Visite d'une singulière Eglise -1953 (1/4)

Visite d'une singulière Eglise -1953 (1/4)

« À Dieu soit la gloire dans l’Église et en Jésus Christ,
dans toutes les générations, aux siècles des siècles. »
Ephésiens 3:21


Valable pour tous les temps et pour tout un chacun !

Pour Colette, l'important du moment, est la visite à l'église de l'agréable et courtois pasteur.
Elle a promis, elle désire entendre, elle va. Accompagnée et conduite à la grande ville, Colette est menée vers ceux envers qui ses railleries allaient bon train. « Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ! » D'ailleurs cette occasion est inespérée : En cette église sans clocher, cette église où la croix ne supporte pas le Christ, (il en est descendu, disent-il) des adultes vont prendre le baptême par immersion. Totalement plongés dans l'eau comme le veut le sens même du mot immersion et conformément aux recommandations de la bible. C'est un symbole ! Ce sont donc bien des ''culs lavés'' ! Mais Colette ne pense guère à cette aigre-douce plaisanterie, ses souvenirs, ses cogitations vont plus vers ce qui s'est passé, dans sa propre maison, vers ces événements désormais effacés et vers les prières exaucées de cet affable pasteur. La femme au caractère bien trempé revisite ses jugements, examine les faits plutôt que la routine religieuse transmise. Elle est un tantinet bousculée dans ses pensées. Craint-elle cette réunion où tout lui est inconnu ? Quelle question, puisque je vous dis ne l'avoir jamais vu avoir peur !

Colette traverse la cour de graviers fins, le regard sur le bâtiment, cet édifice, qui n'a rien d'une église. Même dans la grande ville, ces chrétiens peu ordinaires ne possèdent pas une église digne de ce nom : Ne la nomment-ils pas d'ailleurs, bien souvent, la salle de réunion ! La pièce est grande, baignée de lumière, ses bancs de bois se remplissent au fur et à mesure des arrivées de ses ouailles. Tout ces gens s'installent sans bruit, mais sans mouvements exagérément feutrés, après embrassades et parlotes chaleureuses dans le hall d'entrée qui a reçu la garde de leur manteau. A dire vrai Colette ne les pensait pas si nombreux.

Tout devant sur l'estrade (la chaire) le pupitre est prêt à recevoir l'orateur. Pour le moment, face à l'assemblée, le pasteur parle tranquillement avec l'invité de l’événement du jour : Un autre pasteur à la longue barbe fleurie. Assis l'un près de l'autre, ils font penser à deux vieux copains. Un aide compulse un cahier de chants appelés ''cantiques des ailes de la foi'' et se prépare à intervenir. Le piano trône à gauche, l'harmonium, sur la droite, lui donne la réplique. Au mur les fidèles considèrent la grande croix, nue, libérée du Christ mort sur elle. Un verset biblique en transmet la raison : Actes 2/24 : ' Dieu a ressuscité Jésus en le délivrant des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'Il soit retenu par elle '. Déjà un morceau de musique enjouée annonce le commencement de la réunion. Voilà, nous y sommes !


Extrait du livre "Visite d'une singulière église"


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2 commentaires
  • Eveline Simonnet Bénévole du Top Il y a 5 années, 7 mois

    J'aime la simplicité ! dans notre petite église il n'y a même pas de croix nue, simplement sur le mur : "Si tu crois, tu verras la Gloire de Dieu" - Jean 11.40 - et dimanche il n'y avait personne pour faire fonctionner le projecteur pour les chants.... cela ne nous a pas empêchés de chanter avec notre coeur et de mémoire ! Ce qui "habite" un endroit et qui le rend chaleureux, c'est le coeur des gens.
  • haut Il y a 5 années, 7 mois

    interressant