Agir en faveur des pauvres : une réponse à la grâce !

Agir en faveur des pauvres :  une réponse à la grâce !
Pourquoi se mobiliser face à la pauvreté quant on est chrétien ? Deuxième article d'une série proposée par le SEL (découvrez aussi le premier article).

Quand on demande à des chrétiens investis dans le travail social et la lutte pour plus de justice pourquoi un chrétien devrait se soucier de ceux qui vivent dans la pauvreté, l’un des premiers textes bibliques susceptibles de leur venir à l’esprit est Ésaïe 58. Il s’agit d’un passage qui appelle avec force à partager son pain avec celui qui a faim, à renoncer à opprimer son prochain et qui dénonce la religion formelle de ceux qui jeûnent sans se soucier de mettre en pratique ce que Dieu demande. À ceux qui répondent à l’appel du Seigneur, le texte d’Ésaïe promet la présence de Dieu et des bénédictions magnifiques.

Nous avons parfois besoin d’être interpellés et remis en cause – même sévèrement dans certains cas. Si nous prenons la Bible au sérieux, nous ne pourrons pas nous satisfaire d’une vie chrétienne médiocre et encore moins de l’hypocrisie dont parle Ésaïe 58. Le souci des pauvres n’est pas une option pour le chrétien.

Le maniement de l’« interpellation prophétique » est pourtant plus délicat que ce que certains chrétiens zélés pour la lutte contre la pauvreté pensent parfois. Dans Ésaïe 58, Dieu dénonce l’attitude de ceux qui entrent dans une relation de donnant-donnant avec lui et lui disent : « Je jeûne et en échange tu me bénis, quelle que puisse être ma vie par ailleurs. » Le but n’est pas de remplacer cette attitude par celle qui pourrait s’exprimer par ces mots : « J’aide les pauvres et en échange tu me bénis et tu exauces mes prières. » L’objectif n’est pas non plus de donner aux chrétiens engagés dans l’action sociale le droit de regarder de haut leurs frères et sœurs moins « radicaux » qu’eux.

Pour assimiler correctement le message d’Ésaïe 58 et la perspective de l’Écriture sur notre responsabilité face à la pauvreté, il faut avoir une vision d’ensemble du message biblique.
Le peuple d’Israël, auquel s’adresse Ésaïe 58, avait adopté un style de vie égocentrique. Ce qui l’intéressait dans sa relation avec Dieu et avec les autres était son propre intérêt ; il se concentrait sur ses propres affaires ou se livrait à ses penchants (cf. versets 3 et 13), même les jours consacrés à Dieu (comme le jour de jeûne ou le sabbat).

En Ésaïe 58 et dans toute la Bible, Dieu appelle les humains à entrer dans une relation personnelle avec lui. Cela ne va pas sans poser de problème, parce que tous les humains ont, pour ainsi dire, déclaré leur indépendance par rapport à Dieu. Le chrétien a, en principe, reconnu le Christ comme son Seigneur, mais combien souvent il recommence à agir comme s’il était un petit seigneur lui-même. Cela a des conséquences pour ses relations avec les autres et aussi pour son attitude face à la pauvreté. Il convient de dénoncer ce péché sans aucune complaisance.

Au chapitre 53 de son livre, le prophète Ésaïe a décrit à l’avance l’œuvre de réparation que le Christ allait accomplir sur la croix et a annoncé sa résurrection. En lisant ce texte on a l’impression qu’il a été écrit par un contemporain de la crucifixion. Puis au chapitre 55, Ésaïe décrit l’invitation à entrer en relation personnelle avec Dieu. Il utilise pour cela l’image d’un repas gratuit que Dieu donne à des personnes qui, de toute manière, n’auraient pas les moyens de l’acheter. Le Dieu qui nous dit de partager notre pain avec celui qui a faim est le Dieu qui nous a d’abord invités à participer au repas gratuit du salut ! Le Dieu qui dénonce notre péché est aussi le Dieu qui dit qu’il pardonne abondamment au pécheur qui revient à lui (cf. Ésaïe 55.7).

Mise dans ce contexte, l’interpellation prophétique rend un son différent. Dieu ne cherche pas à ce que nous achetions sa faveur par nos actes religieux (le jeûne), mais pas non plus par notre action sociale (partager son pain avec celui qui a faim, pratiquer la justice). Il nous offre son salut gratuitement pour que nous menions une vie centrée sur lui et ouverte aux besoins de notre prochain et nous promet en plus que si nous prenons ce chemin-là, il viendra à notre rencontre avec des bénédictions supplémentaires.

Pourquoi être solidaires avec les pauvres et partager notre pain avec eux ? Parce que Dieu nous a donné une relation personnelle avec lui par la mort du Christ et que c’est comme un festin que nous n’aurions jamais pu payer. C’est la grâce de Dieu qui nous apprend à aimer ceux qui vivent dans la pauvreté et c’est à cette grâce que l’interpellation prophétique vise toujours, au fond, à nous ramener.

Daniel Hillion, responsable des relations avec les Églises au SEL

SEL


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3 commentaires
  • mariehelene2159 Il y a 3 années, 3 mois

    Merci de me rappeler la bonne parole c'est une grâce d'avoir des personnes comme vous pour nous parler de notre responsabilité envers Dieu et nos prochains.
  • Yimgos Il y a 3 années, 5 mois

    Message Tres profond et qui interpelle vraiment. Merci encore a vous. Et je remercie et benis l'Eternel Qui vous a inspire un si grand ministere, et Lui rend grace qu'Il m'ait accorde de prendre connaissance de votre ministere et de pouvoir bien que faiblement de ma part pour le moment, vous soutenir. J'espere par Sa grâce faire mieux encore. Seigneur, de Toi nous avons recu Tout gratuitement. Apprends nous a savoir partager dans l'amour et sans hypocrisie. Oui Pere que mon coeur soit et demeure a l'image du tien, un coeur de compassion, d'abord pour les ames, mais aussi pourceux qui sont dans le besoin materiel et Spirituel. Merci de me l'accorder en Jésus-Christ. Amen!
  • Marie Noelle Robaczynski Il y a 3 années, 5 mois

    merci our se mesage oui dieu nous dit donner du pain a ceux qui on fain aimee nos frere pauvre comme dit essaie de nos jour des que vous en aide il donner de l argent ou petit cadeaux on fais plus avec bon cœur on veux recevoir en retour si la personne et seul et qu el a pas les moyens on lui rend de service on va pas la voir on la laisse c est malheureux dans monde que l on vi aujourd hui