Les paroles inutiles

Les paroles inutiles

 S'il nous était possible de persuader ceux dont nous essayons de réveiller la conscience, qu'ils rendront compte de toutes les paroles vaines qu'ils auront dites (Matthieu 12.36), ils seraient bien vite convaincus de péché. Il est difficile de faire comprendre à un chrétien qu'il ne doit pas dire de paroles inutiles. Cependant, il lit le livre des Proverbes, il sait par cœur le chapitre trois de l'épître de Jacques, et tant d'autres pages de la Bible où la langue, cet ingouvernable gouvernail, est considérée comme enflammée du feu de la Géhenne, tant qu'elle n'est pas sous la domination du Saint-Esprit.

Elle peut, en effet, être le moyen de tant de bien et de tant de mal, que nous sommes comme contraints rendre les enfants de Dieu attentifs à l'emploi qu'ils en font. Leur titre d'enfants ne les oblige-t-il pas à une plus grande sainteté ?

Mais comment tracer des règles précises sur ce qu'il faut dire ou ne pas dire ?

Pour mettre fin à nos perplexités, la Bible nous donne à ce sujet une maxime d'or. La voici :

« Que vos discours servent à l'édification et qu'ils communiquent la grâce à ceux qui les entendent » Éphésiens 4.29.

Deux chrétiens se rencontrent et causent d'un ton très animé. Écoutez-les ! Politique, commerce, nouvelles du jour, tout y passe ! Puis, ils se quittent très satisfaits. Se sont-ils communiqué quelque grâce ? Ont-ils eu seulement la pensée de s'édifier ?

Cependant, les gens du monde s'attendent à nous entendre parler du Seigneur. Il pouvait y avoir dans ce salon une âme bien disposée et qui a été déçue. Je me souviens qu'une jeune fille, qui n'osait pas faire connaître ses sentiments, se trouvait dans une soirée où une chrétienne devait venir. Heureuse d'avoir l'occasion de la rencontrer et de l'écouter, elle fut complètement découragée en entendant cette chrétienne ne parler que de choses indifférentes.

On nous invite ; c'est une réunion de famille, il faut accepter. La société est mélangée. On cause, on rit, on plaisante… Vous finissez par faire comme les autres. Si quelqu'un vous suivait de l’œil et prêtait une oreille attentive, il n'entendrait sortir rien qui trahit votre royale et divine vocation.

Le soir, vous rentrez un peu triste et sans vous rendre compte pourquoi : « Je ne pouvais rien dire là pour le Seigneur ! », vous répétez-vous à vous-même par manière d'excuse. Cependant, si l'amour des âmes ou le désir d'obéir à cette parole, « Que vos discours servent à l'édification », avait été vivant dans votre cœur, n'auriez-vous pas eu un trait sérieux à raconter ? N'auriez-vous pas pu vous isoler un moment pour dire un mot à quelqu'un aussi dépaysé de que vous ? Votre silence aurait peut-être repris les vains parleurs et convaincu les assistants que vous êtes citoyen d'une région plus élevée que la terre.

Dans nos jours de relâchement et de complaisances stériles, tout ce que nous faisons pour nous rendre les mondains favorables manque son but. Ils trouvent toujours moyen de nous en blâmer.

Des chrétiens en voyage sont logés chez des incrédules. Pour ne pas être désagréables à leurs hôtes, ils causent avec eux sur toute espèce de sujets, sans rien dire de sérieux ; paroles perdues s'il en fût ! A la bonne heure ! s'écrie-t-on après leur départ. En voilà qui ne font pas toujours des sermons ! Ils sont aimables comme tout le monde.

Quel éloge et quelle honte ! Et dire encore que tous ces entretiens inutiles ne pèsent d'aucun poids sur la conscience de ces chrétiens !

J'assistais un jour à une noce. Là, se trouvaient des personnes sérieuses et plusieurs pasteurs… J'étais jeune dans la foi et je m'attendais à de saintes conversations. Pendant le repas, la parole fut naturellement aux plus lettrés. Ils n'eurent à dire que d'agréables jeux de mots et de fines plaisanteries. Le mal que j'en reçus fut grand…

Cela ne veut pas dire qu'il faille toujours parler par sentences ; mais l'amour des âmes et de la gloire du Seigneur donne de la prudence, et le Saint-Esprit un tact exquis pour parler à propos.

Il est vrai aussi que l'on dit des paroles religieuses inutiles. On « fatigue » Dieu lui-même par de vaines redites, croyant être exaucé en parlant beaucoup. Mais cette étude est déjà assez longue et assez humiliante. A mesure que j'écris, je vois s'amonceler tant de paroles inutiles dont mes lèvres ont été coupables, qu'il me tarde de déposer au pied de la croix et sur le cœur de mon grand Substitut cet insupportable fardeau.

La croix de mon Sauveur se dresse. Il a les mains et les pieds cloués immobiles, pour expier les péchés de mes mains et de mes pieds. Il a son cœur déchiré au-dedans de lui, à cause des péchés de mon propre cœur. Et sa bouche, cette bouche qui a parlé comme nulle autre n'a pu le faire, elle est embrasée d'une soif ardente, elle est abreuvée de vinaigre, elle crie dans son agonie… La langue de mon Sauveur, cette langue qui n'a cessé de glorifier le Père, est attachée à son palais… Encore une convulsion, et elle se tait et meurt pour les péchés de ma langue…

Ô mon Dieu ! Purifie mes lèvres avec un charbon pris sur ton autel !



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