Du désert à l'influence 2/2

Du désert à l'influence 2/2

La semaine dernière, je vous partageais le témoignage de Samuel Lecompte, un homme qui est passé du désert à une vie d’influence. Laissez-moi vous parler de son enfance et des fruits de son ministère. Vous verrez ainsi que Dieu est capable d’utiliser un homme ordinaire pour faire des choses extraordinaires. Cette enquête, faite à l’occasion de mon cours « Histoire du Pentecôtisme » à l’Institut Biblique du Québec m’a inspiré et mon désir est que ce récit puisse vous édifier alors que vous lisez ces lignes.

Son enfance

Samuel Lecompte est né le 12 Août 1938, dans une famille chrétienne à Montréal. C’est en parlant avec un homme qui distribuait des Bibles, que ses parents ont entendu parler pour la première fois de Jésus qui sauve et qui transforme des vies. Vivement touchés, ils ont décidé de l’accepter comme Sauveur et Seigneur et de le suivre. La naissance de Samuel, 12 ans après celle de leur dernière fille, a été pour eux comme un signe divin. Ils ont donc consacré l’enfant à Dieu et lui donnèrent son prénom en déclarant ceci : « Cet enfant sera la réponse de Dieu pour le Québec ».

L’éducation de Samuel fut stricte et sévère. Son père invitait souvent des pasteurs et enseignants pour de longues soirées de partage et d’édifications durant lesquelles, des grandes discussions théologiques s’établissaient. Le père de Samuel tenait toujours à ce que son fils, qui n’avait alors que 4 ans, soit présent avec eux. Aujourd’hui, le Pasteur Samuel Lecompte nous explique qu’alors qu’il grandissait dans cet environnement chrétien, il n’avait pas encore entrepris de démarche personnelle pour Jésus.

Son adolescence

À l’âge de 12 ans, il fut traumatisé par la maladie de son père qui souffrit énormément d’un cancer. Alors que la mort approchait, Samuel commença à se révolter. Un dimanche après midi, toute la famille était présente à l’hôpital pour les dernières visites mais Samuel n’était pas capable d’entrer dans la chambre de son père mourant. Il ne voulait pas avoir comme dernière image de son père, un homme souffrant et faible alors que celui-ci l’appelait : « Samuel, Samuel viens me voir…». Il se débattait alors que plusieurs essayaient de le raisonner et le forcer à entrer. Le décès prononcé, une grande révolte a prit place dans son cœur et dans sa vie. « À cet instant, dit-il, un esprit est entré en moi et à partir de ce moment là, je suis devenu un enfant à problème dans mon entourage et dans mon école ».

Plus tard, il fut envoyé dans un collège chrétien. Samuel y devint un enfant turbulent. Pour cette raison, il fut convoqué 142 fois dans le bureau du directeur et fut reconnu comme l’un des pires étudiants du collège. Lors de la remise des diplômes, le directeur de l’école avait l’habitude de donner une récompense à celui qui avait les meilleures notes dans la matière de l’Histoire Sainte. À la grande surprise de tout le monde, Samuel était le premier dans cette matière.

Toujours rebelle, il commença à se tenir avec les pires gangs de Montréal. Sa mère, elle, ne cessait de prier pour lui sans toutefois le forcer et même l’inviter à venir assister aux réunions de l’église. Pour Samuel, sa mère était une femme extraordinaire. À plusieurs reprises, dans plusieurs de ses sermons, sortent de sa bouche des paroles de gloire et d’honneur pour deux grandes femmes dans sa vie; sa mère et son épouse. Deux grandes femmes de Dieu qui n’ont jamais cessé de prier pour lui malgré les tempêtes, les épreuves, les difficultés et parfois même ses erreurs.

Sa conversion

À l’âge de 21 ans, un après-midi, son gang se préparait à accomplir un hold-up dans une banque. Sa conscience l’amenait à réaliser que rien de tel n’avait été fait de sa part auparavant et que le risque et le danger étaient grands. Cependant son orgueil le dirigea tout de même à ne pas abandonner et à accepter de plonger dans cette aventure dangereuse. Sa mère priait et intercédait auprès de Dieu pour lui. Dans la nuit suivante, entre 2 et 3 heures du matin, une forte présence le réveilla et il dû se mettre à genoux. Dans sa grande rébellion Samuel répondit : « Oh non ! S’il y a un Dieu dans le ciel, c’est lui qui va me mettre à genou, car moi je ne me mettrai pas à genou ! ». Après avoir dit cela, il ressentit le besoin de se prosterner et se mit à pleurer à côté de son lit.

Le lendemain, Samuel appela le pasteur de l’église lui décrivant toute l’expérience qu’il venait de vivre pour essayer d’avoir une explication à tout cela. Le pasteur lui fit comprendre que Dieu était en train de l’appeler et qu’il fallait qu’il se repente de ses péchés et reconnaisse Jésus dans son cœur comme son sauveur personnel. Samuel ressentit alors cette même présence qui le visitait. Ce 6 Janvier 1960 le jeune homme tomba en larmes faisant l’expérience du salut pour reconnaître Jésus comme Sauveur et Seigneur de sa vie. Un grand fardeau fut enlevé et une grande transformation prit place. Trois semaines plus tard, Samuel fit l’expérience du baptême dans le Saint-Esprit avec l’évidence initiale du parler en langue. « Une expérience que je n’oublierai jamais », dit-il.

Il rencontrera Marian Butterfield, une jeune Anglaise installée au Canada. Le 18 Juin 1960, celle-ci deviendra Marian Lecompte. Elle mettra au monde trois beaux enfants : Janice, Mark et Christine.

Mark Lecompte

Son influence touche aujourd’hui des nations complètes puisque Mark Lecompte, son fils, est à son tour entré dans le ministère en 1996 et qu’il est directeur de l’Institut Biblique du Québec. Ce collège biblique accueille aujourd’hui plus de 300 étudiants de toute la francophonie.

Mark a commencé comme pasteur et fondateur de Jeunesse en feu, en 1984. Un groupe de jeunes de l’Église Évangélique de la Rive Nord, âgés de 13 et 30 ans, qui se rassemblait chaque vendredi soir pour des réunions spirituelles et percutantes. Ils étaient environ 120 jeunes. Cette jeunesse existe encore aujourd’hui.

En 1991, il devient co-pasteur de cette même église, pour travailler auprès de son père. Il y prêche la Parole de Dieu avec autant d’enthousiasme et de passion que son père. Une prédication qui inspire et qui touche des nations au travers de tous ses voyages qu’il entreprend partout dans le monde, mais surtout dans la Francophonie. Pasteur Mark Lecompte prêche aujourd’hui dans des conférences générales des Assemblées de Pentecôte du Canada, également dans plusieurs rassemblements des Assemblées de Dieu de France, des Antilles, de Guyane, de la Polynésie, et aussi dans les églises italiennes du Canada. Il nous déclare aujourd’hui : « Tout cela, c' est grâce à mon père, car il m’a grandement inspiré ».

Si vous lui demandez ce qui l’a le plus marqué de la vie de son père, il vous répond : « Sa détermination face à n’importe quelle situation, même dans les périodes les plus difficiles où plusieurs auraient abandonnés. J’ai grandit auprès d’un homme persévérant, qui ne cessait jamais de croire dans l’accomplissement des promesses de Dieu pour sa vie ». Un deuxième point marquant dans la vie de son père était la joie. « Il n’a jamais vu et considéré le ministère comme un fardeau, mais plutôt comme un privilège et un honneur ». Il ajoute : « Mon père est devenu mon meilleur ami ».

Claude Houde

Nous ne pouvons pas parler de l’influence du Pasteur Samuel Lecompte sans parler de l’année 1978. Celle-ci fut marquée par l’arrivée d’un jeune homme qui, touché par la prédication, a donné sa vie entière pour Jésus-Christ. Malgré un arrière-plan mouvementé et peu ordinaire, ce jeune homme décidera de se consacrer à l’étude de la Parole de Dieu, avec un puissant désir de servir le Royaume Céleste. Claude Houde est aujourd’hui pasteur d’une des plus grandes églises de la Francophonie et de la plus grande église de la province de Québec. Il témoigne que Samuel Lecompte demeure son père spirituel et celui qui lui a appris tout ce qu’il connaît aujourd’hui.

Pasteur Claude et Pasteur Mark sont devenu des grands amis et œuvrent maintenant ensemble à l’Église Nouvelle Vie de Longueuil, qui compte près de 2500 personnes. Tous deux enseignent chaque année à des centaines d’étudiants de toute la francophonie, sur place, à l’Institut Biblique du Québec mais aussi dans différents pays francophones.

Claude Houde a fait un jour cet hommage au Pasteur Samuel Lecompte : « Ce sont des milliers de vies que tu as touchées, en beaucoup plus grand nombre que tu ne le penses. Au Seigneur je rends grâce pour t’avoir mis sur mon chemin…Merci pour ta passion pour le Royaume des Cieux »

Stéphane Quéry

Stéphane est un homme de la présence de Dieu. Certains l’appellent même Celui qui nous conduit jusqu’au trône de Gloire. Il est arrivé à l’Église Évangélique de la Rive Nord dans le milieu des années 80. Touché, lui aussi, par l’impact et la profondeur du ministère de Pasteur Sam, Stéphane est entré dans cette dimension spirituelle et il est amené à y conduire les croyants de plusieurs nationalités à travers ses chants. Il est l’auteur de plusieurs albums de louange et d’adoration. Il est chanteur, auteur, compositeur et interprète.

En 1992, il a été invité avec Mark Lecompte, au premier C.I.J.E.M (Congrès International de la Jeunesse En Mouvement, un ministère des Assemblées de Dieu de France), en France pour soutenir et aider au lancement de cet organisation qui oeuvre auprès de la jeunesse. On comptait à cette époque 150 personnes. Aujourd’hui, le Cijem accueil près de 3000 jeunes chaque année. Stéphane Quéry a été une des personnes clés de ce développement et de cette croissance. Aujourd’hui, il sillonne la francophonie et conduit des milliers d’hommes et femmes dans la présence de Dieu grâce à ses enseignements, les services de louanges et les nombreux concerts d’adoration qu’il anime. Son ministère est caractérisé par la manifestation de la présence de Dieu.

Norman Edwards et Bruno Lefebvre

Christine Lecompte, la fille de Samuel, témoigne de l’influence de son père dans le début des années 80. La vie de deux jeunes garçons qui grandissaient dans son église a été touchée. Tous deux furent saisis par Dieu lors d’une réunion d’école du dimanche et ils vécurent l’expérience du salut. L’un d’eux est devenu le Révérend Norman Edwards, un des dirigeants du Collège des Assemblées de Dieu Américaine à Moscou, en Russie. Le deuxième est devenu le Révérend Bruno Lefebvre, qui est aujourd’hui le nouveau pasteur principal de l’Église Évangélique de la Rive Nord. Celui à qui Samuel Lecompte a remis le flambeau.

Ses enfants

Il faut noter que tous ses enfants sont dans le ministère à temps plein aujourd’hui.
Il y a Mark, dont nous avons déjà parlé. Mais il y a aussi Janice, qui est membre de l’Église Queensway de Toronto, et qui œuvre auprès des couples mariés avec son mari qui, lui-même est l’administrateur de cette assemblée. Christine, la troisième, nous raconte qu’elle fut grandement inspirée par le ministère et la vie de son père. Elle est devenue, elle aussi, une femme de Dieu remarquable et inébranlable. Elle prêche la Parole dans des prisons mais aussi dans plusieurs assemblées et retraites pour femmes. Elle vient également en aide aux plus défavorisés avec l’organisme La Source du Nord, un organisme à but non lucratif qui a été fondé par l’Église Évangélique de la Rive Nord et qui est maintenant complètement indépendant. Christine s’apprête à ouvrir une maison d’hébergement pour femmes en difficultés.

Chacune de ces personnes considèrent Samuel Lecompte comme un père spirituel. La prière, l’enseignement, l’équilibre, la gestion, l’intégrité, la consécration, la correction, l’encadrement, l’amour et la compassion leur ont été donnés par cet homme. Face à ce résultat, nous ne pouvons que déclarer sans aucune retenue que cet homme fut, et qu'il est encore véritablement une réponse de Dieu pour le Québec.

Son enseignement

Pasteur Sam voit l’église de Jésus comme « La corde à trois fils ne se brise pas facilement » : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit Saint. Pour lui, nous ne pouvons pas connaître Dieu le Père si nous refusons Dieu Le fils, c'est-à-dire Jésus. Tous ceux qui ont entendus sa prédication savent que Jésus est la seule porte pour entrer au ciel, la vérité. Il proclamait également l’importance du baptême dans le Saint Esprit avec l’évidence initial du parler en langue.

Le baptême du Saint-Esprit détient une grande part dans son enseignement. Dans son sermon du 19 Novembre 1989, intitulé « Évidence initiale du baptême du Saint Esprit », il dit : « Après la conversion, vient le baptême de l’Esprit Saint avec comme évidence initiale : le parler en langues ». Si dans l’histoire de l’église plusieurs ne s’accordèrent pas sur ce point, pasteur Sam lui, n’en reste pas moins catégorique et inébranlable.  
Selon lui, les langues sont l’habilité donnée aux croyants, par l’Esprit Saint, de parler un langage non compris par celui qui parle.  Le baptême de l’Esprit Saint est nécessaire pour l’équipement des saints et pour l’œuvre de Jésus Christ. 

Dans son sermon intitulé « À la poursuite du bonheur, l’importance de l’Église » qu’il a fait le 11 août 1996, il disait : « Nous ne pouvons pas connaître Dieu le Père, ainsi que Dieu le Fils, si nous refusons Dieu l’Esprit Saint ».

Avec le support et l’appui des Saintes Écritures, il nous explique que les trois fils conducteurs que nous devons respecter ici bas sont : Jésus, à la Bible et à l’Église et que l’Esprit Saint nous y conduira toujours.

Samuel Lecompte est resté et reste encore un protecteur de la vérité. Tout au long de sa vie, il fut confronté à des situations compromettantes face à des personnes qui essayaient d’infiltrer des fausses doctrines. Même au détriment de sa propre réputation, il se battait pour conserver l’intégrité des Saintes Écritures, sans compromis. Il enseignait également sa philosophie sur l’opération de l’Église, en s’appuyant une fois de plus sur les commandements et les ordonnances de la Parole de Dieu. Les grandes questions qu’il s’est posées sont : Pourquoi je ne grandis pas, pourquoi l’Église ne grandit-elle pas et pourquoi ne vivons-nous pas de réussite dans ce que nous entreprenons ? Sa principale réponse est : Confiance. Ce qui fut effectivement une des grandes marques de son leadership appuyé par le 16ème chapitre et le 18ème verset de l’Évangile de Matthieu. Lui-même a tenu à ce que j’écrive quelques mots sur ce principe :

Dans plusieurs de ses sermons et de ses enseignements il parlera de cette confiance que nous devons avoir envers Dieu. Il ajoute à cela que des églises abandonnent à cause d’une démotivation trop présente et d’un constat toujours négatif sur l’œuvre de Dieu. Ceci est le résultat d’un manque de confiance en Dieu. Il invite et encourage plusieurs personnes à changer de conception et de philosophie à l’égard des choses de Dieu et il explique que si nous avons confiance en celui qui va bâtir Son Église, nous devons être de ceux qui vont transmettre cette confiance :

  • Transmettre une confiance dans notre leadership : dans notre leadership.
  • Transmettre une confiance dans l’organisation de l’église.
  • Transmettre une confiance dans le comportement.
  • Transmettre une confiance dans le sanctuaire.

Enfin, laissez-moi vous donner les 4 principes de du Pasteur Samuel Lecompte pour bâtir une église :

  • L’église n’est pas là pour notre intérêt personnel.
  • L’église est appelée à être une maison de prière.
  • L’église doit être un hôpital spirituel.
  • L’église doit investir dans la relève. 


Je viens de vous partager en peu de lignes l’histoire d’un homme d’impact et d’influence : un pionnier de la foi. Aujourd’hui encore, Samuel Lecompte demeure un homme actif dans l’œuvre de Dieu, prêchant la bonne nouvelle de l’Évangile

Durant toutes ces années, il est demeuré un homme généreux, fort et courageux. Un homme qui a vécu dans sa maison ce qu’il a prêché aux nations. Je veux rendre personnellement hommage à ce pionnier du Royaume des Cieux, dont la vie et le parcours a véritablement contribué à l’émergence du pentecôtisme au Québec et dans la francophonie entière.

Que Dieu vous bénisse !

Laurent Fabregues


Laurent est étudiant en 2ème année de baccalauréat en théologie pratique à l’Institut Biblique du Québec. Il est aussi pasteur de Jeunesse à l’EERN depuis janvier 2003 auprès d’une centaine de jeunes. Conducteur de louange, auteur, compositeur, il a réalisé 1 CD, Transition. Il est originaire de Corse et marié à Marie-Eve, une québécoise, depuis 2002.

Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

0 commentaire