Religieux ou spirituel : les différences N° 28

Religieux ou spirituel : les différences N° 28
Nos murs nous isolent et le diable en est très satisfait !

Jésus, en parlant de boisseau*, a expressément enseigné que ses disciples ne devaient pas se cacher, mais éclairer et saler la terre. Les tout premiers chrétiens à Jérusalem se retrouvaient dans la galerie à colonnes de Salomon, un endroit abrité mais non fermé. Leurs chants, leurs messages et surtout leurs vies saintes produisaient deux effets en apparence contradictoires, mais tellement riches en enseignement pour nous: «Personne d'autre n'osait se joindre à eux, et pourtant le peuple les estimait beaucoup. Une foule de plus en plus nombreuse d'hommes et de femmes croyaient au Seigneur et s'ajoutaient à leur groupe.» (Actes 5:13-14) La présence de Dieu en cet endroit forçait le respect de chacun, tout en attirant puissamment ceux qui voulaient le rencontrer.

Dans les pays chauds, une rencontre sous un manguier est, à mon avis, infiniment plus sympathique que celle dans une chapelle sombre et suffocante. Les amis non-chrétiens et les amis des amis s'y arrêteront volontiers. Une fois enfermés, avec une pancarte sur laquelle le nom de votre dénomination est inscrit, franchir la barrière pour vous rejoindre est plus qu'intimidant et, pour les membres de certaines religions, formellement interdit. C'est ainsi que beaucoup de communautés connaissent, à leurs débuts, une forte croissance dans la joie et la simplicité, puis stagnent et se fanent dès que leur chapelle est construite. Leur visibilité et leur accessibilité sont des éléments contagieux, missionnaires, alors que leurs murs communiquent à la population : «Club pour initiés.» S'aimer, se reconnaître comme membres et être fidèles à une communauté locale n'est pas obligatoirement lié à un bâtiment d'église. La création tout entière est le lieu de vie et d'adoration idéal.

Certains diront: «Et quand il pleut ? » Quand il pleut, dans ces pays, la plupart des chrétiens ne se déplacent pas, ni sous le manguier ni à l'église. Quand il pleut, pourquoi ne pas se retrouver chez deux ou trois anciens, c'est-à-dire dans les maisons comme le faisaient les premiers chrétiens ?
Bien entendu, quand la communauté grandit encore, le besoin d'un lieu plus vaste devient légitime. Il faudrait cependant que la force de la communauté, son rayonnement et ses amitiés extérieures produisent un élan tel que la structure choisie ne puisse plus l'endiguer. Le lieu, loué ou construit, sera ainsi perçu dès son origine comme un simple outil et le restera. On évitera à tout prix d'en faire un monument fermé à nos concitoyens.

A ce propos, considérons le dérapage qui s'est produit entre l'inauguration du temple par le roi Salomon et l'attitude de la foule qui, plusieurs siècles plus tard, soupçonne Paul d'y avoir introduit un Grec, et essayons, pour une fois, d'apprendre de l'Histoire :

- «Si alors un étranger, quelqu'un qui ne fait pas partie d'Israël, ton peuple, vient d'un pays éloigné pour te prier dans ce temple, toi, Seigneur, dans le ciel où tu habites, sois attentif et accorde-lui ce qu'il demande.»
- «Israélites, au secours ! Voici l'homme qui donne partout et à tous un enseignement dirigé contre le peuple d'Israël, la loi de Moïse et ce temple. Et maintenant, il a même introduit des nonJuifs dans le temple et ainsi rendu impur ce saint lieu !» (1 Rois 8:42, Actes 21:28)

De toute évidence Salomon avait, sur cet édifice, un regard spirituel (celui de Dieu); alors que la foule, animé d'une grande violence, n'avait plus qu'un regard religieux (celui des hommes). Dieu honorera la prière de Salomon, mais devra protéger Paul d'un lynchage ...

A suivre : deux expériences, concernant des choix de lieux de rencontre, que j'ai vécues de près; la première est discutable et la seconde réussie...

* Mesure de capacité de contenance variable suivant les pays. Mettre quelque chose sous le boisseau signifie cacher la vérité.



Mise en page de Marianne Dubois

Carlo Brugnoli est disponible pour enseigner dans votre groupe de jeunes, votre église, votre région. Cet enseignement est gratuitement à votre disposition en vidéo sur le site :
www.carlobrugnoli.net



Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

4 commentaires