Témoignons sans paroles

Témoignons sans paroles

Le témoignage que Dieu rend à son Fils, et qu’il a mis en nous (voir article précédent), produit notre propre témoignage envers Christ. Il consiste premièrement à lui obéir, c’est à dire nous aimer entre chrétiens, puis faire le bien envers tous. Ces deux aspects du témoignage ne sont pas encore des paroles. 

Jésus promet à ses disciples une "renommée" due à leur amour mutuel

Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ; à ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres (Jean 13.34-35). Ici, notre Seigneur promet aux disciples une renommée qui sera due à leur obéissance, à leur amour fraternel vrai, directement issu du sien ! La promesse est très large : tous connaîtront ! Connaîtront quoi ? Que vous êtes mes disciples.  

Sans employer le mot ‘témoignage’ Jésus semble bien en dire l’essence, car à l’amour commandé ici, il attribue une immense vertu : celle de les identifier comme ayant le Christ pour Maître. Cet amour-là, interne au corps de Christ, signalera à ceux de l’extérieur que le Maître est bel et bien celui qui a souffert pour leur salut (Jean 13.31-32). Jésus promet aux siens que par leur amour on saura qu’ils sont ses disciples, il ne promet pas qu’on les écoutera toujours (Jean 15.20). 

Pour un témoignage de fond envers lui, ils devront compter sur cet amour-là avant de compter sur leurs paroles envers les perdus.  Attention, quand Jésus donne son commandement et sa promesse, le contexte implique que l’amour fraternel sera douloureusement humble : le Maître sera livré par Judas (Jean 13.21) mais aussi renié par Pierre (Jean 13.38).  Nous de même, reconnaissant que le déficit d’amour entre chrétiens est un contre-témoignage dans ce monde, nous devons penser notre unité sans présomption mais autour du Maître crucifié pour nos offenses puis ressuscité. 

La promesse de Jésus ne concerne pas n’importe quel amour

Le Seigneur Jésus parle ici de l’amour saint entre ses disciples (comparer Actes 5.13) ; il ne parle pas d’amour entre tous les humains. Pourquoi souligner qu’il y a une différence ? Parce que la Bible en fait une. Jésus sait rappeler que les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment (Luc 6.32), mais il sait distinguer : l’amour de Dieu, vous ne l’avez pas en vous (Jean 5.42). À sa suite, Pierre écrit : honorez tout le monde ; aimez vos frères, craignez Dieu ; honorez le roi (1 Pierre 2.17). Ça enseigne une différence entre bienveillance envers tout humain et fraternité en Christ.

La promesse de Jésus concerne l’amour entre disciples, car ce qui sera reconnu c’est justement le rapport entre lui le Maître et ses disciples !  Un amour dont lui ne serait pas le centre, ne saurait témoigner de lui, le Sauveur. Or le témoignage de Dieu c’est que la vie éternelle est en son Fils, celui qui a le Fils de Dieu a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie (1 Jean 5.12). Sans cette distinction, son Église n’est pas témoin mais se dissout dans « un amour universel ». Jean suggère même que ça revient au même de croire Dieu ou de le faire menteur (1 Jean 5.10).

Parallèlement à ce qui précède, le Nouveau Testament parle d’une bonté des disciples envers tout humain. Elle sous-tend un autre aspect du témoignage chrétien : faire le bien. N’aimons pas en paroles ni avec la langue mais en action et en vérité. (1 Jean 3.18). 

Faire le bien est la suite du témoignage chrétien

Prolongeant le témoignage et l’amour que Dieu a déposés en nous, le bien que nous faisons soit entre nous soit aux non-croyants, constitue pour eux un témoignage. C’est le Seigneur qui pose cela, d’abord par son propre exemple : les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir, ces œuvres mêmes que je fais témoignent de moi que le Père m’a envoyé (Jean 5.36). Dans tout ce chapitre 5, Jésus souligne davantage ce qu’il fait que ce qu’il dit (pourtant il est le Logos).  

C’est pourquoi Pierre a prêché : Jésus de Nazareth allait de lieu en lieu faisant le bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’oppression du diable (Actes 10.38). Pierre a expliqué : car Dieu était avec lui (id). Cette précision est capitale !  Jésus faisait le bien c’est à dire ce qui est de Dieu ; il accomplissait la loi et libérait. Et non : il faisait ‘du bien’ aux gens d’après leurs préférences (cf. Luc 12.13).

D’après notre Seigneur, nous pouvons faire le bien qui porte en soi l’attestation de Dieu : que les hommes voient vos œuvres bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux (Matthieu 5.16). Faire le bien selon Dieu oriente les gens vers lui.  Pierre recommande un tel témoignage dans le cadre familial : si des maris n’obéissent pas à la parole (de l’Évangile), qu’ils soient gagnés sans parole, en voyant votre conduite pure et respectueuse (1 Pierre 3.1).

Paul mentionne un tel témoignage dans le cadre régional : si la foi des Thessaloniciens est connue en tout lieu (1 Thessaloniciens 1.8), c’est par leur comportement : on raconte comment vous vous êtes convertis à Dieu, en vous détournant des idoles, pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thessaloniciens 1.9).  Cette bonne conduite devant le monde ne nous dispense pas de l’amour fraternel souligné plus haut, au contraire : pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi (Galates 6.10).

En résumé, ce qui aidera les gens auprès desquels nous sommes témoins de Jésus Christ, c’est qu’ils « voient » l’Évangile en nous, avant de « l’entendre ».

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