre après un drame ?

Comment continuer de vivre après un drame ?

Bien sûr que l’on pense aux drames, de façon un peu inconsciente, en n’imaginant pas que cela pourrait nous arriver. Nous lisons les journaux, regardons le journal télévisé et nous sommes bombardés par les mauvaises nouvelles : horreur, tragédies, catastrophes... 

Nous menons notre petite vie tout doucement, le travail, les enfants, la routine quotidienne.
Puis, un beau jour, l’impensable se produit. Nous savions que des tragédies peuvent arriver… mais aux autres ! 
Cette fois, c’est moi !

Laissez-moi vous raconter une période tragique de ma vie pour illustrer mon propos et qui a pris place il y a 8 ans. J’étais pasteur impliqué dans une grande église, professeur dans un institut de théologie, puis psychoéducateur en cabinet libéral et grand voyageur parcourant la planète francophone pour des séminaires, conférences, etc. Et puis, un certain jour, en juin 2010, comme tous les matins, ma femme part travailler dans un grand hôpital montréalais. Depuis quelques semaines, elle avait quelques bleus ici et là sur le corps. Inquiète, elle vérifie auprès des médecins pour qui elle travaille, la teneur de ces taches sombres. Ceux-ci entreprennent des tests sanguins sur le champ et, le soir même, le verdict tombe : leucémie aigüe. LE CANCER. Une nouvelle complètement inattendue qui s’abat sur moi, sur mes enfants comme une tonne de briques. Choc, déni, effroi, espérance, désillusion, traitements, chimiothérapies, etc. 159 jours d’hospitalisation à jouer avec la mort, avec les hauts et les bas, les espoirs et les cruelles déceptions. Et puis, l’échec des traitements, les soins palliatifs et… la fin… la mort et son implacable impact.

S’ensuivent, de longs mois de deuil, de douleur, mais aussi de reconstruction et de restauration. 8 années plus tard, je suis à même de vous confirmer qu’il y a une vie après le drame. Je suis heureux, restauré, remarié et avec la tête remplie de projets pour les 50 prochaines années. Et… OUI, toujours aussi occupé, mais, par-dessus tout, passionné de la vie.

Au fil de toutes mes années, dans le cadre de mon ministère, j’ai eu à accompagner des centaines et des centaines de personnes aux prises avec les cruelles réalités qu’apporte parfois la vie. Conseiller des parents dont le fils vient de se suicider. Consoler et encourager les membres d’une famille qui ont survécu à un accident de la route pendant que d’autres en sont morts. Tenter d’expliquer à une mère les abus dont a été victime sa fille et aider cette dernière à guérir des séquelles de cet abus. Et j’en passe…

Néanmoins, la question fondamentale que cela amène est la suivante : comment faire pour s’en sortir, rebondir et reprendre sa vie en main. La réalité est que cela n’est pas simple. Certains vous prêcheront des recettes faciles, une approche magique. D’autres tenteront de vous donner des explications spirituelles, mystiques, rationnelles pour expliquer l’inexplicable. C’est ce qu’ont tenté de faire sans succès les amis de Job tout au long des dialogues qui prennent place dans son livre. Ce dernier n’a été que très peu consolé par ses amis. J’explique cela de long en large dans la série « De l’affliction à la bénédiction ». Ne croyez pas ceux qui vous proposent un chemin facile.

Voici ce que vous devez savoir et réaliser face aux drames de votre vie :

  • Les drames arrivent et personne n’y fait exception

Il n’y a pas, bien sûr, de plan prédéterminé de souffrances et de tragédies. La vie étant ce qu’elle est, on ne peut pas échapper aux déboires et difficultés inhérentes à celle-ci. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui, à un moment ou un autre de sa vie, n’ait été éprouvé. On finit toujours par perdre un être cher et, inévitablement, on survit à ses propres parents. Dans sa lettre, l’apôtre Jacques parle des épreuves en insistant sur le fait que nous serons exposés, immanquablement, à celles-ci.

Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés…
Jacques 1.2

Cela ne signifie pas que Dieu est là, assis au ciel, en train de nous concocter des épreuves en se disant : « Hum, je trouve que ça se passe trop bien pour cette personne… Une petite épreuve lui ferait sûrement du bien… » Cette façon de voir Dieu est malsaine et n’aide personne à se rapprocher de Lui pour avoir son secours et sa consolation.

  • Le choc est toujours très percutant !

Les drames et les tragédies causent dans nos vies un effet de choc qui se manifeste selon 3 aspects :

  • L’imprévisibilité qui cause l’effet de surprise et qui se traduit par cette réaction : Je ne m’y attendais pas !

  • L’impact suscité par la forme que prend le drame se résume souvent à cette expression : je m’attendais à quelque chose mais sûrement pas à cela !

  • L’impuissance comme manifestation de notre sentiment d’incapacité et qui nous confronte à nos limites : Je n’y peux rien, c’est au-delà de mes forces !

Ces trois caractéristiques s’ajoutent à notre désarroi et amplifient parfois notre détresse. Nous ne pouvons pas y échapper. Il faut, dans ces moments, faire la paix avec notre humanité et réaliser que nous avons besoin d’aide !

  • Avec du soutien, nous pouvons passer au travers

Mon ami le pasteur Philippe Barbuis a vécu sensiblement la même tragédie que moi des années auparavant. Pasteur à Fréjus, dans le sud de la France, il fut dévasté par la triste nouvelle de sa femme atteinte d’un cancer. En quelques mois, sa vie ainsi que celle de sa famille bascule. Il raconte son histoire avec grâce et sensibilité dans son livre « Il était là… et je ne le savais pas ». Mon ami Philippe a été présent dans les moments sombres de ma propre tragédie, m’offrant support et réconfort. Ayant été lui-même consolé et fortifié, il était à même de comprendre ma propre souffrance.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelques afflictions !
2 Corinthiens 1.3-4

  • Nous pouvons tous nous en sortir

L’espoir est une force, une vertu puissante. C’est elle qui nous permet de persévérer et d’anticiper des jours meilleurs. Dieu nous a ainsi créés. Il a placé en nous des capacités qui s’activent dans les moments de difficultés et qui nous poussent à aller de l’avant. Il ne nous a pas laissés démunis face aux difficultés sinon, nous serions battus à chaque épreuve. Voilà pourquoi, les drames ont cette particularité de révéler en nous des ressources insoupçonnées.

  • Dieu ne nous abandonne jamais

Il est parfois difficile de comprendre la fidélité de Dieu dans les moments difficiles. On aimerait qu’il nous évite de passer au travers des circonstances difficiles. Au mieux, on aimerait avoir une divine immunité face à l’adversité. Mais, encore une fois, la vie est ainsi faite qu’il faut, à la place, apprendre à mieux faire face à ces tempêtes et pouvoir compter sur sa présence.

Aucune tentation ne vous est survenue, qui a été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation, il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter.
1 Corinthiens 10.13

Le mot tentation que nous retrouvons dans ce texte est synonyme d’épreuve. En fait, toute tentation est, vous le conviendrez, une mise à l’épreuve. Littéralement, l’épreuve met à l’épreuve ce que nous sommes. Nous sommes poussés à bout de nos capacités parfois au point que nous croyons impossible de nous en sortir. Mais, Dieu est là et, comme le dit mon ami Philippe, je ne le savais pas ou du moins, j’avais oublié.

« Vivre un jour à la fois ; appréciant chaque moment, un à la fois
Accepter les difficultés comme un chemin de paix

Prendre, comme il le fit, ce monde pécheur
Comme il est, non pas comme je l’aurais voulu
Confiant qu’il fera tout bien si je me rends à Sa Volonté
Que je peux être raisonnablement heureux dans cette vie et suprêmement heureux avec Lui pour toujours.
Amen » 
Reinhold Niebuhr

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3 commentaires
  • Janick DIOURIS Il y a 1 année, 3 mois

    Bizarre qd même, sans jugement de ma part :" remarié , avec du soutien ns pouvons passer au travers, ns pouvons ts ns en sortir " : sa 1ère épouse , elle , ne s'en est apparemment pas "sortie" ; donc, comment l'expliquer ? Il y a deux justices ? Ou des "pistonnés de Dieu" ? Tt cela me laisse perplexe ...
  • rozange Il y a 1 année, 4 mois

    Amen