Garder les balances en équilibre (1)

Garder les balances en équilibre (1)

L’année dernière, à la veille de sa mort, l’attitude de mon père était étrange. Juste avant d’aller se coucher, il pénétra dans la boutique où il avait commercé pendant plus de 60 ans, et il écrivit une note sur un autocollant Post-it, qu’il accrocha bien en vue sur le comptoir, avec une épingle à nourrice. Cette note disait ceci : « Proverbes 11 ; 1 – L’Ecclésiaste 1 ; 2 ». Lorsque nous regardâmes ces versets dans la bible, ils confirmèrent les principes qui avaient toujours façonné l’attitude de mon père en affaires. Proverbes 11 ; 1 : « La balance fausse est en horreur à l’Eternel, mais le poids juste lui est agréable ». L’Ecclésiaste 1 ; 2 : « Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité »

Ces derniers temps, le monde entier a été choqué par cette vague de fraudes découvertes dans les états financiers de certaines des plus grandes sociétés américaines, où les chiffres ont été trafiqués pour gonfler les résultats. Cela a causé des pertes se chiffrant en milliards de dollars, touchant les petits investisseurs qui espéraient un rendement leur assurant une retraite confortable, tout autant que ceux qui avaient investis dans du capital spéculatif.

Certaines entreprises brésiliennes ont aussi eu un comportement questionnable, dans une autre sorte de balance : la mesure des quantités vendues aux consommateurs. Certains paquets qui contenaient auparavant un kilo de marchandise étaient changés pour n’en contenir que 900 grammes, sans que le prix en soit modifié. D’autres paquets qui contenaient trois unités étaient maintenant vendus par ensembles de cinq, mais avec un prix multiplié par deux. Ce genre de comportement était toléré lorsqu’il était pratiqué à petite échelle, mais cette pratique trompeuse s’est à présent incroyablement répandue. Comment peut-on rétablir la confiance dans nos balances – qu’elles soient financières ou quantitatives ?

Une balance, c’est une mesure d’évaluation, une façon de jauger la réussite. Pour cette raison, certains de nos contemporains en sont venus à manipuler des états financiers, afin de donner une meilleure image de leur entreprise. L’orgueil et la vanité ont corrompu le milieu des affaires et des professions libérales. Le besoin de faire la une des magazines les plus réputés, ou d’être honoré comme le meilleur de l’année, de recevoir les acclamations… tout cela a entraîné des leaders bien connus à violer sciemment les principes d’éthique et à abandonner toute attitude morale. Lorsqu’il s’est adressé au congrès américain, en juillet dernier, Alan Greenspan – président respecté de la Réserve Fédérale – a conclu ainsi : « Une cupidité infectieuse semble avoir envahi une bonne partie de la communauté des gens d’affaires. Même nos gardiens historiques de l’information financière ont été dépassés par les évènements ».

La leçon pratique que j’ai retirée de la dernière note de mon père, c’est que sa « balance » dans les affaires était liée à la relation personnelle qu’il avait avec Dieu. Quand le principe numéro 1 c’est de ne pas tromper Dieu, la question de tromper son voisin ne se pose même pas. Etant motivé par son engagement envers Dieu et par Ses standards, les poids et mesures de mon père étaient justes. Un kilo ça pesait un kilo, et un mètre ça mesurait un mètre. Sa motivation n’avait pas sa source dans la peur d’un contrôle par les inspecteurs de l’Etat, mais plutôt dans son profond désir de plaire à son Dieu.

Il y a une nouvelle blague sur Wall Street, racontée par un important magazine brésilien : « Celui qui possédait il y a un an 1.000 $ en actions de Nortel, jouit à présent de 49 $. Le même 1.000 $ en actions de Worldcom vaut aujourd’hui 5 $. Si, à la place, la même personne avait acheté pour 1.000 $ de cannettes de bière, puis bu leur contenu et revendu les cannettes à une entreprise de recyclage, elle disposerait maintenant de 214 $. Ainsi donc, la nouvelle morale du capitalisme devrait être : Buvez sans arrêt et recyclez. »

Jésus a cependant enseigné une bien meilleure morale à notre communauté de plus en plus globale de gens d’affaires : « Que votre oui soit oui et votre non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. » (Mathieu 5 ; 37). Notre bon comportement ne devrait pas être fonction d’audits stricts, d’inspections ou de lois sévères, mais plutôt le fruit d’une relation personnelle profonde et croissante avec Dieu. Voilà la base la plus sûre pour jouir de relations commerciales profitables, sûres et durables – depuis toujours et sous toutes les latitudes.



© MANNE DU LUNDI est un article hebdomadaire de CBMC INTERNATIONAL, un ministère évangélique à but non lucratif qui a pour objet de servir les gens d’affaires et les professionnels qui veulent suivre Jésus, de présenter Jésus-Christ en tant que Seigneur et Sauveur auprès des autres gens d’affaires et professionnels.

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