Jésus pleura...

Jésus pleura...

Voici le plus petit verset de la Bible; une très courte phrase avec juste un sujet et un verbe. Mais quel sujet et quel verbe !

Lors de son ministère de grâce et de miséricorde, le Seigneur Jésus a souffert de la part des hommes et pour les hommes. Son cœur s'est ému à plus d'une reprise. Il souffrait de voir sa créature si bas tombée dans le péché et sous les conséquences de celui-ci. Son cœur saignait en voyant toute la misère qu'avait amené le péché dans le monde. De plus, il voyait son peuple terrestre comme un troupeau errant sans berger et conduit par des aveugles orgueilleux.

Pour son amour, la haine lui fut rendue (Psaume 109.5). Il fut haï sans cause (Psaume 69.4) si ce n'est celle d'avoir mis en lumière les ténèbres épaisses des cœurs. Les hommes ne purent supporter la vue d'un homme parfait, cela les condamnait sûrement. Ainsi, s'il vint chez les siens, Il fut rejeté (Jean 1.11) et fut tel un étranger à ses frères et un inconnu aux fils de sa mère (Psaume 69:8).

Il fut solitaire (Psaume 102.6-7) et incompris dans un chemin d'obéissance qui le conduisait résolument vers Golgotha où il rencontra seul la justice de Dieu et en paya le plein prix pour sauver sa créature.

Nous entrevoyons quelque peu que le sommet inaccessible de la souffrance de Jésus fut bien les douleurs de la croix; non pas tant celles, déjà terribles, qu'il a endurées de la part des hommes, mais celles qu'il a subies en regard de la colère de Dieu contre le péché, contre nos innombrables transgressions (Esaïe 53.4-5).

Mais à côté des souffrances indicibles et expiatoires de la croix, Il fut « l'homme de douleurs » durant tout son ministère à la fin duquel il pleura sur Jérusalem; cette ville qui après l'avoir acclamé comme fils de David le rejeta en criant au procurateur romain: «Crucifie-le!». Jésus sortit donc de Jérusalem en portant sa croix vers le mont Golgotha où Il s'offrit en sacrifice à Dieu pour notre salut.

Venons-en à ce court verset en tête de ce message. Il se trouve au chapitre 12 de l'évangile selon Jean. En lisant ce passage de la Bible, nous y trouvons le cœur et la puissance de Dieu en face de la douleur et de la mort de sa créature comme conséquence du péché.

Lazare, celui que Jésus aimait, son ami, était malade à la mort. Et ses sœurs prirent soin d'avertir celui en qui elles avaient une totale confiance. Jésus, qui sans nul doute affectionnait Lazare, décida alors d'attendre quelques jours avant de venir au chevet de son ami. Patienter alors qu'il y a urgence? Combien l'homme qui ne regarde qu'aux apparences peut se méprendre sur les motifs du cœur!

Ainsi, Jésus arriva avec ses disciples alors qu'il est trop tard ... irrémédiablement trop tard pour la pensée humaine, mais au moment opportun pour l'infinie grâce de Dieu. Les sœurs pleuraient, les amis, les proches, tous étaient dans la peine. C'était une scène de deuil comme on en voit encore tous les jours. La mort frappe inexorablement. Et tout homme réalise son impuissance contre ce qu'il redoute le plus. Mais cette peur reste stérile et funeste si on ne se tourne vers la cause et le salut divin offert. Car les gages du péché, c'est la mort; mais le don de grâce de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur (Romains 6.23)

Jésus frémit en son esprit. Il fut troublé à la vue d'un tel désarroi. Il pleura…

Pourtant, Il savait qu'il allait ressusciter son ami Lazare. Il avait d'ailleurs tardé avant de répondre à l'appel des sœurs en déclarant que cette maladie était à la gloire de Dieu. Son trouble et ses pleurs étaient pour sa créature placée sous la condamnation prononcée en Eden : « Tu mourras certainement ».

Il pleura également pour ceux qu'il aimait, pour ceux qui lui étaient chers et qui étaient dans une grande souffrance. 

Il pleura parce que ceux qui entouraient la famille endeuillée pleuraient.

Il pleura pour sa créature sortie parfaite de ses mains et qui, avilie par le péché qui la rongeait, était entraînée vers la mort. 

Il savait bien qu'il était venu pour apporter le salut de Dieu par sa mort et sa résurrection. C'était justement ce qu'il avait annoncé à Marthe peu avant; à savoir qu'il était et qu'il est la résurrection et la vie éternelle.

Jésus savait qu'il allait bientôt donner sa vie en sacrifice pour le péché, en holocauste tout entier pour Dieu, en offrande pour le péché. Et cela nous amène aux sacrifices du Livre du Lévitique qui nous sont donnés comme « types » de la personne et de l'œuvre de Christ.

Ces sacrifices (lire Lévitique 1 à 7) institués autrefois par Dieu pour la sacrificature aaronique sont des « figures et des ombres » de la nouvelle sacrificature, selon l'ordre de Melchisédec, que le Seigneur allait établir, une fois pour toutes, par le don de lui-même.

Par cette sacrificature d'un ordre nouveau, parfaite et donc infiniment plus élevée, nous sommes approchés de Dieu par le sang précieux de Jésus Christ qui s'est offert en offrande à Dieu pour le salut des hommes (lire l'épître aux Hébreux). 

Nous parlerons brièvement en rapport des souffrances liées aux pleurs de Jésus à la mort de Lazare. Celles-ci nous sont décrites comme « ombres » au chapitre 2 du livre du Lévitique dans l'offrande de gâteau; une offrande faite de fleur de farine, d'huile et d'encens.

 

La parfaite humanité de Christ nous est ainsi « présentée » dans cette farine raffinée issue du « divin grain de blé » (Jean 12.24). L'huile, image du Saint-Esprit, nous montre le seul homme qui a marché pleinement selon l'Esprit dont il était « pétri ». Et l'encens nous parle d'un parfum excellent aux narines de Dieu issu d'une vie d'obéissance jusqu'à la mort de la croix.

L'offrande de gâteau était une chose très sainte, une odeur agréable à l'Eternel, un sacrifice continuel; et telle fut la vie de perfection de l'homme Christ Jésus.

Nous lisons dans ce chapitre que ce sacrifice pouvait être préparé de trois manières différentes: cuit au four (verset 4), cuit sur la plaque (verset 5), cuit dans la poêle (verset 7). Ce sont là les souffrances de Jésus dans son chemin de douleurs qui le conduisait à Golgotha.

La cuisson au four nous parle des souffrances cachées, à l'abri des regards, de ce que Christ endura en voyant le rejet dont il était l'objet, en constatant combien le péché régnait sur les cœurs et dans les vies. Il était Saint. Et si son Amour le faisait aller au devant de tous sans acception de personne, il ne restait pas moins qu'il souffrait devant l'iniquité et ses terribles conséquences envers tous les hommes. Dans ces douleurs cachées, il y avait également les souffrances par anticipation, quand, connaissant toutes choses à l'avance, il souffrait de ce qui était devant lui, ces heures ténébreuses sur la croix où il allait être frappé par la justice divine. Nous pouvons également y ajouter les souffrances dans le fait qu'il savait, tout au long des son ministère, que Judas allait le trahir. Et pourtant il aimait Judas ... qui a eu à sa disposition la même grâce que les autres disciples.

Il fut solitaire et incompris, même de ses disciples qui ne pouvaient saisir ces choses cachées.

La cuisson sur la plaque nous montre ses souffrances visibles pour tous les hommes. Méprisé, rejeté, accusé, rien ne lui fut épargné. Pourtant, par-delà cette haine, il poursuivit son ministère de grâce jusqu'au bout, jusqu'à cette croix où, cloué à la vue de tous dans la honte et dans de très grandes souffrances, il demanda encore le pardon pour ses bourreaux.

La poêle nous donne l'image d'un cercle plus restreint, plus confiné, ayant un rebord, des limités déterminées. Le Seigneur a souffert pour les siens, ses disciples, ses chers amis de Béthanie, ces femmes pieuses qui l'assistaient de leurs biens. Il a souffert pour tous ceux qui aimaient sa présence, celle du Nazaréen. Lazare était donc dans ce cercle, et Jésus pleura avant de le ressusciter d'entre les morts. Et si Lazare a de nouveau connu la mort physique par la suite, il est vivant à jamais en Christ.

Si Christ a souffert pour les siens, il verra demain le fruit du travail de son âme et en sera éternellement satisfait (Esaïe 53.11). Quelle joie après les pleurs, quand il sera alors glorifié dans ceux qu'il a sauvés!

Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes. Psaume 126.5-6

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