Laisser Dieu "être Dieu"

En Jean 13 nous pouvons lire comment Jésus a manifesté son amour à ses disciples.
"C'était juste avant la fête de la Pâque. Jésus savait que l'heure était venue pour lui de quitter ce monde pour s'en aller auprès de son Père". Il a alors voulu "mettre le comble à son amour" pour eux! Il le fit en leur lavant les pieds !

Jean ne nous dit rien de la réaction des disciples exceptée celle de Pierre

Pierre refuse tout d'abord que Jésus-Christ lui lave les pieds…. Ah non, pas moi, Jésus, tu ne te rends pas compte c'est pas ta place !

Ce geste qui touche le corps, touche les émotions et la raison de Pierre.
Jésus à ses pieds : c'est scandaleux ! Il ne peut pas l'accepter.

Il sait que Jésus est le Messie, l'envoyé de Dieu. Il a de l'estime, de l'admiration pour son maître, pour celui qu'il a suivi depuis trois ans sur les routes. En toute logique, c'est lui, Pierre, qui doit honorer Jésus, pas l'inverse…. C'est le monde à l'envers !!
Jésus bouleverse sa vision des choses ! Et cela dérange profondément Pierre.

Je me sens très proche de Pierre : il est très "humain".

Pierre n'est pas conscient qu'il a besoin de ce geste de Jésus, geste d'amour, geste de purification. Il doit apprendre à ne pas être aux commandes dans sa relation à Jésus et accepter de se laisser faire.

La réponse bienveillante de Jésus lui apprend que ce geste a une raison d'être, un sens qu'il ignore : Ecoute, fais moi confiance, tu ne comprends pas mais tu comprendras plus tard.

Dans un premier temps, Pierre persiste dans son attitude et oppose un refus violent !
"Non, tu ne me laveras pas les pieds ! Sûrement pas"!
Jésus n'impose pas son geste… C'est à l'image de son sacrifice sur la croix : un vrai don, une offre laissant à l'autre la liberté de recevoir ou de refuser.

Ok ! tu es libre de refuser …mais voilà quel est l'enjeu: "tu n'auras pas de part avec moi" (ou "il n'y a plus rien de commun entre toi et moi"). Autrement dit : si tu acceptes tu seras avec moi, tu auras part à ma vie, ma présence t'est donnée maintenant et pour toujours!

La réplique de Jésus "si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi" propose une appartenance définitive, une communauté de vie avec lui. Il signifie ce par quoi le disciple accédera à cette communion.

Ce geste est une préfiguration de quelque chose de beaucoup plus grand qui dépasse Pierre et ses amis. Il n'est pas seulement un exemple d'humilité et de dévouement mais le symbole d'une purification spirituelle sans laquelle Pierre ne peut avoir part au salut.

Pierre ne comprend pas tout, mais il perçoit que ce geste de Jésus dépasse sa vision, et qu'il doit se laisser faire par Jésus s'il veut rester en communion avec le maître. Ce geste nous dit quelque chose de ce qui rend possible l'accès à Dieu : se laisser faire, se laisser rejoindre, se laisser toucher, se laisser purifier.

Et moi ? Comment est-ce que je réagirais en pareille situation?

Est-ce que cela me dérange de voir Dieu à mes pieds ? Et du coup, j'oppose de la résistance à me laisser faire, à me laisser laver de mes impuretés, à me laisser aimer…

Est-ce que je ne n'enferme pas Dieu dans une conception où je ne suis pas trop dérangée? (Mais Dieu ne se laisse pas enfermer! donc c'est moi qui m'enferme!)

Je m'aperçois que j'ai tendance comme Pierre à vouloir décider de ce que doit être ma relation avec Dieu, de la façon dont il doit se manifester dans ma vie, dont il doit me parler.
Bien souvent je ne comprends pas ce que Dieu fait dans ma vie, dans celles des autres.

En fin de compte, est-ce que je laisse vraiment Dieu 'être Dieu' en moi et envers moi?

Prière : Seigneur je confesse que je suis souvent moi-même un obstacle à ton œuvre en moi. Je veux te laisser toute la place, te laisser agir comme tu le désires, te laisser "être Dieu".


En partenariat avec www.famillejetaime.com

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