Ma femme est-elle rayonnante?

Ma femme est-elle rayonnante?

Top Féminin vous propose ce mois-ci un article paru dans le magazine "Just between us" destiné aux épouses de pasteurs. Il traite avec beaucoup de finesse de ce verset que toutes les femmes mariées connaissent par coeur "maris, aimez vos femmes...". Entre hommes et femmes, ce passage est souvent une "partie de ping pong" les hommes renvoyant les femmes au verset précédant "femmes, soyez soumises à vos maris". La polémique sur ce sujet n'est pas à l'ordre du jour, mais cet article en bénira plus d'un , hommes et femmes confondus. Soyez bénis, et bonnes vacances pour ceux et celles qui y sont encore!

Ma femme est-elle rayonnante?

Aimer son épouse comme Dieu le veut.

Par le pasteur Stuart Briscoe


« Tout homme qui lit l’Écriture sait qu’être un bon mari est un appel de la plus haute importance, et qu’être partenaires dans le mariage, c’est participer à quelque chose d’unique, de beau, et de béni. Il n’y a que Dieu qui ait pu établir cela, et il nous donne le privilège d’y participer ! »

« Maris aimez vos femmes.... » est une parole de l’apôtre Paul aussi célèbre que l’ordre qu’il donne aux épouses « d’être soumises à leur mari ». Que ces paroles soient ou non dans l’air du temps pour les églises contemporaines, il n’en reste pas moins vrai que nous, les hommes, devrions étudier de plus près ce que cela recouvre.

Nous lisons dans Ephésiens 5 :25-33 « Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette église glorieuse, sans tache ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. C’est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’église, parce que nous sommes membres de son corps. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que sa femme respecte son mari. »

Au premier abord, le sens de « maris aimez vos femmes » semble évident, mais quand j’ai pris le temps d’y réfléchir d’un peu plus près, cela m’a ouvert les yeux. Tout le problème vient de la façon dont on comprend le terme « aimer ». Notre conception de l’amour est grandement influencée par notre environnement, notre culture, et la façon dont nous avons été élevés.

Lorsque je reçois de jeunes couples pour la préparation au mariage, je leur demande souvent s’ils ont été des enfants aimés. Les réponses que je reçois m’obligent à préciser la question. Je leur demande alors « Selon vous, l’idée que nous nous faisons de l’amour conditionne-t-elle notre compréhension de passages de l’écriture tels que « Maris, aimez vos femmes ». Il n’y a aucun doute là-dessus, et c’est ça qui est dangereux.

J’ai posé ces questions à un jeune couple d’amoureux. La femme m’a répondu avec enthousiasme : « oh, oui ! J’ai été un enfant aimé. Dans notre famille, nous nous disions souvent que nous nous aimions, nous nous embrassions souvent, nous nous écrivions des petits mots, nous nous faisions des cadeaux même pendant les vacances. Oui, j’ai été aimée. »
Le jeune homme a mis plus de temps à me répondre. Il a pris son visage dans ses mains, et m’a répondu avec hésitation : « oui, il me semble que j’ai été aimé. Mon père ne disait pas grand’chose, je ne l’ai jamais vu montrer de l’affection à ma mère. Il venait parfois me voir jouer lors des matches, et si je jouais bien, il me disait « C’est bien, mon fils », mais si je jouais mal, il hurlait après moi. Il est mort quand j’étais ado, et j’ai pleuré car j’aurais aimé lui parler, mais c’était trop tard. Je pense qu’il m’aimait quand même ».

Il est possible que ce jeune couple aille au devant de difficultés car leur conception respectives de l’amour et leurs attentes sont très différentes. Cette conversation montre à quel point notre façon de concevoir l’amour est importante. Quand l’apôtre Paul dit cela, est-ce que cela veut dire que je dois aimer ma femme comme mon père aimait ma mère, ou bien dois-je l’aimer comme les hommes de ma génération traitent leurs femmes ? Qu’entend-il par là ?

Aimer comme Christ a aimé l’église.

L’amour de Christ envers l’église est historiquement vérifiable, et clairement décrit. Il n’y a pas d’ambiguïté sur le sens de l’amour qui est demandé aux hommes. Mais comment Christ a-t-il aimé l’église ? En se donnant lui-même pour elle ! Cela signifie que son amour représentait un sacrifice et qu’il lui a coûté quelque chose. Je me trompe peut-être, mais il me semble que les hommes ne sont pas vraiment prêts à considérer qu’ils doivent sacrifier quelque chose par amour pour leur épouse. Bien sûr, si elle était insultée publiquement, tout mari ferait face à la foule et se tiendrait à ses côtés. Mais de là à se sacrifier volontairement pour elle ?..

Je me souviens avoir parlé à un groupe d’hommes à Johannesburg en Afrique du Sud. Ils étaient tous surexcités à cause du match de rugby qui allait avoir lieu entre l’Afrique du Sud et l’Australie. Quand j’ai demandé combien parmi eux avait déjà leur billet pour assister au match, une forêt de mains s’est levée immédiatement avec enthousiasme. J’ai dit alors : « D’accord, alors voici un défi pour vous : Combien parmi vous seraient prêts à donner leur billet à quelqu’un d’autre et dire à votre femme que vous n’irez pas au match pour pouvoir l’accompagner dans les magasins samedi après midi ? ». Un lourd silence s’est fait dans la salle, puis quelqu’un s’est exclamé : « Ça, c’est trop demander ! ».

Aimer comme soi-même

Selon Paul, un homme devrait aimer sa femme comme il s’aime lui-même. Cela ne devrait pas être une surprise pour ceux qui savent que les chrétiens sont appelés à aimer leur prochain comme eux-mêmes (et les épouses sont des « prochains » très proches !). Les psychologues disent que l’on doit d’abord apprendre à s’aimer soi-même, avant de pouvoir aimer les autres. Paul serait estomaqué d’entendre une telle exégèse ! Je ne conteste pas que beaucoup de gens souffrent d’une faible estime d’eux-mêmes, et qu’ils ont avant tout besoin de connaître leur véritable valeur aux yeux de Dieu. Mais ce n’est pas à cela que fait référence cet ancien commandement. Paul était en train de parler notre sens inné et instinctif de notre importance personnelle.

La plupart des êtres humains, surtout les hommes, ont un instinct de survie et d’auto-satisfaction très développé. Cela se voit dans leur comportement au volant, l’importance qu’ils donnent à la hiérarchie. Aimer sa femme comme soi-même, c’est considérer qu’elle est aussi importante que soi, et le montrer !

Nous savons tous que les hommes aiment leur propre corps. C’est pour cela que Paul dit que les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps. Comme il a dit métaphoriquement que l’homme était la tête (le chef) de la femme, Paul continue la métaphore en disant : « Maris, vous êtes la tête, et votre épouse est le corps ».

Des corps sans têtes ne sont d’aucune d’utilité, pas plus que des têtes sans corps. Paul dit ainsi que le mari et la femme sont indispensables l’un pour l’autre. Quand Dieu unit deux personnes, ils deviennent un. La tête et le corps sont indissociables, intimement liés. L’homme qui présente sa femme comme sa « moitié » a tout à fait raison. Il peut même aller plus loin en disant « ma meilleure moitié ». C’est encore plus juste. Mais l’aimer, c’est accepter le fait qu’elle est indispensable, et de constituer avec elle une nouvelle entité. Il n’y a que Dieu qui puisse réaliser cela.

L’aimer avec un but.

Paul nous dit que Christ a aimé l’église et qu’il s’est donné Lui-même pour elle, afin de se préparer une épouse parfaite. Pour cela, il s’est donné Lui-même en parfait sacrifice pour le péché, puis a commencé le processus de sanctification qui ne se terminera que lorsque les pécheurs pardonnés se retrouveront dans sa glorieuse présence pour l’éternité.
De la même façon, l’amour d’un mari pour sa femme doit se faire dans un but. Il ne pourra pas la rendre parfaite, mais il peut se sacrifier lui-même, et tout faire pour lui permettre de devenir ce que Dieu veut qu’elle soit. Un de mes amis étudiait justement Ephésiens 5, il remarqua dans ce passage que l’épouse de Christ devait être glorieuse (d’autres traductions disent « éclatante », « rayonnante »). Il se mit alors à réfléchir à ce sujet : « Est-ce que je rends ma femme « rayonnante ». Il posa la question à la principale intéressée, qui lui répondit : « En toute honnêteté, non, tu ne me fais pas rayonner ! ».
Elle lui dit qu’il était assez égoïste, qu’il prenait rarement en compte ses désirs et qu’il ne lui demandait jamais son opinion, et que quand ils n’étaient d’accord entre eux, de toute façon, il faisait ce qu’il avait en tête sans tenir compte d’elle. Elle en était chagrinée et frustrée. Pas vraiment une femme épanouie et rayonnante ! Je dois dire que personnellement, quand je considère les premières années de notre mariage, j’étais assez comme ça moi aussi.

Alors que devrions nous faire pour mieux aimer nos épouses ? Tout d’abord nous devons rejeter sans appel les conceptions du monde séculier et étudier de près ce qu’est la norme biblique, et en faire notre objectif idéal. Rappelez-vous que celui qui n’a pas de but l’atteint rarement !. Nous devrions toujours garder en tête ce que tout ce que Paul enseigne au sujet du mariage et de la famille dans l’épître aux Ephésiens repose sur le commandement du verset 18 : « Soyez remplis du Saint Esprit ». Des couples et des familles en bonne santé ne sont engendrées que par la plénitude du Saint Esprit pour la simple raison que aucun être humain, ni homme ni femme, n’a la capacité d’imiter Christ par ses propres forces.

Les mariages sont trop importants et les épouses trop précieuses, pour que les hommes fassent n’importe quoi dans leur rôle de mari. Tout homme qui lit l’Écriture sait qu’être un bon mari est un appel de la plus haute importance, et qu’être partenaires dans le mariage, c’est participer à quelque chose d’unique, de beau, et de béni. Il n’y a que Dieu qui ait pu établir cela, et il nous donne le privilège d’y participer !

Pr Stuart Briscoe


Pasteur Stuart Briscoe a été pendant 30 ans le pasteur principal de Elmbrook Church , à Brookfield, Wisconsin. Maintenant, il fait des tournées dans le monde entier, où il prêche aux couples et aux missionnaires. Avec son épouse Jill, ils ont trois enfants, et 13 petits-enfants.

Cet article a été traduit et publié avec l'aimable autorisation du magazine pour épouses de pasteurs "Just between us" dirigé par Madame Jill Briscoe, que nous remercions chaleureusement.



Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

4 commentaires
  • geogui Il y a 2 années, 7 mois

    Ce texte est d'abord adressé aux hommes. J'en conviens! Il ne faut tout de même pas considérer que la femme est une "matière" inerte que l'on puisse façonner à sa guise: c'est un être de chair comme nous, avec qui nous devons être en inter action. Partant du principe que tout être humain est imparfait , la recherche de l'harmonie , dans le couple ne sera possible que si les DEUX partenaires seront conscients de l'effort réciproque qu'ils auront à faire pour se sentir satisfaits l'un de l'autre. Le dialogue , en toute circonstance, sera le meilleur moyen d'y parvenir. Il détermine toute évolution vers la perfection.
  • Léa Allen Il y a 2 années, 7 mois

    Wonderful!!! Le Seigneur nous accordera la grâce de jouer parfaitement nos rôles afin de restituer toute sa beauté au marriage et servir de témoin à une société en mal de modèles. C'est la prière des couples chrétiens au nom de Jésus. Amen.
  • Marco Gianini Bénévole du Top Il y a 2 années, 7 mois

    Les mariages sont trop importants et les épouses trop précieuses, pour que les hommes fassent n’importe quoi dans leur rôle de mari. Tout homme qui lit l’Écriture sait qu’être un bon mari est un appel de la plus haute importance, et qu’être partenaires dans le mariage, c’est participer à quelque chose d’unique, de beau, et de béni. Il n’y a que Dieu qui ait pu établir cela, et il nous donne le privilège d’y participer ! Pr Stuart Briscoe
  • Afficher tous les 4 commentaires