Se battre pour quelqu'un d'autre !

Se battre pour quelqu'un d'autre !
"Si tu offres à l'affamé ce que tu désires toi-même, si tu rassasies l'appétit de l'indigent, ta lumière se lèvera sur les ténèbres, et ton obscurité sera comme le midi." Ésaïe 58.10

Dans l’une des dernières scènes du film « 58: », le spectateur découvre une Église située dans un quartier pauvre de New York. Cette assemblée est elle-même très active dans le domaine social. Le jeune prédicateur Chris Durso lance à son auditoire :

Certains d’entre vous implorent le Seigneur depuis si longtemps et vous vous demandez pourquoi il ne vous répond pas. C’est qu’il veut que vous sortiez de vous-mêmes, que vous mettiez vos propres luttes, vos doutes, vos blessures et vos douleurs de côtés et que vous vous battiez pour quelqu’un d’autre, que vous priez pour lui. Parce qu’il a promis : si vous priez pour eux, alors il vous rencontrera. Si vous allez vers les autres pour faire face à leurs problèmes, alors vous verrez la gloire de Dieu se manifester dans votre propre vie.

Ce message est expressément adressé à des personnes qui se débattent avec beaucoup de problèmes non résolus. Il leur dit en quelque sorte : faites un pas vers votre prochain. Cette recommandation est sans doute l’une des plus difficiles à entendre et à accepter. Notre priorité est souvent de mettre un terme à ce qui nous fait souffrir. Le reste viendra après.

Or il se trouve d’une part que les priorités de Dieu pour nous sont différentes : Lui veut que nous apprenions à L’aimer de tout notre cœur et notre prochain comme nous-mêmes et ainsi que nous ressemblions au Christ ; et d’autre part en acceptant les priorités de Dieu, nous nous engageons précisément sur un chemin de bonheur.

Comprenons bien ce dont il est question ici : il ne s’agit pas de trouver son épanouissement dans le fait de s’ouvrir aux besoins des autres ou de compenser pour ses propres manques en se rendant utile à son prochain. Ce qu’il nous est demandé est plutôt de faire le bien, même si ça ne semble pas devoir nous rapporter quoi que ce soit, en nous appuyant sur cette vérité que Dieu ne nous fera pas défaut dans les choses nécessaires. Et au temps voulu la lumière viendra pour nous.

L’interpellation du pasteur Chris Durso pourrait-elle nous aider à trouver la bonne manière de mettre en pratique Ésaïe 58 aujourd’hui ? Je crois que oui. Les critiques particulières que le prophète adresse au peuple d’Israël sur sa manière de pratiquer le jeûne ne correspondent peut-être pas aux défauts qui caractérisent la plupart d’entre nous, mais l’égocentrisme dénoncé par Ésaïe (voir les versets 3 et 13 d’Ésaïe 58) n’a pas changé. Nos propres désirs, nos propres affaires, nos propres souffrances occupent bien souvent l’essentiel de nos pensées et expliquent la plupart de nos actions.

Il y a aujourd’hui, beaucoup de personnes qui ont besoin qu’on se batte pour elles. Comme au temps du prophète Ésaïe, nombreux sont ceux dont les besoins de base ne sont pas satisfaits, nombreux sont ceux qui sont opprimés par plus forts qu’eux. Mais partout dans le monde, des chrétiens sont à l'oeuvre pour se mettre au service des plus vulnérables et des personnes marginalisées. Saurons-nous les rejoindre ?

Daniel Hillion
Responsable des relations avec les Églises au SEL

SEL
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