Quand les mots vous manquent

Quand les mots vous manquent
Voilà trois jours que je tourne en rond, à me demander ce que je vais lui dire !
Trois jours à réfléchir comment l’aborder, comment la regarder ! Elle lui a quand même donné une claque et ça, c’est grave. Je ne peux laisser passer la chose, cette maîtresse mérite sanction : elle a touché à mon enfant.

Mon fiston m’avait raconté l’histoire le vendredi en rentant de l’école. La cloche avait sonné. Il devait se ranger, mais son copain lui a demandé de monter sur son dos. Arrive alors la maîtresse de surveillance qui demande aux enfants s’ils ont bien entendu la sonnerie.
Je lui ai dit « je sais » tout gentiment, me raconte mon garçon, « et elle m’a donné une grosse claque ».

Trois jours, trois longs jours à attendre pour éclaircir cette histoire.
Et voilà le moment venu : nous sommes lundi midi, j’attends tendue devant la grille de l’école. Une jeune femme se dirige vers moi, elle semble attendre ce moment comme moi, mais elle ne tremble pas comme moi .
Mon enfant a été insolent, oui je l’admets et ne conteste pas la punition écrite qu’il a du rendre. N’y a-t –il rien de plus ? Ce geste en trop dont m’a parlé mon enfant ?
Une gifle ? Quelle gifle ?
Je regarde mon garçon, puis la maîtresse, puis mon garçon qui chuchote doucement :
« J’avais si peur que tu me grondes pour la punition »
Soudain, le monde s’écroule autour de moi, et je réalise en l’espace de quelques secondes, le mensonge de mon enfant.
Un mot de trop m’a fait basculer dans un scénario tellement complexe !

Rouge de colère, je m’empare de mes 4 enfants, et file en direction de la maison.
Je suis dans un tel état que je n’autorise plus personne à me parler. Le coupable en question est aussitôt envoyé dans sa chambre, mais je ne me calme pas pour autant.
Je suis tellement déçue et en colère, touché dans mon orgueil de mère, dans ma confiance, blessée d’avoir été ainsi trompée.
Je tourne en rond comme une lionne en cage, non en rage !

Tout à coup, j’entends Sa voix : "Viens, viens m’en parler. Viens mon enfant, viens avec ta rage, viens me parler."
J’accepte alors cette invitation, malgré ma colère. J’entre dans mon bureau et m’assieds, toute nerveuse sur le canapé.
« Seigneur, je suis en colère, mon fils m’a menti, à moi sa mère !
Voilà trois jours que je tourne mon esprit dans tous les sens pour savoir comment résoudre ce problème. Si je lui dis ma déception avec toute la colère qui est en moi, je vais casser quelque chose en lui. Je vais être si odieuse, si méchante tellement il m’a blessée. Donne-moi les bons mots, calme ma rage, ma colère, que cette situation puisse nous servir à quelque chose. »

Je ressors quelque peu apaisée, mais toujours nerveuse, en attente de l’action divine.
Il faut que je m’occupe des autres sans leur faire subir ma colère. Seigneur, aide-moi à leur parler, gentiment, paisiblement.

Mon garçon mangera ce jour-là dans sa chambre. Une demie- heure a passée depuis que nous sommes rentrés, je me sens beaucoup plus calme et tente alors de rétablir le lien, mais à peine entrée dans sa chambre la blessure s’ouvre à nouveau.
Je m’assieds alors en face de lui, par terre, à son niveau et lui demande de me raconter.
Avec tremblement, il me raconte alors l’histoire de ce mensonge, ses craintes. Nous avons un moment d’une rare profondeur dont je me souviendrais certainement toute ma vie. Il s’est humilié et j’ai pu lui pardonner ce qui aurait été impossible pour moi une heure avant.
Dieu m’a donné les mots pour relever mon garçon et non pour l’abaisser. En même tant Il m’a relevée et m’a montrée qu’aucune situation n’est désespérée. Merci Seigneur.
Mon enfant a pu aller s’excuser auprès de l’enseignante en cause et vivre ainsi l’expérience du pardon et de la joie qu’elle procure.

                                                                                    en partenariat avec : www.famillejetaime.com

Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

4 commentaires