Comment un mari peut-il honorer son épouse ?

Comment un mari peut-il honorer son épouse ?

Cher Pasteur,

Une fois encore je voudrais partager avec toi quelques pensées de notre ami Egil Strand, pasteur et écrivain norvégien du siècle dernier. Il écrit :

L'apôtre Pierre exhorte les maris en ces termes :

"Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières." (1Pi 3.7)

Peut-être te dis-tu : doit-on vraiment les honorer ? N'est-ce pas charnel ? Certainement pas — ou en tout cas pas nécessairement — autrement la parole de Dieu ne nous aurait pas dit de le faire !

Pour bien comprendre ce passage, nous ne devons pas oublier que la position de la femme était, lorsque ce texte fut écrit, totalement différente de ce qu'elle est de nos jours, en tout cas dans nos pays civilisés. À cette époque, la femme était considérée comme un être inférieur ; pour beaucoup, elle n'était rien d'autre qu'une esclave bon marché, n'ayant pratiquement aucun droit. C'est à l'Évangile que revient le mérite impérissable d'avoir élevé la femme à sa dignité humaine.

Lorsqu'à ces nouveaux convertis il fut écrit d'honorer leur épouse, c'est sans aucun doute pour qu'ils ne fassent pas comme les païens, qui la méprisaient et l'avilissaient, mais pour qu'ils l'élèvent et lui rendent la liberté à laquelle l'Évangile lui donnait droit.

Il est très compréhensible qu'une telle exhortation ait été nécessaire, lorsque nous considérons comment les traditions séculaires et les habitudes et coutumes bien ancrées sont tenaces. Et en réalité, il reste encore beaucoup de l'ancienne mentalité païenne en ce qui concerne la position de la femme par rapport à l'homme. Il y a encore malheureusement beaucoup de maris, même parmi les croyants, qui n'ont pas appris le noble art d'honorer son épouse. Elle n'est en fait rien d'autre que leur servante et celle de toute la famille. On exige tout d'elle, depuis tôt le matin, jusque souvent tard dans la nuit. Si tout n'est pas parfait — le repas n'est pas prêt, ou n'est pas au goût de monsieur — on ne se prive pas de lui dire ; par contre il est rare d'entendre des compliments sur son immense labeur.

Elles ne sont pas rares les épouses qui souffrent secrètement de voir que personne n'a l'air d'être content de ce qu'elles font, et aussi de voir le peu qui reste de leur grand travail. L'épouse lave et elle récure, et elle est heureuse de ce que tout soit bien propre. Mais elle est la seule à s'en réjouir, parce que les autres la remercient souvent seulement avec une paire de bottines boueuses sur le parquet brillant.

Une épouse, une mère, ne recherche ni les honneurs ni la gloire, mais c'est un être humain. Elle est sensible, tout particulièrement du fait qu'elle est une femme ; et si elle est fatiguée, épuisée et découragée, elle n'en est que plus vulnérable. Et combien elle serait heureuse — oui, simplement heureuse et non orgueilleuse — si son mari commençait soudain à découvrir la valeur de son labeur, et lui faisait comprendre qu'il était ravi et reconnaissant d'avoir une telle épouse ! Crois-moi, il suffirait d'un petit mot et un bon sourire ; cela la récompenserait de tout son travail, et redonnerait du courage à plus d'une ménagère fatiguée !

"Honorez les", dit notre texte. Dis-lui souvent, et dis lui de tout ton cœur que tu l'apprécies, que tu estimes beaucoup son travail, son abnégation, sa patience.

Nombre de nos épouses sont fatiguées, et la fatigue entraîne souvent le découragement. Qui mieux que toi, qui dois être son soutien, peut lui venir en aide ? Et cette aide ne doit pas consister seulement en de belles paroles ! Combien elle serait heureuse si tu pouvais l'aider de temps en temps dans son travail !

Il existe des époux qui pensent que de donner un coup de main aux tâches ménagères se situe en dessous de leur dignité de maître de la création. Mais est-ce vraiment compatible avec la dignité de l'homme de rester tranquillement assis et de regarder sa femme s'épuiser au travail ? Si tu l'aimes vraiment, tu dois ressentir le besoin de lui faire plaisir et de l'aider, afin qu'elle se sente heureuse et reconnaissante.

Montre-lui ton estime, montre-lui que tu t'intéresses à elle, montre à ton épouse combien elle compte pour toi, et que tu ne la considères pas seulement comme ta servante et celle de tes enfants.

Fais-le également à cause des enfants. Il est extrêmement important que nous apprenions dès notre plus jeune âge à apprécier notre maman. Aimer et estimer sa mère est une force protectrice qui entraînera une bénédiction de génération en génération. En outre, cette bénédiction se fera sentir immédiatement par le fait que des obstacles à l'exaucement de nos prières seront ôtés ("afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières."), et que l'approbation de Dieu reposera sur notre foyer.

Commençons avant qu'il ne soit trop tard. Quelle amertume ce serait pour nous de devoir nous retrouver devant la tombe d'une épouse et d'une mère, en ayant à nous reprocher notre ingratitude et d'avoir négligé de lui témoigner notre reconnaissance (en admettant qu'elle ait existé) alors qu'elle était encore en vie. Aucune couronne sur son cercueil et aucun beau discours près d'une fosse ouverte ne pourront réparer l'injustice qu'elle aura subie pendant sa vie. Nous devrions commencer aujourd'hui même à l'honorer, en disant du bien d'elle, et en le lui disant aussi !

(Extrait du livre "I fortrolighet" du pasteur Egil Strand. Traduit du norvégien par JCG)

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