Doit-on adopter le rapport que Jésus avait à la Bible ?

Doit-on adopter le rapport que Jésus avait à la Bible ?

En tant que disciples de Jésus, une fois que nous savons comment il considérait les Saintes Écritures, allons-nous les considérer comme il le faisait ou relativiser leur autorité sous l’influence de notre siècle ? 

Dans sa prière, dans ce qu’il vit, dans ce qu’il prêche, au sujet des miracles, sur la croix, après sa résurrection, le Seigneur Jésus cautionne la Bible. 

Tout au long de son ministère, il répète à la fois : "ce que le Père me dit, me montre" et :" il est écrit". Les nombreux miracles qu’il opère, il les explique en citant les Écritures : l’Esprit du Seigneur est sur moi… (Luc 4.18 et 23). Par elles il explique sa crucifixion : comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ? (Matthieu 26.54). Même sur la croix, il cite le Psaume 22, et quand il dit : "j’ai soif", c’est afin qu’elles soient accomplies (Jean 19.28).

Même ressuscité, et bien que présent en personne avec les disciples d’Émmaüs, c’est par l’Écriture qu’il fait brûler leur cœur (Luc 24.13-32). Il ne leur reproche pas d’être lents à le reconnaître, mais lents à croire tout ce qu’ont dit les prophètes (versets 25-27). Quand il donne aux apôtres le mandat de prêcher sa croix, sa résurrection, la repentance, le pardon des péchés, Jésus le dit ainsi : il est écrit que cela arriverait et serait prêché aux destinataires premiers de l’Écriture et aux suivants (Luc 24.46-47). 

Ancien et Nouveau Testament ont la même fiabilité surnaturelle

Quand Jésus disait « l’Écriture », c’était l’AT. De même que les œuvres et paroles de Dieu ont donné les paroles de ses prophètes d’où les écrits de l’AT, les œuvres et paroles de Christ - qui d’après lui étaient œuvres et paroles de son Père - ont donné les paroles de ses apôtres d’où les écrits du NT. Leurs paroles orales (1 Corinthiens 15.11) puis écrites (1 Corinthiens 14.37) sont « parole de Dieu », du moins celles qu’il a voulu fixer. C’est pourquoi, depuis la venue de Jésus, « les Écritures » expriment la voix de Dieu et de Christ (Colossiens 3.16). Plus de 200 fois le NT réfère son lecteur à l’autorité de l’Écriture, par des exhortations et par des citations de l’AT. 

On doit avoir avec l’Écriture le rapport que Jésus avait

Ce rapport concentre tout ce que la Bible dit sur elle-même. Dieu a créé par sa parole (Genèse 1.3), précisément par le ruah (souffle) de sa bouche (Psaume 33.6). La Bible montre un lien Parole - Esprit - Écriture. Pour Jésus, « il est écrit » équivaut à « Dieu dit » : le centre de son rapport à l’Écriture c’est qu’elle est de la bouche de Dieu, et qu’elle est par l’Esprit de Dieu. En disant : les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie (Jean 6.63), Jésus désigne tout son message. Celui-ci, étant parole de Dieu, sera ensuite Écriture. 

Ce sont bien des hommes que l’Esprit a fait écrire, mais c’est Dieu qui a agi et parlé : l’Éternel dit à Moïse : écris ces choses dans le livre (Exode 17.14). Et, dix fois au long des Évangiles, Jésus répète : n’avez-vous pas lu dans les Écritures ? (Matthieu 21.42). Leur autorité ne vient pas leur ancienneté, ni des anges (Galates 1.8), ni d’une hiérarchie religieuse, ni de la raison humaine (Apocalypse 22.18-19), mais de Dieu. Si sa parole est devenue un texte fixé, c’est pour donner un cadre sûr à nos convictions et intuitions (comme des pierres bornant un terrain ancien subsistent sous la végétation changeante). 

Que gagne-t-on à adopter le modèle de Jésus ?

Quand on se fie aux Écrits comme étant Parole de Dieu, on reçoit d’eux la foi qui sauve. C’est l’enjeu vital : si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi (Jean 5.46). Adopter le modèle de Christ, c’est recevoir de lui une solide relation avec Dieu, fruit de celle que lui-même a vécu sur terre. Obéir à Christ c’est recevoir l’Esprit de Dieu : si vous gardez mes commandements, je prierai le Père et il vous donnera le Paraclet (Jean 14.15-16). Chanter l’Écriture, c’est rester rempli de l’Esprit (Ephésiens 5.18-19). Adopter le modèle de Jésus, c’est être sanctifié par sa parole qui est vérité (Jean 17.17). 

À l’inverse, comment en arrive-t-on à escamoter le modèle de Jésus ?

Il n’y a pas grand mystère, on y arrive soit en niant que les Écritures sont de la bouche de Dieu, soit en disjoignant d’elles le Saint Esprit.

Première déviance : l’Écriture ne serait pas vraie comme l’est le Verbe céleste, elle serait autre chose que la ‘Parole de Dieu’. C’est le libéralisme théologique qui, par critique historique ou textuelle, pose la raison humaine en norme à la place du modèle de Christ pour qui « il est écrit » équivaut à « Dieu dit ». Que manque-t-on en faisant cela ? On se rend quasi impossible - selon Jésus - de le croire tel qu’il se présente (Jean 5.47), de croire ce qu’il dit de son sang (Matthieu 26.28), et de recevoir le salut éternel (Jean 8.21, 24). 

Deuxième déviance : tout en restant vraie, l’Écriture ne serait qu’une base que l’Esprit voudrait faire dépasser à ceux qu’il remplit. Cette subtilité disjoint Esprit et Écriture, et produit une sensibilité, des prophéties, des enseignements, qui acquièrent autant de crédit que la Bible et en remodèlent le message. On manque alors - en partie - l’Esprit de vérité tel que Jésus le décrit : ses paroles ne viendront pas de lui même, il parlera de tout ce qu’il aura entendu (Jean 16.13), c’est à dire il n’innovera pas, mais dira ce que le Père et Christ ont dit, et qui a constitué l’Écriture. 

Les deux déviances convergent

La première abuse plutôt ceux qui craignent l’ignorance, la seconde plutôt ceux qui dévalorisent l’étude. Mais les deux ont une même origine, la tentation en Genèse 3.1-6. La première prolonge « Dieu a-t-il réellement dit ? », la seconde prolonge « vous serez comme des dieux ». Piégé dans l’une, on se croit plus avisé que les auteurs bibliques et on conteste ce qui est écrit. Piégé dans l’autre, on se sent autant inspiré qu’eux et on est le jouet d’intuitions allant au-delà de ce qui est écrit. Sans surprise, les deux séductions convergent pour saper la vertu salvatrice de la parole de Dieu (Jacques 1.21). 

Par ailleurs, évidemment, il y a un troisième moyen de manquer la vertu salvatrice de la parole de Dieu : c’est de ne pas faire ce qu’elle dit. Hélas, c’est le moyen qui a le plus de succès. 

Conclusion

Nous fier à la sagesse de Jésus pour ce qui est de notre rapport à la Bible, est divinement bénéfique. Mais ne voir qu’un texte là où il y a la parole de Dieu, est bien plus dommageable que de ne voir qu’un humain là où il y a un ange (Hébreux 13.2).

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