Ma traversée de la vallée de l’ombre ⛰

Ma traversée de la vallée de l’ombre ⛰

J’avais vécu plusieurs « départs », mais celui de mon père m’a marquée tout particulièrement😞. Ces dernières années, je le voyais « baisser les bras » doucement : un jour, il s’est assis sur un fauteuil et lui, que j’avais connu tellement actif, ne faisait plus rien, si ce n’est lire sa Bible et prier. Il se négligeait : il refusait de mettre son dentier ou ses prothèses auditives. Quand on l’appelait au téléphone 📱, il écourtait de plus en plus les discussions. Il perdait l’appétit et était arrivé au point où il ne mangeait plus du tout. Le jour où il m’a demandé : « C’est quand que tu reviens ? », mon cœur s’est serré😞. Il ne m’avait jamais posé une telle question auparavant. Il sentait certainement sa mort prochaine. 

Au fond de moi, je suppliais Dieu de pouvoir célébrer son 87ème anniversaire 🎉. Et il m’a fait cette grâce. En famille, nous nous sommes retrouvés. Le pasteur est passé « par hasard ». Nous avons prié, chanté les vieux cantiques qu’il aimait tant : « Voir mon Sauveur face à face, voir Jésus dans sa beauté, ô joie, ô suprême grâce, ô bonheur, félicité. » « Quel repos céleste, quand enfin, Seigneur, auprès de toi, j'aurai ma place, après les travaux, les combats, la douleur, à jamais je pourrai voir ta face ! »

Le lendemain, il est entré à l’hôpital. Alors que les médecins tentaient le tout pour le tout pour le maintenir en vie, Dieu me parlait par sa Parole et préparait mon cœur 💖: « Déliez-le de ces bandes et laissez-le aller ! » (Jean 11.44) « Celui qui place sa confiance en moi vivra même s’il meurt. » (Jean 11.25) « Père, mon désir est que ceux que tu m’as donnés soient avec moi et qu’ils contemplent ma gloire. » (Jean 17 .24)

Mon papa s’appelait Yéram ce qui signifie en arménien « envol ». Souvent, il faisait le signe de sa main, pour imiter les oiseaux comme si, lui aussi, voulait prendre son envol. Un jour, j’ai lu dans le Psaume 90.10 : « Le temps passe vite et nous nous envolons. » C’était certain, il était en partance.

Nous avons vécu entre sœurs, des après-midis à ses côtés que nous avons qualifiés de « temps bénis ». Nous avons entouré notre papa de tout notre amour 💖. Nous nous sommes rappelé plein de souvenirs et nous nous sommes même découvertes mutuellement. Quelque chose de nouveau et de beau se tissait entre nous. Personnellement, j’ai eu l’occasion de remercier mon père pour tout l’héritage spirituel qu’il m’avait légué : la foi en Jésus, l’amour pour la Parole de Dieu, le désir profond d’œuvrer pour son Royaume. 

Lors de ses obsèques, nous avons célébré sa vie et partagé la Bonne Nouvelle de la vie éternelle en Jésus (Jean 3.16). Un de ses petits-enfants a lu son témoignage que l’on avait retrouvé dans son blog 💻: ce fut sa dernière et probablement sa plus belle prédication dans cette église qu’il avait servie pendant tant d’années ! 

En travaillant sur l’éloge funèbre de mon père, j’ai ressenti tout d’abord comme un poignard dans mes entrailles : la souffrance de son absence pendant mon enfance due au divorce de mes parents. Puis j’ai décidé de me concentrer sur tout ce que papa avait fait ou avait été durant sa vie : quel exemple il nous a laissé ! Pendant la cérémonie, nous pouvions ressentir la présence de l’Esprit. L’émotion était forte dans l’assemblée. Le responsable des pompes funèbres a avoué n’avoir jamais vécu un enterrement de la sorte.

Lors de la collation qui a suivi, j’ai eu la joie de retrouver des membres de la famille ou des amis que je n’avais pas revus depuis des lustres ; j’ai fait de nouvelles connaissances. Des personnes sont venues vers moi pour me dire combien Yéram avait joué un rôle significatif dans leur vie. Une amie peintre, de retour chez elle, a fait un magnifique tableau illustrant l’envol de papa. Toutes ces marques d’affection m’ont apporté un grand réconfort.

Ce jour-là,  la pluie est tombée 🌧et le soleil a brillé  comme les symboles de notre tristesse mais aussi de notre joie. J’ai pleuré avec ceux qui pleurent comme avec ma belle-maman qui était tellement abattue (Romains 12.15) ! J’ai pleuré mais pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance (1 Thessaloniciens 4.13). Le savoir arrivé enfin à la Maison, après un parcours terrestre qui n’avait pas été des plus faciles,  me réjouissait ainsi que la certitude que je le retrouverai un jour là-haut. Je vivais cette béatitude : « Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera. » (Matthieu 5.4). 

Pour terminer, j’aimerais citer ces quelques mots de l’une de ses petites filles : « Je chéris un souvenir, où enfant, je me trouvais assise sur tes genoux.... La chaleur et la sécurité émanaient de tes bras, j’étais en paix, aimée. Ce souvenir me revient quand je suis en prière telle une image de l’amour que Dieu le Père me porte. Aujourd’hui c’est toi qui es dans Ses bras. Chaleureux. Aimants. Réconfortants. Alors profites-en bien ! »

Oui, le Seigneur a été avec moi dans la vallée de l’ombre et de la mort… Il est vraiment le Bon Berger.

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5 commentaires
  • Élie Il y a 1 année, 8 mois

  • Élie Il y a 1 année, 8 mois

    A M E N
  • rozange Il y a 1 année, 8 mois

    J’avais vécu plusieurs « départs », mais celui de mon père m’a marquée tout particulièrement😞. Ces dernières années, je le voyais « baisser les bras » doucement : un jour, il s’est assis sur un fauteuil et lui, que j’avais connu tellement actif, ne faisait plus rien, si ce n’est lire sa Bible et prier. Il se négligeait : il refusait de mettre son dentier ou ses prothèses auditives. Quand on l’appelait au téléphone 📱, il écourtait de plus en plus les discussions. Il perdait l’appétit et était arrivé au point où il ne mangeait plus du tout. Le jour où il m’a demandé : « C’est quand que tu reviens ? », mon cœur s’est serré😞. Il ne m’avait jamais posé une telle question auparavant. Il sentait certainement sa mort prochaine. Au fond de moi, je suppliais Dieu de pouvoir célébrer son 87ème anniversaire 🎉. Et il m’a fait cette grâce. En famille, nous nous sommes retrouvés. Le pasteur est passé « par hasard ». Nous avons prié, chanté les vieux cantiques qu’il aimait tant : « Voir mon Sauveur face à face, voir Jésus dans sa beauté, ô joie, ô suprême grâce, ô bonheur, félicité. » « Quel repos céleste, quand enfin, Seigneur, auprès de toi, j'aurai ma place, après les travaux, les combats, la douleur, à jamais je pourrai voir ta face ! » Pour terminer, j’aimerais citer ces quelques mots de l’une de ses petites filles : « Je chéris un souvenir, où enfant, je me trouvais assise sur tes genoux.... La chaleur et la sécurité émanaient de tes bras, j’étais en paix, aimée. Ce souvenir me revient quand je suis en prière telle une image de l’amour que Dieu le Père me porte. Aujourd’hui c’est toi qui es dans Ses bras. Chaleureux. Aimants. Réconfortants. Alors profites-en bien ! » Oui, le Seigneur a été avec moi dans la vallée de l’ombre et de la mort… Il est vraiment le Bon Berger. Amen!!!!!!!!!!!
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