La compréhension

La compréhension

Cher Pasteur,

Je suis convaincu que tous les lecteurs assidus de la Bible auront été profondément choqués par l'attitude blessante du vieux sacrificateur Éli à l'égard de Anne, venue, dans sa détresse, prier Dieu dans le temple, et qu'il avait prise pour une ivrognesse ! (1 Sam. 1.9-17)

On peut se demander comment il est possible d'avoir si peu de discernement et de compréhension lorsqu'on est un serviteur de Dieu. Et pourtant il existe encore, même aujourd'hui, nombre de personnes blessées par l'incompréhension de leur pasteur !

Un texte du prophète Ésaïe, parlant de bergers indignes, peut nous éclairer sur l'une des raisons de ce manque de discernement :

"Ce sont des bergers qui ne savent rien comprendre ; tous suivent leur propre voie, chacun selon son intérêt, jusqu'au dernier:" (És. 56.11)

Suivre sa propre voie selon son intérêt, c'est, entre autres, affirmer péremptoirement ses opinions sans tenir compte de celles d'autrui, ni même essayer de comprendre ce qui les motive. Ce comportement, indigne d'un authentique serviteur de Dieu, n'est malheureusement pas rare. Il a sa source dans un complexe d'infériorité qui induit un besoin de signifiance menant à un esprit de domination.

Cependant, il faut reconnaître que comprendre les autres n'est pas une entreprise facile. La première des qualités requises pour cette tâche est la patience de savoir écouter, comme Jésus le disait à la foule :

"Ayant appelé à lui la foule, il lui dit : Écoutez, et comprenez." (Matt. 15.10)

On ne peut pas comprendre si on ne sait pas écouter.

Mais une autre qualité est indispensable, c'est l'intelligence. Jésus lui-même établit un rapport étroit entre la compréhension et l'intelligence :

"Il leur dit : Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas…" (Marc 7.18 ; voir Marc 8.17)

Toutefois, l'intelligence requise dans le travail pastoral est une intelligence renouvelée par le Saint-Esprit :

"… soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait." (Rom. 12.2)

L'auteur de l'épître aux Hébreux leur reproche leur manque de maturité spirituelle :

"Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d'une nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice ; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal." (Héb. 5.11-14)

Nous sommes lents à comprendre, nous enseigne l'apôtre, lorsque nous n'avons pas l'expérience de la parole de justice, et que notre jugement n'a pas encore été exercé par l'usage à discerner les choses. C'est une des raisons pour lesquelles un serviteur de Dieu ne doit pas être un nouveau converti (1 Tim. 3.6).

Mais en définitive, la qualité primordiale restera toujours l'amour pour notre prochain. N'oublions jamais les exhortations de l'apôtre Pierre :

"Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire." (1 Pi. 5.2-4)



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