Relations Pasteurs/Chrétiens: Supériorité ou Amitié ?

Relations Pasteurs/Chrétiens:  Supériorité ou Amitié ?

Je me souviens d’un temps «que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ...» comme dit le chansonnier, où je passais une année sous les drapeaux à servir ma Nation.

 

J’avais été affecté dans le corps des «scientifiques du contingent» qui faisait de nous, simples appelés, des chercheurs ou professeurs pendant notre année d’armée, grâce à notre niveau d’études dans le civil.

 

Durant les premières semaines, nous étions des «troufions» comme les autres, passant le plus clair de notre temps à nous ennuyer; jusqu’à ce que nous soyons envoyés dans nos unités respectives. Une fois arrivés sur la base, je me souviens d’un Commandant qui nous prit à part pour nous donner quelques instructions particulières à notre rang:

 

Nous étions assimilés à des Aspirants, quoique n’en ayant pas le salaire, seulement l’uniforme, parce que nous donnions des cours à des sous-officiers. 

 

Cet homme, avec le plus grand sérieux, nous enseigna donc qu’à partir de maintenant, il n’était plus question pour nous de laisser un quelconque matelot ou autre personnel sur la base, quel que soit son âge, nous tutoyer. 

 

Nous étions de part nos fonctions, des officiers, il nous fallait apprendre à garder nos distances avec toute personne ne partageant pas notre rang, et à faire respecter notre grade à tout prix. Sinon, sans doute aurions-nous fait, selon lui, courir un risque d’anarchie ? !

 

Pourquoi parler de cela ?

 

A cause de plusieurs commentaires sur certains de mes articles, ainsi que de remarques entendues lors d'entretiens avec de jeunes couples pastoraux en formation, qui nous firent la confession suivante: «Nos formateurs nous ont dit qu’il ne nous était pas possible d’avoir des amis dans les églises où nous servirions le Seigneur. Qu’il ne nous fallait pas prendre le risque de nous confier à des croyants, que ce serait trop dangereux, que nous perdrions notre autorité... alors nous sommes seuls, nous ne nous confions à personne et ne pouvons compter sur aucune écoute des membres de l’assemblée.» 

 

Du côté desdits membres des églises, le son de cloche est le même: «Les pasteurs, quand on leur demande comment ils vont, ils nous disent toujours que «tout va bien», même quand nous nous rendons compte que cela n’est pas vrai ! Pour qui nous prennent-ils ?» Les croyants ressentent un manque de confiance de leurs pasteurs vis-à-vis d’eux, ils s’estiment mis de côté, voire infantilisés.

 

Pourquoi cette différenciation, voire même cette ségrégation, de la part de certains couples pastoraux ? Est-elle fondée sur l’Ecriture ? Répond-elle à un vrai danger pour leur autorité spirituelle ? Est-il vrai qu’il leur soit impossible de devenir amis avec des membres de leur assemblée ?

 

J’entendis même une fois un pasteur à la retraite, me confier à peu près que «d’adultes dans les églises, il n’y avait que les pasteurs, les croyants ne pouvant être tout au mieux, que des adolescents» (entendez par là, spirituellement). 

 

En somme dans son esprit, il était impossible aux croyants d'entendre certains problèmes sans immédiatement être, soit en danger de perdre la foi, soit de ne plus respecter l’autorité des bergers. Les couples pastoraux étaient donc, tels des parents attentifs, responsables de digérer les informations et de choisir ce que leurs enfants "fragiles", pouvaient savoir ou pas...

 

Nulle part dans le Nouveau Testament, nous ne trouvons une telle différenciation spirituelle entre chrétiens et ministères de la Parole. Exigence de respect, OUI. Soumission OUI, mais mutuelles !

 

Par contre, cette barrière n’est pas sans rappeler le régime de l’ancienne alliance:  Celle de la prêtrise lévitique ! 

 

A ce moment là, OUI, il était fait une distinction entre les prêtres, issus de la tribu de Lévi, et le reste du peuple. Il n’était permis qu’à eux seuls de se tenir dans le temple devant Dieu pour le servir, et une fois par an, au Souverain Sacrificateur, d’entrer dans le lieu Très Saint ! En ce temps-là, les prêtres étaient les seuls intermédiaires entre Dieu et les hommes.  Mais est-ce ainsi que Christ a établi les ministres de la nouvelle alliance ?

 

NON, il n’y a plus de prêtrise au sens lévitique dans l’Eglise. Nous sommes tous et toutes un peuple de sacrificateurs! (Apocalypse 1:6). En véhiculant ce genre de concepts, certains responsables d’églises courent le danger de spirituellement recoudre le voile du temple, déchiré par la mort de Christ à la croix, faisant croire aux membres de l'église que les pasteurs seuls peuvent comprendre et porter certains fardeaux devant Dieu ! 

 

L’Ecriture instaure une responsabilité des ministres sur le troupeau, pas une supériorité ! A moins que ce ne soit un problème d' orgueil que de ne pas vouloir partager ses problèmes ?

 

OUI, les dirigeants doivent agir avec sagesse quand ils partagent leurs fardeaux, mais NON, ce n’est pas perdre leur autorité spirituelle que de partager leurs sujets de prière et d’être proches des croyants, au contraire !  Le peuple de Dieu ne se sentira que plus aimant de ses bergers en les voyant partager les mêmes combats. Ils seront plus enclins à prier avec eux et pour eux, ainsi qu'à respecter leur autorité empreinte d'amour et d'humilité!

N'est-ce pas l'exemple que Jésus laissa à ses disciples ?

 

Quel parent se réjouirait de ne jamais voir son enfant entrer dans l’âge adulte ? A l’instar de Jean, nous pouvons dire «qu’il n’y a pas de plus grande joie que de voir nos enfants vivre dans la vérité» (3 Jean 4).

N’est-ce pas là le coeur de Dieu pour chacun de nous?

 

Souvenons-nous de ces versets:

 

«Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris».  Jacques 5:16

 

«Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d'une nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal». Hébreux 5/12-14

«Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. C'est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s'édifie lui-même dans la charité». Ephésiens 4:11-16


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A l’heure où le mot « sexe » est utilisé pour vendre tout et n’importe quoi et que beaucoup se posent des questions sur comment aborder le sujet en couple, en famille et même entre amis, Rachel Miquel Dufour nous offre une vision de la sexualité équilibrée, avec un angle novateur… Sexualité et spiritualité pourraient donc être associées (?!). Découvrez "Hourra pour le va-jay-jay" (en partenariat avec Paul et Séphora)

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