Faut-il lutter contre la pauvreté et les injustices ou attendre le retour du Christ ?

Faut-il lutter contre la pauvreté et les injustices ou attendre le retour du Christ ?
La conviction que seul le retour du Christ peut régler le problème de la pauvreté et des injustices de façon radicale est-elle un frein à une action des chrétiens dans ce domaine ?
« … vous avez toujours les pauvres avec vous… » (Marc 14.7) « Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera. » (2 Pierre 3.13)

On peut se demander si un engagement sérieux dans la lutte contre la pauvreté et les injustices et un regard de foi fermement fixé sur la promesse du retour du Christ sont compatibles. L’un des deux n’est-il pas fatalement condamné à être négligé ?

Voici quelques éléments pour alimenter la réflexion (et le débat) :

1. Si la Bible nous enseigne que le Christ revient et que l’engagement social fait partie de notre devoir chrétien, alors nous devons nous débrouiller pour tenir les deux ensemble.

Être un disciple de Jésus, c’est apprendre à lui obéir, même quand nous ne voyons pas en quoi ce qu’il nous commande est utile. Or Jésus a dit : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. » (Matthieu 7.12)

Que souhaiterais-je que l’on fasse pour moi si j’avais faim, si je n’avais pas de vêtements corrects ou si j’étais victime d’injustices ? Souhaiterais-je que l’on me dise : « Patiente un peu, Jésus revient bientôt ! » ? Il est sage de s’interroger sur l’efficacité de notre action ; il est encore plus sage d’obéir au Seigneur même lorsque nous ne comprenons pas « à quoi ça sert ».

2. Des changements sont possibles dans la vie présente.

L’Écriture nous montre la première Église comme une communauté dans laquelle il n’y avait aucun indigent (Actes 4.34). Quelques années plus tard, l’Église de Jérusalem devra néanmoins faire face à des difficultés sérieuses (famine, pauvreté). Tim Chester écrit : « … il n’y a pas que dans l’avenir que les démunis peuvent expérimenter la bonne nouvelle. Par l’évangile, les pauvres deviennent membres d’une communauté aimante et attentive. » (La responsabilité des chrétiens face à la pauvreté, p.117) Il y a comme une anticipation dans la communauté chrétienne de la libération future. Cette anticipation est partielle et fragile et elle ne concerne que ceux qui entrent dans cette communauté par la foi. Mais c’est une anticipation réelle.

Il reste également une place pour une action au sein de la société et un impact positif réel dans le monde. Cet impact est plus difficile à évaluer, mais il n’est pas négligeable pour autant : on le constate à grande échelle quand on pense à l’influence de chrétiens comme Wesley et Wilberforce dans l’abolition de l’esclavage, mais aussi à plus petite échelle quand un partenaire du S.E.L. peut raconter comment son projet a sauvé des vies.

3. Nous avons besoin de remettre en valeur la vérité du retour du Christ.

Bien comprise, elle ne décourage pas l’action sociopolitique de la part des chrétiens. On raconte que Martin Luther disait que si le dernier jour était pour demain, il planterait un pommier aujourd’hui. Il continuerait à faire le bien humblement et tranquillement.

Attendre le retour du Christ nous humilie : nous ne pouvons pas établir nous-mêmes le Royaume de Dieu sur la terre. Mais ce serait une grave erreur que de croire que cela décourage les gestes concrets et ordinaires :

• donner du pain à celui qui a faim
• parrainer un enfant
• signer une pétition pour que les droits des faibles soient respectés
• donner de son temps à son prochain
• ou même s’engager dans des projets plus ambitieux…

La doctrine du retour du Christ nous rappelle que, dans le monde, il faut que nous fassions ce que nous pouvons en sachant que l’intervention décisive ne viendra pas de nous.

Nous devons ressembler un peu – si je peux me permettre une comparaison qui a ses limites – à ces sages-femmes dont parle le premier chapitre de l’Exode : elles ne pouvaient pas libérer le peuple de l’esclavage, ni même empêcher le massacre des bébés garçons : mais elles ont fait ce qu’elles ont pu et dans leur sphère d’action elles ont sauvé des vies. Que chacun de nous fasse les gestes humbles qu’il peut faire… en sachant que ces gestes peuvent avoir un impact énorme dans la vie de personnes en situations de pauvreté.

En apprenant à aimer dans le concret, nous nous préparons à rencontrer Celui qui nous a aimés.

Daniel Hillion - Daniel Hillion, responsable des relations publiques du SEL
SEL
1 commentaire
  • Aguayo Il y a 7 années, 5 mois

    Il pourrai sembler "hautement spirituel" pour les chrétiens de ne s'occuper que des âmes et de délaisser le reste. Les 3 "S" de l'Armée du Salut sont : SSoupe, SSavon, SSalut. J'en conclue que dans " l’œuvre spirituelle", il y a 1/3 pour le Salut et les 2/3 pour le corps. Dans la parabole du bon samaritain, parabole de JESUS, le "BON" samaritain à donné Amour, Soins et aussi Finances pour soulager, non pas juste l'âme du blessé mais surtout aussi son corps. En cas de doute, je vous invite à relire les Évangiles, de mettre un petit tiret sur une feuille lorsque Jésus parle d’entraide et de solidarité, et un petit rond lorsque Jésus ne parle que du salut de la personne. après cela, faites le total .... Tout cela se passera de commentaire. (sauf à la fin de cet excellent article ci-dessus qui à besoin du votre ).