Avez-vous la passion pour les "bonnes œuvres"?

Avez-vous la passion pour les "bonnes œuvres"?

Il y a peu d’endroits dans le Nouveau Testament où ce qu’on appelle classiquement les « bonnes œuvres » soit autant mis en avant que dans le chapite 2 de Tite : Tite 2.11-3.15.

Le langage utilisé est surprenant et très positif : il s’agit de se passionner pour les bonnes œuvres, et d’exceller dans ce domaine.

Dans ces versets, le salut chrétien prend toute sa dimension : il est non seulement espérance pour l'avenir mais aussi action présente dans le monde.

L’action chrétienne, toutefois, n’est pas première : celle de Dieu vient d’abord, du Père qui manifeste sa bonté, du Fils qui se donne pour nous, du Saint-Esprit qui nous renouvelle. Sur cette base, les chrétiens sont appelés à construire leur action. La foi chrétienne est ici présentée comme une foi pratique, dont la mise en œuvre fait l’objet d’un apprentissage.
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Au cœur de la célébration : l’action

Tout ce qui est dit des bonnes œuvres est à situer dans ce cadre de célébration. Ni la théologie ni la louange ne sont séparées de l’action ; l’action est au contraire enracinée dans une théologie très forte, qui célèbre la grâce, le salut, la gloire de Jésus-Christ, l’amour de Dieu et le renouvellement du Saint-Esprit.

Ce cadre est très important parce qu’il permet d’éviter de supposer que le chrétien peut trouver en lui-même les ressources nécessaires à l’action : « non parce que nous aurions fait des œuvres de justice, mais en vertu de sa propre miséricorde » (3.5).
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Une action à apprendre


La grâce célébrée est conçue comme un élément formateur : « elle nous apprend » à vivre. Et lorsque l’espérance s’accomplira, elle nous trouvera en train d’apprendre (2.12-13).

Ce qui veut dire que vivre le salut, ça s’apprend. Car le salut, précise la lettre, comprend l’obéissance. À trop vouloir les séparer, on se retrouve avec des personnes qui « font profession de connaître Dieu mais qui le renient par leurs œuvres » (1.16).
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Mais alors, quelle formation ?

Pour être formé aux œuvres bonnes, nous avons besoin de rappels réguliers : «rappelle-leur» (3.1) ! Des rappels de ce que signifie le témoignage chrétien dans la société, de ce que nous étions autrefois ou de ce que nous serions sans l’amour de Dieu, et donc de ce que nous serions capables de faire, livrés à nous-mêmes…

Des rappels de ce qu’est le salut (3.4-7). C’est en particulier le rôle des prédicateurs de rappeler ces données, qui conduiront les chrétiens à « exceller dans les belles œuvres » (3.8).

La voie à suivre est bien tracée. La passion des œuvres bonnes naît de la prédication de l’œuvre de Dieu, de la célébration de son salut, et d’un appel répété (encouragement, exhortation) au témoignage, à l’action, à l’excellence et la passion.

Il faut dire que les occasions de s’égarer sont réelles (3.9-11). On pourrait prendre l’image des deux voies : celle de la beauté et de l’utilité, d’un côté ; celle de la futilité et de l’inutilité, de l’autre côté. Mais en réalité, ce n’est pas un carrefour franchi une fois pour toutes, mais un choix qui se présente sans cesse à nous.



Le salut chrétien, pour le bien de tous

À la lumière des contre-exemples donnés en 3.3 et en 3.9-11, on peut dire que le salut chrétien a des effets bénéfiques non seulement pour ceux qui le reçoivent mais aussi pour toute l’humanité. D’où le langage très universel de cette section : « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les humains » (2.11) ; « la bonté de Dieu… pour les humains » (3.4).

Les choses qui sont attendues des chrétiens ne sont pas nécessairement l’exclusivité de l’Église : l’engagement politique respectueux, la promotion de la vérité, la pacification des relations, etc. sont des attitudes que d’autres peuvent chercher à adopter. Mais le verbe de 3.8 (« exceller ») suggère au minimum que les chrétiens ne devraient pas être à la traîne.

Ne pourraient-ils pas même être au premier rang, montrer l’exemple, pour que l’espérance chrétienne soit rendue plus visible ?


Extraits d'un texte de Christophe PAYA - Pasteur et professeur de théologie.
SEL


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