Les leaders d’Églises ? Est-ce que ça existe ?

Les leaders d’Églises ? Est-ce que ça existe ?

Est-il biblique de parler de leaders alors que Jésus dit : n’appelez personne directeur sur la Terre ?

Bien souvent, nous voulons voir le Royaume de Dieu avec une idée préconçue modelée par la démocratie.

Oui, le don de diriger existe dans l’Écriture et le projet de Dieu pour l’Église.

Romains 12:8 : Q ue celui qui dirige le fasse avec sérieux (Semeur).
Celui qui dirige la communauté doit le faire avec ardeur (PDV).
Celui qui dirige le fasse avec empressement (NBS).

Dans l’épître aux Corinthiens, Paul énonce aussi ce don de direction.

1 Corinthiens 12:28 : Et ceux que Dieu a disposés dans l’Église sont, premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des hommes chargés de l’enseignement ; vient ensuite le don des miracles, puis de guérison, d’assistance, de direction (Tob).

Puis viennent les dons suivants qu’il a faits à l’Église : les miracles, la guérison de malades, l’aide, la direction d’Église (Semeur).

Puis il y a les miracles, puis les dons de guérisons, d’assistance, de gouvernement (Jérusalem).

L’état d’esprit d’humilité ne doit pas paralyser l’exercice de l’autorité.

Humilité et pouvoir, service et direction doivent être combinés. Certains passent leur vie à essayer de prouver qu’ils sont humbles, mais n’acceptent pas la vraie conséquence de l’humilité : le leadership.

Le serviteur de tous devient le leader un jour ! Montrez-moi quelqu’un qui sert abondamment et avec application, il a tout pour devenir leader dans ses domaines de service.

Par crainte de vivre sans humilité ou sous une tyrannie, nous avons dépouillé les Églises de leaders compétents et nous l’avons rendue faible.

« C’est ma conviction que la crise de médiocrité et de stagnation que nous avons dans les Églises aujourd’hui est fondamentalement une crise de leadership » Bill Hybels.

Le leadership est une capacité à exercer une influence sur les motivations, à obtenir une adhésion, en dépeignant une situation telle qu’elle est et telle qu’elle peut devenir, si chacun se met en mouvement selon les indications données et selon ses dons.

Tommy Barnett, pasteur d’une des plus grandes assemblées de Dieu aux USA, a dit : « Parmi ceux qui ont été pasteurs à vingt-cinq ans, un sur dix marche encore dans les voies de Dieu à soixante-cinq ans ».

Ce propos est effrayant. Comment rester dans le coup, quand on est leader ?

1- En entretenant le rêve et l’appel divin.
2- En menant une vie de dirigeant, c’est-à-dire en vivant de façon intentionnelle.
3- En laissant le Seigneur travailler son caractère.
4- En surveillant sa croissance personnelle : compétence, apprentissage, accomplissement.
5- En restant porteurs d’espérance et goût de la vie.
6- En étant générateurs de mouvement, de ressources et de projets.
7- En cherchant des collaborateurs compatibles.
8- En relativisant les difficultés, car nous avons tous les mêmes !

1- Le rêve et l’appel divin.

Dieu utilise des gens ordinaires qu’Il appelle : est-ce qu’être leader c’est aussi surmonter le sentiment d’être inadéquat ? Oui… Un leader pense souvent : « Si les autres savaient à quel point je ne suis pas à la hauteur ? »

La plupart des professionnels se sentent des imposteurs. Ils se disent toujours qu’ils auraient des ennuis si on savait l’étendue de leur ignorance et de leur incapacité. Ils font donc semblant. Ils mettent une grande énergie à ce qu’on ne découvre pas leurs défauts.

Seuls ceux qui ont confiance, admettent leurs erreurs et en tirent des leçons.

L’assurance de l’appel par grâce !

Moïse, Gédéon, David, Jérémie, Pierre, Paul ont eu le sentiment d’être inadéquats pour diverses raisons. Mais l’appel de Dieu est souverain et indispensable.

Les douze apôtres semblaient vraiment des candidats pour une maîtrise en incapacité et Jésus en a fait les leaders de l’Église ; Il les a appelés les apôtres de l’Agneau dans la cité céleste (à l’exception de Judas, remplacé).

Les quatre poissonniers des évangiles ne semblaient pas très efficaces. Pierre n’a jamais attrapé un poisson sans que Jésus fasse un miracle. Ses amis non plus d’ailleurs… C’est d’ailleurs à cela que Jésus les reconnaît après la résurrection.

- Nous avons pêché toute la nuit, sans rien prendre, disent-ils.
- Ah ! ça, c’est eux !

Thomas, le dépressif, ne parle que deux fois : « Allons mourir avec lui (Lazare) » et « Si je ne mets pas le doigt dans le trou, je ne croirai pas ».

Matthieu était un collabo. Simon un terroriste. Jésus les a mis en équipe. Philippe était un pur idéaliste : « Montre-nous le Père et cela nous suffit ». Tu es sûr, Philippe ; là, ça te suffira ?

Pourtant malgré les handicaps de ces douze, Jésus en a fait les grands leaders de l’Église. Il peut le faire avec vous, avec moi.

Vous pouvez maîtriser votre carrière, mais votre vocation est à la mesure de la main de Dieu. Vous pouvez être retraité d’une carrière, mais la vocation ne s’arrête qu’à la mort. Potiphar avait une carrière, Joseph avait une vocation. Achab avait une carrière, Élie avait une vocation. Pilate avait une carrière, Jésus avait une vocation. Certains pasteurs font carrière et d’autres vivent leur vocation. Le souverain sacrificateur avait une carrière et Paul avait une vocation. Ne vous enfermez pas dans une carrière que vous pouvez accomplir par vous-mêmes. L’ennui va vous guetter. Entrez dans la découverte et la foi de votre vocation.

Dieu utilise la personne qui a un rêve. La foi commence toujours par un rêve, un but, une vision. Quand vous avez reçu une perception de ce rêve, vous tissez votre vie autour. Actes 26:19.

Tout accomplissement a commencé par une idée.

Martin Luther King a été rendu grand par son rêve de foi et d’espérance. C’est la marque du leader.

Une vie fondée sur l’appel de Dieu et non sur une passion empruntée…

Tu es unique : attention aux passions empruntées et aux manières imitées.

Dieu a donné à chacun un cœur unique. La passion qui est dans notre cœur est voulue par Dieu pour que nous servions. Psaumes 37:4 – Philippiens 2:13.

Je me suis souvent rendu compte que j’ignorais ma véritable passion, car j’ai des passions empruntées ou des fardeaux empruntés. Quand je sais que quelque chose est bon et vient de Dieu, je peux me glisser dedans et me passionner, me former et motiver d’autres… mais ensuite, je me demande si cet appel vient de Dieu ou non, car il repose sur une passion empruntée.

L’abandon de ce rêve est la marque du déclin d’une vie. Être vieux n’est pas avoir un grand nombre d’années, c’est avoir perdu ce rêve et n’avoir que des regrets.

2- Vivre de façon intentionnelle : une vie de dirigeant.

L’intensité d’une vie dépend du contenu que nous lui donnons

La vie n’est pas faite de moments qui s’évaporent, mais elle consiste à entrer dans les prévisions de Dieu pour nous. Éphésiens 2:10 : Les œuvres préparées d’avance…

Éphésiens 5:15-17 : Ne vivez pas sans réfléchir, vivez plutôt comme des sages qui savent profiter du temps que Dieu leur laisse. C’est pourquoi, ne soyez pas stupides, mais comprenez bien la volonté du Seigneur.

Toute leçon non retenue est inutile. C’est là le trésor de ta vie intérieure. À chaque fois que Dieu te parle, tu peux choisir de négliger cette parole ou de la thésauriser.

1 Samuel 3:19 : Samuel grandissait. L’Éternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles.

Là est le secret de la croissance spirituelle de Samuel : il ne laisse tomber à terre aucune parole de l’Éternel. Comment faire pour pratiquer cela ?

Il s’agit de recueillir la parole du Seigneur et d’en faire quelque chose. Tu peux augmenter ton capital spirituel en écrivant quelques mots sur ce que le Seigneur te dit. As-tu enregistré les comptes de tes trésors spirituels ?

Être leader se construit peu à peu. Il y a des dons naturels, mais il y a aussi un développement du leadership, en construisant sa vie comme un leader, en pensant comme un leader.

Apprendre à planifier, à accomplir et à faire un bilan : voilà un style de vie d’un leader.

3- Le caractère.

Le caractère est ce que devient le tempérament sous l’influence de l’éducation, de la culture, du contexte de vie, des choix et des pensées entretenues ; il est pour une grande part modelé par notre façon de réagir aux événements ou aux personnes. Alors que nous ne pouvons pas faire grand-chose pour notre tempérament, nous avons une grande responsabilité sur la formation de notre caractère.

Le mot caractère vient du grec et signifie : « signe gravé ». Dieu s’intéresse à ce qui va être gravé en nous. Il veut voir les marques de Christ en nous. Notre tempérament est peut-être le parchemin, mais les caractères de Christ veulent se graver en nous.

Galates 6:17 : Je porte sur mon corps les marques de Jésus.

Ces marques s’appellent principalement : renoncement, humilité, discipline, endurance, patience, joie au sein des épreuves.

Qu’il est dangereux pour un leader de ne plus progresser dans son caractère et finir endurci !

Sur quoi votre caractère a-t-il été marqué par Dieu dans l’année écoulée ? Quelles sont les marques de Jésus gravées dans votre vie ?

Pour moi, j’ai vu deux domaines où le Seigneur a travaillé ces dernières années : d’abord l’insécurité qui produit l’abus, la crispation, la domination et ensuite la crainte qui produit la lâcheté et la démission.

4- Les compétences, l’apprentissage continuel, l’accomplissement au lieu de l’action.

L’apprentissage continuel est la clé du leadership.

Un leader se développe toujours. Le leadership est un travail continuel et constant. On me demande parfois comment je fais pour avoir autant d’anecdotes et de documentation. Je réponds : j’en cherche chaque jour. Je suis à l’affût de tout ce que je peux apprendre et qui m’est utile pour mon appel. « Le secret de votre réussite se trouve dans notre programme journalier », Tag Short.

Un leader est assez intelligent pour sentir son besoin et préparer l’avenir.

Vous serez dans dix ans ce que vous êtes aujourd’hui plus les livres que vous aurez étudiés, les gens que vous aurez fréquentés, les moments passés avec Dieu.

Quand un leader ignore ses compétences, il passe trop de temps à faire ce qu’il ne devrait pas !

Le leadership implique de mettre en évidence ses dons, de bénir les autres avec ses dons et de former des personnes équipées par ces dons. Ignorer qu’on a des compétences qui permettent de répondre aux besoins est une façon de vivre un ministère sous-développé.

Accomplir au lieu d’agir.

Le temps de votre travail importe moins que ce que vous y faites. Mais ce que vous y faites importe moins que ce que vous accomplissez. Dieu a achevé ce qu’Il avait commencé pour pouvoir jouir du sabbat. Tout est accompli est le cri final de Jésus quand Il s’exclame : Père j’ai achevé ton œuvre sur la Terre ( Jean 17:4).

Rien n’est pire que de s’activer, sans jamais rien accomplir. Rien n’est plus frustrant, dans le ministère, que de brasser beaucoup d’activités pour n’avoir aucune satisfaction d’une chose accomplie. C’est vanité, poursuite du vent ! Vous agissez, mais vous n’accomplissez pas ? Danger !

5- Porteurs d’espérance et de joie.

L’Église du 21e siècle traite avec une génération découragée, déprimée, fatiguée et qui se sent coupable. Les gens d’aujourd’hui sont plus intéressés à apprendre quoi faire avec leurs péchés et leurs combats que de savoir qu’ils sont pécheurs.

Le monde est blessé. La vie fait mal dans un monde déchu. Comment surmonter les circonstances difficiles, les déceptions, les oppressions, les trahisons, la pauvreté, la mort ?

En ces temps, nous devons être généreux en espérance.

Romains 5:2-4 : Notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Mieux encore ! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, la persévérance conduit à la victoire dans l’épreuve, et la victoire dans l’épreuve nourrit l’espérance.

Si nous voulons faire face à une telle absence de goût de vivre, nous devons développer un humour constant.

Quand j’ai demandé à Jean-Claude Chabloz, un leader exemplaire dans la francophonie, quelles sont des deux choses les plus importantes qui lui ont permis de tenir, il m’a dit : l’une des deux est l’humour.

Francoscopie 2003 : « La dépression pourrait être le cancer du 21e siècle ». La perte du goût de vivre se répand largement.

En janvier 2005, le commissaire européen chargé de la santé, a plaidé pour que la santé mentale soit élevée au rang des priorités politiques en Europe, rappelant que le suicide tuait davantage que les accidents de la route ou les meurtres. C’est « le tueur invisible de l’Europe », a-t-il déclaré.

Posons-nous deux questions utiles :

1- Quels sont les éléments qui me font perdre le goût de vivre ?
2- Comment redonner du goût à la vie ?

Exercice : moquez-vous de vous-mêmes. Notez deux incidents embarrassants qui vous sont arrivés récemment :

1- ……..
2- …….

Vivre avec son quota d’erreurs.

Nous sommes soumis à un régime permanent de mauvaises nouvelles. Les nouvelles déprimantes sont livrées à domicile par les médias, et si rien n’a été trouvé le jour même, les stocks de vieilles tragédies ressortent pour qu’on célèbre leur anniversaire.

Pour ceux qui sont à la recherche d’un travail, le discours souvent entendu est : pas de débouchés, chômage, crises, pas de retraites, et quand on trouve quelque chose… on entend : réorganisations, plan social, rachat, concurrence internationale. Les gens doivent travailler plus dur, changer ou s’effondrer. Ne soyons pas étonnés de la fréquentation des cabinets psy pour lutter contre le stress.

Ainsi, la mélancolie se fait une place sur les traits de notre visage. Pour lutter contre la douleur, le visage devient sans expression. Par nature, nous sommes joueurs et spontanés. En vieillissant, nous devenons de plus en plus sérieux et nous payons des humoristes pour faire ce que nous avons oublié ou négligé. Il est dangereux de confondre professionnalisme et sérieux austère.

6- Générateurs de ressources, d’appels et de projets.

Le leader voit le potentiel dans les gens et il éveille le rêve endormi ou écrasé. Il augmente ce qu’il voit et touche. Le leader voit les possibilités et les ressources disponibles. Il est motivé par les défis nouveaux et les projets. Il favorise l’entreprise et le potentiel des autres. Il génère les ressources humaines, spirituelles et financières. Il exerce une influence.

Il a reçu une capacité de donner une impulsion qui fait bouger les choses. Tout le monde sait qu’il est difficile de manœuvrer un navire à l’arrêt. On a besoin de le mettre en mouvement pour pouvoir changer de trajectoire. Pensez à Néhémie : à cause du rêve de foi qui l’anime, d’une passion sur son cœur, il est moteur. Le Saint-Esprit veut nous équiper de Sa force de création et d’action. Actes 9:31 : l’Église s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit.

Un leader est quelqu’un par qui on se voit grandir. Les potentiels endormis sont éveillés dans une pression qui n’est pas lourde. 2 Corinthiens 5:14.

Un grand homme n’est pas quelqu’un devant qui on se sent petit, mais une personne par qui on se sent grandir.

7- Compatibilité.

Voilà une notion qui est indispensable à la vie des leaders. Paul et Jacques n’auraient pu travailler ensemble. Pourquoi ? Incompatibilité d’appel et donc de façon de voir la vie et les priorités.

Nombres 11 : Je mettrai de l’Esprit qui est sur toi sur les 70 anciens.

Pour travailler ensemble, il est essentiel d’avoir même couleur d’onction, mêmes valeurs, même mentalité et même projet, mêmes priorités.

Si vous prenez des gens pour les former comme leaders avec vous, vérifiez la compatibilité.

Les leaders efficaces sont toujours à la recherche de bons collaborateurs.

Psaumes 101:6 : Je distinguerai les hommes sûrs du pays pour qu’ils siègent à mes côtés. Celui qui a une conduite intègre, celui-là sera mon ministre (Tob).

Alors que je cherche d’autres leaders pour nos ministères, ce texte me bénit. « Je distinguerai les hommes sûrs du pays. » Je demande un discernement pour reconnaître les hommes sûrs. Il y a des gens doués, mais je veux « des gens sûrs pour qu’ils siègent à mes côtés ».

Voyez comment Paul et Jacques auraient eu du mal à être compatibles à cause de leurs appels respectifs et de leur vision des choses.

Je sais que la synergie fait que je grandirai en fonction de la qualité des gens qui m’entourent ! Alors, je veux veiller sur la compatibilité et la qualité de ce que John Maxwell appelle « mon cercle rapproché ».

8- Nous avons les mêmes soucis !

1 Pierre 5:9 : Sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde.

Quand Pierre écrit aux responsables de l’Église, il nous dit de nous décharger sur le Seigneur de tous nos soucis, nous encourage à résister au diable et nous dit que nous avons tous les mêmes souffrances, où que nous soyons dans le monde. Et c’est vrai… où que nous allions dans le monde, nous avons l’impression qu’on retrouve les mêmes problèmes et les mêmes personnes. Elles ont changé de visage et de nom, mais intérieurement ce sont les mêmes. Vous savez… ce gars qui vous dit toujours que la sono est trop forte, que Dieu n’est pas sourd et que nos tympans vont être endommagés par le niveau sonore. Vous lui avez expliqué que vous cherchez à atteindre une génération qui est habituée à un niveau bien plus élevé et que ce n’est pas pour vous, mais pour eux, que vous faites cela. Il vous répond que nous n’avons pas à nous conformer à ce monde, etc. Vous voyez de qui je veux parler ? Il est présent à Bujumbura, à Marseille, à Montpellier, à Montréal, à Abidjan, à Lausanne et dans votre Église locale.

Celui qui vient vous dire que dorénavant il est devenu juif, par révélation… et vous savez que c’est farfelu et souvent inexact (les dernières fois où c’est arrivé, j’ai même proposé de les circoncire sur-le-champ !) Vous l’avez dans votre Église, et nous aussi...

Celui qui dit aux nouveaux croyants que tout est beau au début et qu’après, ça devient difficile… vous l’avez aussi !

Celui qui se moque de tout, sauf de lui-même… vous le connaissez ?

Celui qui trouve qu’il n’y a pas assez de foi et de miracles. Il a sûrement raison, mais il est si ronchon. Et nous pourrions continuer la liste… mais nous avons les mêmes.

Au milieu de tout cela, un défi se présente aux pasteurs qui veulent voir leur Église se développer :

Comment maintenir l’unité quand les différents groupes envisagent les perspectives de façon partielle et radicale ?

Pensez à un pasteur d’une Église grandissante à qui les différents départements demandent de l’attention, de la considération, de l’argent pour leurs projets, parce que chacun a le sentiment que son ministère est moins considéré que les autres. Voici ce qu’il entend :

La louange est primordiale pour notre style d’Église ! Le groupe des jeunes donne l’énergie et le futur de l’Église ! Les ados et les enfants sont les oubliés ! La prière est le parent pauvre alors qu’elle est la clé du réveil ! Les relations ne peuvent pas être négligées ! Les gens ont besoin d’accompagnement pastoral et de délivrance. L’évangélisation est le centre de notre mission ! La formation biblique est indispensable si nous voulons grandir plus sainement que nous l’avons fait. Les groupes de service ont besoin de soins, de valorisation, de soutien et d’argent ! Les groupes de maison sont le cœur de la vie des disciples. Mais il faut prêcher la foi et distribuer des livres de foi ! Il y a trop de réunions, il faut soigner les familles et les couples. On ne fait rien pour les célibataires ! C’est bien joli tout ça, mais qu’allons-nous faire sans argent : vous avez vu le montant des dîmes ? Sommes-nous reconnus pour recevoir dons et legs ! Si nous ne sommes pas en règle avec l’administration, quel témoignage avons-nous ? Si les gens ne sont pas au courant, comment vont-ils s’impliquer ? Il faut améliorer la communication avec le site et le bulletin. Qu’en est-il de nos relations avec les autres Églises ? Si nous ne sommes pas impliqués dans l’unité interconfessionnelle, la bénédiction ne sera pas avec nous… et si on faisait venir un prophète, pour qu’il mette l’accent sur les péchés cachés et nous conduise dans la repentance ? Pasteur, avez-vous pensé à une école de leaders, car vous n’êtes pas éternel et il faut former des leaders ! (C’est vrai qu’à ce régime, les pasteurs sont de moins en moins éternels… dans leur poste. )

Si vous êtes pasteur leader, ce que je viens de décrire est votre quotidien comme le mien. Cela fait partie de la tension de la coordination d’une Église avec divers ministères. Si ce genre de tensions vous déchire, peut-être êtes-vous fait pour une organisation plus petite et plus simple.

Les leaders bâtisseurs de ponts reçoivent de l’énergie en coordonnant les différents départements et en donnant à chacun une place importante et une perspective globale pour la réalisation de la mission.

Ils doivent être des avocats défenseurs de chaque groupe et chaque ministère, tout en cherchant à les unir dans une situation où tout le monde est gagnant. Cela demande un cœur large, une vision large, une capacité large à négocier et appuyer chaque leader d’un département. Tout département non soutenu par le leader principal va stagner ou disparaître.

J’ai compris qu’une Église large doit être dirigée par un leader qui sait bâtir des ponts.

Quelques questions essentielles sur votre leadership.

1- Est-ce que vous avez eu une certitude de votre appel ? Quels sont les éléments de disqualification avec lesquels vous avez eu à lutter ?
2- Quelle est la passion de votre vie ? Si vous pouviez faire une différence dans votre entourage durant votre vie, ce serait quoi ?
3- Quels sont vos objectifs dans cette année : relation avec Dieu, caractère, famille, Église, amitiés, évangélisation, finances ?
4- Qu’est-ce qui a changé dans votre caractère durant l’année précédente ?
5- Vous serez dans dix ans ce que vous êtes aujourd’hui plus les livres que vous aurez étudiés, les gens que vous aurez fréquentés, les moments passés avec Dieu. Quels sont les livres que vous avez étudiés récemment et qui ont opéré un changement en vous ? Quels sont les livres qui vous appellent dans votre bibliothèque et que vous négligez ?
6- Avez-vous le sentiment d’agir sans accomplir ? Pourquoi ? Que faut-il faire pour améliorer cela ?
7- Quels sont les éléments qui vous font perdre le goût de vivre ? Comment redonner du goût à la vie ?
8- Humilité et humour sont liés. Exercice : moquez-vous de vous-mêmes. Notez deux incidents embarrassants qui vous sont arrivés récemment.
9- Faites une liste des qualités que vous aimeriez voir possédées par les gens de votre équipe.

Extrait du livre "Do you speak Eglise ?" de Philippe Joret



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4 commentaires
  • geogui Il y a 3 années, 5 mois

    Pourquoi tant de "chamailleries" autour de l'emploi de ce vocable :" leadership" ? Ne serait-ce pas dû à toute l'ambiguïté qu'il véhicule? Ne pourrait-on pas s'en tenir à la simplicité des termes employés dans la plupart de nos versions de la Bible? Dans le verset de 1 Cor.12:28 cité ici, la hiérarchie des "dons" est claire...Et voilà, on part dans des "rêves" ou des "visions"...La Parole de Dieu n'est elle pas précise? N'est-ce pas Dieu qui attribue ses "dons" à chacun selon sa volonté? Contentons-nous de bien identifier celui ou ceux dont Il nous a doté (s) et servons-en nous à sa gloire...
    • geogui Il y a 6 mois, 4 semaines

      Trois ans plus tard, j'aboutis à la même conclusion. Je pourrais ajouter d'autres développements, mais je préfère m'en tenir à la "simplicité" de mes premiers propos.
  • isoleilla Il y a 4 années

    "Ces marques s'appellent principalement : renoncement, humilité, discipline, endurance, patience, joie au sein des épreuves" Je me demande en quoi vous vous sentez concerné ? LEADER, obligé de fuir au Canada parce que la France vous connaissait trop bien je vous reconnais dans ce terme que vous employez pour vous désigner vous-même au risque d'écraser ceux que le Seigneur a appelé à en être !
  • battaia Il y a 10 années, 10 mois

    MERCI SEIGNEUR de tes paroles.MERCI SEIGNEUR DE L'avoir ouint pour parler de la sorte de TOI. FAIS LE GRANDIR encore plus pour toi SEIGNEUR ET QU'IL PUISSE accomplirTA VOLONTE ici sur cette terre. MERCI SEIGNEUR ET MERCI PHILIPPE .CONTINUE TU ES DANS SES VOIES.
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