Pais mon troupeau

Pais mon troupeau

Hommage à mon pasteur et ami parti à la retraite après une vie de service

Pais ton peuple avec ta houlette, le troupeau de ton héritage, Qui habite solitaire dans la forêt au milieu du Carmel! Qu’ils paissent sur le Basan et en Galaad, comme au jour d’autrefois. Michée 7.14

Mon ami, mon pasteur, mon confident, non tu n’étais pas devenu trop vieux, tu pouvais rester, mais tu devais nous quitter, pour qu’un autre plus jeune que toi croisse à ta place au contact du troupeau de Dieu. Ce ministère t’a absorbé durant la moitié de ta vie, il t’a usé le cuir, tu as été méprisé parfois, mais c’est si peu face à l’affection que tu as reçue du reste du troupeau.

Pour ma part, je t’avais offert mon amitié comme un sacrifice dès que je t’avais rencontré, en te disant que quoi qu’il arrive, elle ne te serait jamais retirée. Et tu l’as valorisée au centuple cette offrande personnelle.

Tu as su paître le troupeau que Dieu t’avait confié avec amour et tendresse. Il était dispersé voire rebelle, mais tu lui as toujours ouvert tes bras, parfois avec fermeté, mais toujours avec bienveillance. Tu t’es immiscé dans les diverses activités de l’église pour mieux les apprécier, mais jamais pour les surveiller. Tu as insufflé l’espoir et tu as valorisé les opinions, au point que je t’appelais « Yes Man », car tu répondais toujours par l’affirmative à mes idées, et ceci à un point tel que je finissais par réfléchir avant de te les soumettre, car je ne pourrais plus me dédire ensuite !

Mon troupeau est allé se perdre sur les montagnes et sur les collines. Mes moutons sont partis de tous côtés dans tout le pays. Personne ne va les chercher, personne ne s’en occupe. Ezéchiel 34.6 

Tu as été pour moi, tu as été pour beaucoup aussi, mais les larmes me viennent aux yeux en y pensant, oui tu as été mon confident personnel, celui à qui je pouvais tout dire dans le désordre, quitte à risquer de t’énerver. Jamais, oui jamais, la moindre de tes réponses ne m’a énervée, en fait, ta douceur faisait que je n’avais pas envie d’entendre les quelques réponses désagréables que tu formulais. Et lorsque je te parlais, souvent j’avais peur de te décevoir, bon pas tout le temps, alors je réfléchissais avant de m’exprimer. Et ça sincèrement, tu es le seul à avoir obtenu cette attitude venant de ma personne.

Pais mon troupeau, c’est l’injonction divine pour tout le monde, alors dans mon propre rôle de direction d’équipes, j’ai appliqué tes méthodes. J’ai aimé abondamment, je ne me suis jamais vengé, j’ai systématiquement valorisé, et lorsque je doutais d’une réponse, je repassais les films de nos nombreuses discussions passionnantes. Rassure-toi, tu n’as jamais pris la place de Jésus dans mes pensées, mais le reflet de sa gloire au travers du miroir divin que tu représentais pour moi, m’édifiaient et me guidaient.

Moi, je suis à celui que j’aime, et celui que j’aime est à moi. Il conduit son troupeau parmi les lys en fleurs. Cantique 6-3 

Tu n'es pas Dieu, tu ne serais même pas intéressant  si Jésus s’éloignait de toi, tu ne serais rien. Beaucoup t’ont critiqué, beaucoup ont souhaité ton départ, lorsque tes cheveux étaient devenus trop blancs. Ce que tu racontes de ta vie avant ta rencontre avec Jésus le confirme d’ailleurs, au travers de la banalité du péché païen dans lequel tu baignais alors. Mais ces pages ont été effacées du livre de ta vie, et il n’en reste plus rien, car le reste de ce livre, tu l’as écrit avec soin, en pensant chaque jour à faire refléter la gloire céleste dans notre assemblée.

Pais mon troupeau, tu t’y es appliqué de ton mieux, sans jamais t’énerver, en acceptant les coups bas, en t’effaçant face à tes détracteurs. Bon, tu n’as été ni SuperMan, ni SuperPasteur, car tu en as commis des erreurs ; pas trop quand même, mais au moins tu as toujours demandé pardon lorsque tes yeux s’ouvraient sur tes erreurs. Et ça j’en ai été témoin.

Je sais que je ne suis pas objectif en écrivant ces lignes, mais Jésus, mon ami dont tu as été l’ambassadeur fidèle ne le sera pas non plus. Nos fautes nous seront en effet pardonnées en franchissant le seuil de l’Eden céleste. Alors maintenant, ton successeur qui se frotte au peuple rugueux que tu as laissé, peut grandir à son tour en amour et en compassion. Les empreintes de pas que tu as laissées sont suffisamment profondes pour qu’il les suive, puis les complète à sa façon.

Bon, tu t’es reconnu, Frédéric, alors merci encore pour cette lumière qui brille dans mes yeux lorsque j’évoque ces treize années passées à tes côtés !

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3 commentaires
  • Vincent Guillemoteau Équipier du Top Il y a 1 année

    Magnifique François, sois béni ☺️
  • Élie Il y a 1 année

    A M E N
  • rozange Il y a 1 année

    Mon ami, mon pasteur, mon confident, non tu n’étais pas devenu trop vieux, tu pouvais rester, mais tu devais nous quitter, pour qu’un autre plus jeune que toi croisse à ta place au contact du troupeau de Dieu. Ce ministère t’a absorbé durant la moitié de ta vie, il t’a usé le cuir, tu as été méprisé parfois, mais c’est si peu face à l’affection que tu as reçue du reste du troupeau. u as été pour moi, tu as été pour beaucoup aussi, mais les larmes me viennent aux yeux en y pensant, oui tu as été mon confident personnel, celui à qui je pouvais tout dire dans le désordre, quitte à risquer de t’énerver. Jamais, oui jamais, la moindre de tes réponses ne m’a énervée, en fait, ta douceur faisait que je n’avais pas envie d’entendre les quelques réponses désagréables que tu formulais. Et lorsque je te parlais, souvent j’avais peur de te décevoir, bon pas tout le temps, alors je réfléchissais avant de m’exprimer. Et ça sincèrement, tu es le seul à avoir obtenu cette attitude venant de ma personne. Bon, tu t’es reconnu, Frédéric, alors merci encore pour cette lumière qui brille dans mes yeux lorsque j’évoque ces treize années passées à tes côtés ! Amen!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"