La Malédiction de la glace

C’est un lundi matin (un malheur n’arrivant jamais seul !). Il est à peine sept heures et la journée promet d’être longue : Ça va commencer avec de la physique (trois heures) et puis les maths pour la fin de la matinée ; un repas avalé vite fait (sans doute un kebab chez l’Arabe du coin) et jusqu’à ce que ce soit six heures, avec de la philo et pour dessert deux bonnes heures de français bien tassées !

Mais tout cela n’est rien, parce qu’en face de moi, il y a un gars que je reconnais à peine ; mon père, qui est pasteur, pourrait même croire en me voyant qu’il s’agit d’un nouveau dans ses réunions ! Je rêve, ce n’est pas moi, je vais me réveiller, c’est un cauchemar !

Là, juste sur mon nez, il est là, me défiant du regard ; il est gros, énorme, surdimensionné ; je crois que ce genre de spécimen vient de Tchernobyl ; c’est la catastrophe !

À côté de ce que je vois, le 11 septembre c’est de la gnognotte, la guerre en Irak du flan ; les attentats du petit lait ; la fin du monde est proche pour moi ! J’ai un bouton sur le nez !

Et encore il a été plutôt sympa celui-là, il n’a pas amené sa bande de copains avec lui ; généralement ils s’incrustent à plusieurs ; ils arrivent de nuit, sans prévenir et ils s’installent ; pour les déloger, impossible, ils squattent ton visage et aucune force de l’ordre n’y peut rien !

Déjà que la journée s’annonçait difficile, mais là elle est carrément compromise.

Que vont dire mes copains ? Et puis de quoi je vais avoir l’air auprès de la jolie Cathy ? D’un dégénéré, d’un monstre ?

Je sais déjà qu’en sortant de la salle de bain, ma mère va m’embrasser comme d’hab et elle ne va rien me dire, mais ne va voir que çà ! Ma sœur au petit-déj ne va pas me rater, elle !

Je vais tenter de le percer ! En vain, il résiste et maintenant il est plus gros qu’avant ! J’arrête les frais, je ne vais même pas me coiffer, à quoi bon, rien n’y fera plus rien aujourd’hui !

Cette maudite glace m’a cassé le moral, fichu en l’air la journée, détruit mes ambitions auprès de mes copains et anéanti mon amour naissant pour la jolie Cathy ! Je me sens terriblement seul avec mon bouton sur le nez ! Il pèse si lourd !

Jacques, dans sa lettre, dit que la Bible est comme un miroir qui nous montre nos défauts et nous permet de les corriger. Ce n’est jamais la solution de casser la glace, de la briser en morceaux ou de refuser de s’y regarder ! Le mieux c’est de l’utiliser pour se soigner, se laisser guérir et devenir de plus en plus beau !

C’est fou comme la vie d’un ado est difficile parfois, surtout certain lundi matin !


Sergent Garcia


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