Soumission ou obéissance ?

Soumission ou obéissance ?

Si vous me connaissez, vous savez que je puise les idées de thèmes pour mes articles dans notre quotidien. En quelques jours seulement, la discussion autour de la différence entre obéissance et soumission a été abordée plusieurs fois, avec des couples différents.

Bien sûr, le coeur du sujet était par rapport au verset d'Éphésiens 5:22 qui fait souvent polémique.

“Est-ce que mon rôle d’épouse est d’être soumise, donc d’obéir sans comprendre ni discuter, à mon mari ?”

Si vous me connaissez, vous savez aussi que je souris tout particulièrement à ce genre de question qui porte en germe tellement de polémiques…!

À nos yeux, il y a une grande différence entre les deux qui me semblait simple et évidente : La Bible nous dit que “les enfants doivent obéir à leurs parents” (Éphésiens 6:1) et que “la femme doit être soumise à son mari comme l’église l’est à Christ.” (Éphésiens 5:21 et 24). La Bible nous parle aussi d’une soumission mutuelle entre époux (Éphésiens 5:21).

En faisant quelques recherches avant de me lancer dans cet article je me suis rendu compte que la polémique entre obéissance et soumission était énorme !

Les définitions en philosophie des notions d’obéissance et de soumission me semblent même être totalement à l’opposé de celles que je comprends dans la Bible, (par exemple avec l’utilisation du mot soumission lors de l’expérience de Milgram). Bien sûr, je choisis de ne pas développer cet aspect philosophique ici et de ne pas utiliser cette approche quant à ces notions complexes, car là n’est pas mon objectif ici.

Très modestement, je veux partager avec vous mon approche biblique de ces notions et discuter des applications pratiques dans la vie.

Commençons donc par regarder la notion d’obéissance dans la Bible.

L’obéissance est tout d’abord le langage d’amour de notre Dieu :
 

1 Jean 14:15 : “Si vous m'aimez, gardez mes commandements.”

L’obéissance est la clé pour plaire à Dieu. Il ne regarde pas à ce que nous “accomplissons” mais à la manière dont nous Lui obéissons.

Tout comme Jésus dans Philippiens 2:8 : “Il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, …”, nous suivons ses commandements.

Une histoire vraie, que nous racontions à nos garçons quand ils étaient petits, me sert à comprendre l’obéissance :

Un missionnaire expliquait qu’un jour, l’obéissance de son jeune fils lui avait sauvé la vie : il était assis sur le toit d’un camion qui manœuvrait sur le terrain de la mission. Son père observait la scène en souriant… puis soudain, il lui cria un ordre sec, direct, immédiat : “Couche-toi!”. Instantanément, le fils obéit, et… ne fut pas décapité par le haut de la porte du hangar dans lequel le camion entrait tout juste…

C’est comme cela que nous illustrions l’obéissance ( Colossiens 3:20 ) que nous attendions de nos enfants : une exécution instantanée même s’ils ne comprenaient pas. La discussion était absolument ouverte après, mais nous attendions d’eux une obéissance immédiate d’abord.

La soumission est une notion bien différente. Elle implique une idée de partage, d'écoute, de discussion.

La soumission qui nous intéresse ici est au niveau de l’équilibre dans le couple.
 

Éphésiens 5:21-22 : “…vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur.”

Comme vous le savez aussi, je ne suis pas une spécialiste du grec mais en creusant un peu, on s’aperçoit que dans le verset 21, le mot grec utilisé pour parler de la soumission est HUPOTASSOMAI sous sa forme passive. Il est ici associé au pronom ALLÈLÔN qui signifie “les uns aux autres”. Le mot soumission n’est pas présent dans le verset 22 mais il est sous-entendu comme étant lié au mot dans le verset 21.

Il semblerait que dans sa forme passive, le mot soumission insiste sur un aspect volontaire de la soumission qui est recommandée.

Le fait que le mot soumission soit associé au pronom et ne soit que sous-entendu dans le verset 22, induit une idée de paradoxe marquée autour de cette notion de soumission de l’épouse par rapport au mari tout en parlant d’une soumission mutuelle.

Elle parle en fait d’une soumission quand au niveau des fonctions et des rôles qui sont différents dans le couple. Il n’y a nullement une idée d’infériorité de l’un par rapport à l’autre.

Dans le verset de 1 Corinthiens 12:28 : “Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.”, il est très clair que Jésus n’est pas “inférieur” à Dieu mais que leurs rôles sont différents.

La soumission ici est donc d’ordre fonctionnel.

Le passage d'Éphésiens 5 insiste d’ailleurs plus sur la nécessité de travailler sur l’amour de la part du mari vers son épouse (versets 25 à 31) que sur la nécessité de soumission de l’épouse vers son mari (versets 22 à 24).

Concrètement, pour trouver un équilibre dans notre couple, nous discutons des décisions à bâton rompu sans limite pour que ma voix soit entendue et Eric prend la décision finale en prenant en considération ma position. Je m’aligne à sa décision qui devient la mienne.

Il ne s’agit pas d’obéir ici sans comprendre, écrasée par un mari qui aurait “oublié” sa partie de la soumission qui implique un rôle responsable et aimant sur le modèle de Christ envers nous, mais de se soumettre dans l’amour en ayant eu la possibilité de partager son opinion et en faisant le choix ensuite de suivre et de faire sienne la décision du mari.

Il faut aussi se souvenir que le mari rendra compte à Dieu des décisions et des conséquences qui en résultent!

La soumission de l’épouse n’est donc pas une obéissance d’enfant sans comprendre mais bien un acte réfléchi, accepté, partagé, se ralliant à la décision finale de son mari parce qu’elle sait que celui-ci entend et prend en considération l’avis et la sensibilité de son épouse.

Nous avons chacun un rôle à tenir. Oui, le plan de Dieu, dans l’amour et la soumission, est réellement un équilibre et un bénéfice pour les deux parties.

 



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19 commentaires
  • Gwénola Chaudon Il y a 7 mois, 4 semaines

    Merci Rachel pour ce partage intéressant. En faisant mes propres recherches voici ce que j'ai trouvé concernant la forme moyenne ( ni active, ni passive) de Hupotasso "En Éphésiens 5,22, l’auteur écrit : « Les femmes [soyez soumises] à vos propres maris comme au Seigneur. » Le verbe se soumettre ne figure pas dans le texte car il se trouve déjà employé au v. 21 qui dit : « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte du Christ. » Paul emploie le verbe hypotassô. Tassô signifie mettre quelqu’un ou quelque chose à une place déterminée, ranger. Avec le préfixe hypo, à la voix active, cette expression signifie soumettre à, subordonner, placer en dessous. À la voix passive, l’expression signifie devenir sujet de et, à la voix moyenne, tel que c’est le cas dans le passage qui nous occupe, l’expression signifie se soumettre [volontairement]. En écrivant cela à la voix moyenne, l’auteur met l’accent sur l’aspect volontaire de la soumission. Le moyen (grec) s’emploie lorsque l’action est faite dans l’intérêt du sujet ou lorsque l’action est réfléchie. L’expression hypotassomai signifie donc : être fidèle à, être attentif aux besoins de, être un appui, être à la disposition de, et non pas être l’esclave de. L’apôtre demande aux épouses de partager les fardeaux et de collaborer en tout avec leur mari. C’est ce qu’exprime aussi le verbe hypotassomai. Mais cette soumission n’implique pas l’infériorité." Pour moi, ceci confirme bien le sens de cette "soumission" et la liberté que le Seigneur offre à la femme dans ce domaine. Il s'agit d'une soumission réfléchie et volontaire.
  • dericcalmette Il y a 10 mois, 3 semaines

    Merci pour le Partage. Mais je crois qu'Ephésien 5:21 ne nous parle pas d’une soumission mutuelle entre époux bien que ça doit être le cas. Mais je pense que ce verset ce reporte plutôt dans un cas général entre les êtres humains.
  • Lilydarc Il y a 2 années, 1 mois

    Merci... ceci m'aide beaucoup et confirme ma prise de position.
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