Orgueilleux ? MOI !? Jamais !

Orgueilleux ? MOI !? Jamais !

On a tous l’image de gens spécialement orgueilleux, mais se pourrait-il que chacun de nous soit « victime » d’un orgueil d’autant plus méchant qu’il se cache sous des attitudes « humbles » ?

Nous pouvons penser que le leader qui en fait tellement que sa prestation ressemble à un show télévisé, est un orgueilleux qui « assume » sa personnalité et qui a souvent un réel ministère. Cependant, nous n’avons aucun droit de nous mettre entre lui et Dieu, et de le juger parce que sa vie personnelle ne nous semble pas en accord avec ses belles paroles inspirées. Son « péché » a au moins le mérite d’être visible. 

C’est très facile pour nous de donner notre avis, en général peu amical, sur telle ou telle personne en devant de scène, mais est-ce que l’orgueil est réservé aux seuls leaders ?

J’ai lu un jour que les gens de condition sociale défavorisée pourraient très bien se changer en dictateurs du jour au lendemain, si d’un seul coup leurs rêves devenaient réalité. Napoléon Bonaparte en est un bel exemple. Dans la Bible le roi Saül nous montre combien l’orgueil peut se cacher dans l’homme d’humble condition (1 Samuel 15.17).

Revenons à une définition simple du mot orgueil : 

Orgueil : opinion très avantageuse, le plus souvent exagérée, qu’on a de sa valeur personnelle aux dépens de la considération d’autrui. (Dictionnaire Robert)

Où se cache l’orgueil ? 

Les « JE ME MOI » : leur accumulation dans la bouche d’un enfant de quatre ou cinq ans est normale, elle correspond au stade de prise de conscience de sa personnalité. Mais chez un adulte il faut chercher ailleurs. C’est souvent dû à un mélange de blessures peu ou pas guéries, blessures anciennes (enfance) ou nouvelles (professionnelles…), de frustrations (mon frère est reconnu et admiré, et pas MOI)…

Il est à noter que JE peux parler de toutes les grandes choses que je fais, mais aussi de tous MES malheurs, souffrances …Dans tous les cas JE parle de MOI avec délectation, et je fatigue tous ceux qui m’entourent !

La CRITIQUE de l’autre : quand je suis occupé à étudier avec précision les difficultés des autres, leurs péchés, leurs manques d’humilité…, je m’éloigne des mes propres manquements. Je juge les autres avec dureté en oubliant que Dieu aussi me jugera. En fait je me prends pour Dieu lui-même qui est le seul juste. (Actes 3.14)

La CALOMNIE : je peux malheureusement aller jusqu’à cette forme extrême de la critique. Je n’arrive plus à voir du bon dans cet « autre », que je considérais peut-être avant comme mon frère. J’interprète tout ce qu’il dit et fait avec un filtre noir. Et je me précipite sur de mauvaises conclusions, sans chercher seulement à vérifier les faits. Non seulement mes motifs sont mauvais, mais ce que je dis est faux et destructeur. Salomon compare ces paroles à des friandises : Proverbes 26.22. Ce sont des aliments trompeurs : Proverbes 23.3

L’INSATISFACTION latente : elle accuse en fait Dieu en permanence. Nous serions choqués de penser : Dieu ne m’aime pas vraiment en fait, parce qu’il ne me le montre pas. Mais tout notre comportement l’accuse. Est-ce que par hasard la mort de Jésus n’aurait pas été suffisante pour moi ? Que me faudrait-il de plus ? Quelle relation est-ce que j’entretiens avec celui que j’appelle mon Père, avec celui que j’appelle mon Seigneur et Sauveur, avec celui que j’appelle l’Esprit de vie ? (Voir Matthieu 20.21-22).

La TIMIDITÉ : la première fois que j’ai lu ou entendu qu’un timide est un orgueilleux qui se cache, j’ai trouvé ça absurde. Et puis en réfléchissant et en observant, j’ai réalisé que le timide en fait se cache souvent derrière sa difficulté, qui est réelle, pour ne pas s’engager, ne pas prendre le risque de se tromper au vu de tous. On pourrait dire qu’en fait il est très conscient de sa propre valeur mais n’a pas envie de se montrer faible et mal assuré. Le pire pour lui serait de trébucher en public. Cette idée lui est tellement insupportable qu’elle le rend littéralement malade et qu’il préfère ne pas bouger. 

La SUSCEPTIBILITÉ : « Je n’y peux rien, mais à chaque fois que quelqu’un me dit quelque chose qui met en lumière mes difficultés ou mes imperfections, je me bloque et je lui en veux d’avoir parlé de moi de cette manière. Le pire c’est quand il se permet de le faire en public. Je ne peux pas le supporter, je "fais la tête", et dorénavant j’éviterai cette personne désagréable ». Il n’y a que les eaux impures qui se troublent. Dans cette attitude, mon MOI est blessé car la belle image que je voudrais qu’on ait de MOI est troublée par ce bavard. Mon eau n’est pas pure : mon orgueil est blessé et je n’aime pas ça.

L’HYPOCRISIE : Celui qui se force à paraître spirituel. Il désire vraiment l’être mais il ne veut pas en payer le prix. Il sait au fond de lui que Dieu le connaît, mais il a besoin du regard d’admiration, d’encouragement de ses frères pour continuer à vivre. Il peut sembler humble car toujours prêt à rendre service, à « payer de sa personne »…Mais au fond de lui il a la conviction qu’il est vraiment spirituel, mais qu’il est méconnu. Alors que d’autres qui paraissent être des maîtres en la matière, le sont beaucoup moins que lui. On a un bon exemple de ce « spirituel » avec le pharisien qui prie devant le publicain. (Luc 18.10-14). Sa prière, pleine de JE, est en fait une démonstration de sa valeur. 

La JALOUSIE est sûrement l’un des signes les plus apparents.

Jaloux ! Moi ? Non mais, tu rêves ?

Qu’est ce qui nous fait en général juger les autres ? Quelle est notre motivation profonde à « rétablir la vérité ? ». Nous sommes souvent tellement aveuglés par notre propre orgueil, que nous ne voyons pas que notre soi-disant « justice » pue. En fait ce qui nous dérange terriblement, c’est que les autres puissent sembler meilleurs que nous, alors que nous sommes profondément convaincus que nous sommes plus « spirituels », plus « aimants », plus « à l’écoute de Dieu », plus « consacrés »…qu’eux. Nous n’osons quand même pas rajouter « plus à l’image du Seigneur Jésus ».

Marie et Aaron parlèrent contre Moïse au sujet de la femme éthiopienne qu’il avait prise, car il avait pris une femme éthiopienne. Ils dirent : Est-ce seulement par Moïse que l’Eternel parle? N’est-ce pas aussi par nous qu’il parle? Et l’Eternel l’entendit. Nombres 12.1-2 

« Ce n’est pas du tout dans mon caractère. Ce que je viens de te dire est juste pour rétablir la vérité. C’est indispensable. On ne peut pas toujours se taire quand même ! Quand un responsable pèche, il faut le prendre en flagrant délit… ».

Moïse se conduisait mal en prenant une femme étrangère avec des dieux étrangers. (Voir Exode 34.15-16). Mais dans l’accusation portée par son frère et sa sœur, cet élément n’est même pas mentionné et nous montre donc leur vrai motif, à savoir la jalousie. Dieu préfère leur petit frère, et en plus celui-ci ne se conduit pas suffisamment bien à leurs yeux. Alors ils se rebellent contre son autorité, sans réaliser qu’en faisant ainsi ils se rebellent contre Dieu lui-même. Ils vont le réaliser peu après. En effet, Dieu les convoque tous les trois dans la tente d’assignation et le verdict tombe sur Myriam qui se retrouve lépreuse. 

Aaron et Myriam étaient jaloux de Moïse, jaloux de la relation privilégiée que Dieu entretenait régulièrement avec leur petit frère, jaloux de ne pas profiter plus de cette bénédiction qui reposait sur Moïse, jaloux que le peuple ne les considère pas au même plan que Moïse. Myriam est mentionnée comme prophétesse, elle semble avoir  une place de leader parmi les femmes (Exode 15.20) et nous savons qu’Aaron était le premier de toute une lignée de souverains-sacrificateurs. Leurs revendications étaient donc injustifiées car ils avaient comme leur frère une place privilégiée et reconnue parmi le peuple. Mais cela ne leur suffisait pas car Moïse avait une position plus élevée qu’eux deux. 

Comme Aaron et Myriam nous sommes souvent insatisfaits de notre place dans le peuple de Dieu. Ce que le Seigneur a prévu pour moi est bien, c’est sûr, mais COMPARE à ce qu’il a donné à mon frère, c’est petit. Alors nous ne nous réjouissons pas de ce que Dieu nous donne, puisque le jouet de notre frère nous fait plus envie, exactement comme les bébés à la garderie. Nous manifestons à peu près la même immaturité et nous ne rendons même pas compte que notre manque de reconnaissance envers notre Père, est une forme grave d’accusation : « tu ME donnes moins et moins bien qu’à LUI, parce tu M’aimes moins, MOI. JE proteste, JE ne suis pas content ». En fait nous devrions ajouter : « JE suis jaloux », et demander immédiatement pardon à notre Dieu et Père. Mais ça nous coûte ; ça coûte surtout à notre orgueil de reconnaître que nos motifs de « justice » sont en fait égoïstes et que c’est l’orgueil blessé et la jalousie qui nous poussent à parler.

Comment faire ?

Alors Aaron dit à Moïse: De grâce, mon seigneur, ne nous fais pas porter la peine du péché que nous avons commis en insensés, et dont nous nous sommes rendus coupables ! Nombres 12.11 

Dans la lèpre sur le visage de sa sœur, Aaron voit le jugement de Dieu. Il se repent immédiatement en leur nom à tous les deux et supplie « son seigneur » (et non plus son petit frère), d’intercéder pour elle. Moïse demande à Dieu la guérison de sa sœur. Myriam sera mise à part quelques jours puis reviendra guérie. 

Seigneur, nous sommes INCURABLES, notre vieille nature est toujours prête à se réveiller. Quand nous croyons notre orgueil définitivement soumis, nous sommes en danger car il risque de frapper très fort. Il aura juste changé de visage pour nous faire tomber une fois de plus. A nous qui croyons être de plus en plus spirituels, Dieu par la bouche de l’apôtre Paul dit (les verbes sont à l’impératif) :

Ne faites RIEN par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Philippiens 2.3

Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Colossiens 3.12

Seigneur, merci pour ta miséricorde qui me permets de revenir à toi à chaque fois que je me repens. Merci pour ta grâce ; je ne la mérite pas, et je ne la mériterai jamais. Merci de me prendre au sérieux et de me discipliner pour me rendre plus consciente de qui Tu es et de qui je suis. Merci de me rendre peu à peu de plus en plus semblable à ton Fils Jésus-Christ. Seigneur j’ai besoin de toi ; Seigneur je veux dépendre de toi.

Merci Seigneur pour les frères et sœurs que tu me donnes, merci pour la bénédiction qui repose sur eux, merci pour ce qu’ils sont.

Conclusion

Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ;et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre. Philippiens 2.4-10

AMEN

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Retranscrit par les mains d’Elisabeth, ce récit rend la vie des siens dynamique et pétillante. Il nous fait passer des rires aux larmes, des concepts les plus rudimentaires à la philosophie de la vie...

L’ouvrage pourrait s’intituler carpe diem tant Elisabeth, malgré les difficultés traversées et communes à beaucoup d’entre nous, a su puiser de l’espoir dans sa foi, son goût de vivre et ses amis.

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