Du désert à l'influence 1/2

Du désert à l'influence 1/2

Le Pasteur Samuel Lecompte est un homme qui a beaucoup apporté dans l’Histoire de l’Église du Québec. Il n’existe aucun ouvrage rédigé sur sa vie mais le cours d’« Histoire du Pentecôtisme », enseigné par le Pasteur Daniel Loignon, a été pour moi une occasion de faire des recherches et de résumer les grandes lignes de la vie de cet homme d’influence. Après plusieurs entrevues avec ce pionnier de la foi, j’ai découvert que sa grande influence aujourd’hui est certainement proportionnelle à l’intensité des difficultés qu’il a rencontrées durant son parcours.

Ses débuts

Convaincu de l’appel de Dieu sur sa vie pour le ministère, Samuel pris des cours spécialisés aux États-unis où il entra dans une École Biblique. Il dévorait la Parole de Dieu et priait chaque matin et soir.  De la même façon qu’il avait été ancré dans les choses du monde, il s’est ancré dans les choses de Dieu. Plusieurs reconnaissaient la main de Dieu sur la vie de Samuel. Lui-même, conscient de l’appel de Dieu sur sa vie, envisagea d’entrer dans le ministère à temps plein.

Ses erreurs

Le problème, nous explique t-il, est qu’il avait véritablement expérimenté la nouvelle naissance en Jésus Christ, tout en gardant ce même esprit de rébellion qu’autrefois. Il déclare avec humour et dans ses propres mots : «J’étais un chrétien rebelle».   Il n’y avait pas d’église assez bonne pour lui, ni de pasteur assez intéressant. Lui-même l’avoue et déclare aujourd’hui être allé rencontrer le pasteur de l’église qu’il fréquentait, pour lui reprocher avec audace toute son incompétence et lui annoncer en même temps qu’il débuterait une église indépendante et exemplaire dans la région avoisinante.

C’est donc en 1962, à l’âge de 22 ans, que Samuel débute l’église Centre de Miracles, une église fondée seulement sur les dons. Sa philosophie dit-il : la puissance et les dons de l’Esprit. Il nous explique aujourd’hui qu’une église qui, autrefois, n’avait pas les dons, était une église morte. Il mettait donc l’emphase sur les guérisons, les délivrances, les prophéties, et autres. Une église qui toutefois ne possédait pas d’équilibre et s’écartait de plus en plus de toutes ses responsabilités. C’est dans l’accumulation de plusieurs achats que l’église commença à s’endetter. Même s’il faut souligner que malgré tout son manque de connaissance et d’ignorance, plusieurs ont été sauvés.  Entre temps, le jeune homme fut averti de la part de Dieu, par la bouche d’un prédicateur de passage chez lui, qu’il allait être mis sur de côté pour un certain temps. Convaincu qu’il était la réponse de Dieu pour le Québec, Samuel répliqua avec tellement d’audace : «Qu’est ce Dieu va faire sans moi et qu’est ce qui arrivera à l’église». Le prédicateur lui répondit : « J’ai une bonne nouvelle pour toi Samuel. Ce n’est pas ton église mais celle de Jésus »

Son abandon

Le jeune Samuel commença à succomber sous le fardeau de la pression financière et se trouva dans l’obligation de laisser l’église pendant quelques temps dans le but de trouver un emploi et lui permettre de rembourser toutes ses dettes. Il mit deux de ses diacres en charge de l’église durant son absence. Il entra dans un corps de police d’Hydro Québec, à Manicouagan, loin de sa famille, loin de l’église et complètement retiré de la civilisation.

Plus tard, il reçut une lettre de son église lui annonçant qu’un de ses diacres prenait maintenant la succession de l’église. Samuel fut alors très déçu et tellement mécontent qu’il décida de renier son appel, de ne plus jamais entendre parler de l’église et du ministère. Il jeta en l’air toutes ses Bibles, ses livres d’étude et ses commentaires bibliques pour ne plus rien savoir de Dieu. Son épouse, elle, ne cessa d’être fidèle pour le Royaume céleste et préserva une vie d’église constante. Elle priait sans cesse pour son mari et ne perdit jamais la foi en Dieu. Elle était et elle est encore une femme extraordinaire.

Durant plusieurs années, loin des choses de Dieu, Samuel entrepris une belle carrière de policier. En l’espace de 5 ans, il gravit les échelons jusqu’au poste d’inspecteur. 

Son désert

Suite à l’arrestation d’un homme pour conduite criminelle et délit de fuite, Samuel fut faussement accusé de l’avoir frappé durant l’arrestation. Ceci obligea le corps de police de le suspendre sans salaire jusqu’au procès. Étant donné qu’il ne pouvait pas se permettre de rester sans ressources financières, il fut muté pour un poste de gardien de nuit dans un endroit extrêmement retiré et perdu, dans le bois de la Manicouagan.

Durant ces nuits, il avait l’habitude d’écouter les postes de radios mais dépassé minuit le seul poste qu’il pouvait capter était un poste chrétien. Il fut très réticent face à cela. Une nuit en particulier, il entendit un message chrétien au travers duquel Samuel s’identifiait entièrement. Sous la conviction de l’Esprit Saint, il consacre à nouveau sa vie au Seigneur et ressent une fois de plus un grand fardeau s’enlever et une présence l’envahir pleinement.

Le lendemain, il racontera à son épouse toute cette nouvelle expérience qu’il venait de vivre. Dieu l’avait placé là pour lui parler. Il commença à avoir un grand fardeau pour la province de Québec et plus précisément pour la rive nord de Montréal. Suite à son procès dont il fut acquitté, il reçut un appel pour être transféré à Montréal avec plusieurs promotions. À partir de ce moment là, ce fut un autre Samuel qui revenait dans la région de Montréal.

Son retour

À son retour à Montréal, Samuel continua de travailler tout en fréquentant l’église Evangel, une grande église anglophone située dans le centre ville. L’homme nous explique qu’à cette époque, il ne voulait pas vraiment s’impliquer. Il aimait son travail et désirait demeurer un bon policier chrétien et ne pas être prédicateur. Comme cette église avait pour objectif d’offrir des études pour adultes avant chaque assemblée, le pasteur l’approcha afin qu’il débute une classe d’enseignement. Il a accepté la proposition et le premier dimanche, quatre personne se présentèrent au cours, il en vint six le deuxième, dix-huit le suivant, puis vingt quatre le quatrième dimanche. Samuel devait se résigner à l’idée qu’il ne pouvait pas fuir la faveur de Dieu sur sa vie : il était comme victime de son appel. Il a été par la suite responsable des jeunes couples de cette même église et le même phénomène se produisit, il vit une expansion extraordinaire.

Un nouveau départ

Ayant toujours eu un fardeau particulier pour la rive nord de Montréal, Samuel décida de débuter, en 1976, entouré de quelques personnes, une église anglophone à Deux Montagnes avec l’appui et le support de l’église Evangel. Tout en continuant son travail dans le séculier, il trouva une salle communautaire comme lieu de rassemblement pour les assemblées du dimanche matin. Aidé de son fils Mark, ils arrivaient tôt avant chaque rassemblement pour sortir de nombreuses caisses de bière et nettoyer les lieux. Ceci dura deux années dans lesquelles ils vécurent une croissance fulgurante atteignant un nombre de 175 personnes.

C’est en 1978 que l’homme de Dieu démissionne de son poste de détective pour se consacrer à temps plein pour le ministère. C’est en cette même année qu’il fut ordonné par les Assemblées de la Pentecôte du Canada. Il devient alors Révérend Samuel Lecompte, plus connu sous le nom de Pasteur Sam.

L’Église Évangélique de la Rive Nord

Dans cette même année, lui et son groupe de cent soixante quinze personnes quittèrent Deux Montagnes pour bâtir une l’église à Saint Eustache, pouvant asseoir environ 250 personnes. C’était le début de l’Église Évangélique de la Rive Nord. Ayant dans son assistance quelques francophones, Pasteur Samuel Lecompte décida de débuter des réunions spécialement conçues pour eux. C’est en février 1979 qu’eut lieu la première réunion française comprenant 6 personnes rassemblées autour d’une table dans le sous-sol de l’église. Ce fut une explosion totale. Le groupe francophone ne cessa d’augmenter et l’église devint très vite bilingue, possédant deux services adaptés pour chacun des groupes. Pendant 7 ans, ils déménagèrent dans plusieurs endroits de la rive nord de Montréal. Mark Lecompte explique : « On a déménagé cinq ou six fois; de Saint-Eustache à Deux Montagnes, en passant par Chomedey et même par une cabane à sucre »

C’est en 1990 que Samuel Lecompte et son assemblée entreprennent la construction d’un grand bâtiment, sur le bord de l’autoroute 13, une salle pouvant  asseoir 1200 personnes. Cette croissance fut tellement explosive que même les médias en sont restés étonnés et ont approché l’homme de réveil, afin de connaître et comprendre le phénomène. Le 12 Août 1995, un article parut dans La Presse de Montréal racontait : « L’Église Évangélique de la Rive Nord est née à Saint-Eustache à la fin des années 70 lorsque six francophones se sont joints à un groupe pentecôtiste anglophone. Rapidement, la section française a pris de l’expansion au point  où les deux groupes ont dû se séparer ». En effet, c’est en 1993 que le groupe anglophone s’est séparé et que l’église Laval Christian Assembly, débuta à Chomedey. L’Église Évangélique de la Rive Nord devint alors uniquement francophone.

Pendant ce temps, La Presse de Montréal écrit encore : « L’Église Évangélique de la Rive Nord loge depuis 1990 dans un bâtiment d’une valeur de trois millions de dollars le long de l’autoroute 13, tout près du boulevard Dagenais. L’édifice comprend des bureaux, des salles de classe, une cuisinette, un ouvroir ainsi qu’une salle polyvalente pouvant accueillir 1100 personnes et qui, pour l’instant, sert à la fois de sanctuaire, de gymnase et de salle de banquet. Le pasteur fondateur Samuel Lecompte est fier de sa communauté, « la plus grosse Église protestante francophone créée sans aide extérieure ». Les 800 000$ de mise de fonds nécessaires à la construction et l’achat du terrain de 250 000 pieds carrés par les seuls membres de la communauté, dit-il.»

Des centaines et des centaines de personnes se bousculent à l’entrée de l’église de Samuel Lecompte pour des réunions dynamiques, percutantes, remarquables et imprégnées par le ministère et la prédication d’un homme passionné.  Lorsque les médias lui demandent le pourquoi de ce phénomène, il répond : « On ne force personne à venir. Mais quand les gens nous voient heureux et transformés, ils ont envie de se joindre à nous ». Cette fois-ci, ce n’est pas une église qui se construit sur la personne d’un homme mais sur la personne de Jésus Christ, Lui-même, et sur les fondements des Saintes Écritures. Plusieurs se convertissent, donnant leur vie entière à Dieu.

L’Église Évangélique de la Rive Nord devient alors témoin d’un mouvement divin et d’un réveil spirituel dans lequel une foule entière expérimente le salut, la guérison, la délivrance, l’équilibre et l’épanouissement en Jésus. Mark Lecompte témoigne aujourd’hui que ce phénomène de croissance fut marquant dans sa vie. Ce que tout pasteur espère vivre ici bas, son père était en train de le vivre. Il n’oubliera jamais l’effet de croissance qui se produisit sans cesse dans l’église de son père Samuel, atteignant des records jamais encore réalisés.

Dans la deuxième partie de ce témoignage, je vous raconterai le témoignage personnel de Pasteur Sam, depuis son enfance jusqu’à la conversion et je vous parlerai des fruits de son ministère. Beaucoup de chrétiens francophones en bénéficient encore aujourd’hui.

Que Dieu vous bénisse !

Laurent Fabregues


Laurent est étudiant en 2ème année de baccalauréat en théologie pratique à l’Institut Biblique du Québec. Il est aussi pasteur de Jeunesse à l’EERN depuis janvier 2003 auprès d’une centaine de jeunes. Conducteur de louange, auteur, compositeur, il a réalisé 1 CD, Transition. Il est originaire de Corse et marié à Marie-Eve, une québécoise, depuis 2002.

 



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