Marthe et Marie. Qu'en penser ?

Marthe et Marie. Qu'en penser ?

Question d'un Internaute : "Dans Luc 10.38-42, on a l'impression que Marthe a tout faux, et que Marie a tout bon. Est-ce ainsi qu'il faut le comprendre ?"

Il est vrai que les paroles de Jésus à l'égard de Marthe semblent bien sévères. Mais il ne faut pas oublier que c'est elle qui a commencé avec des reproches — non seulement à l'égard de sa sœur, mais aussi de Jésus lui-même : "… cela ne te fait-il rien que ma sœur…".

Pour bien comprendre cette histoire, il faut savoir que Marthe occupait une place particulière dans la fratrie Marthe-Marie-Lazare, dont Jésus aimait chaque membre d'une manière égale (Jn. 11.5 ; NB : Marthe est nommée en premier). C'était elle la maîtresse de maison (veuve de Simon le lépreux ? Marc 14.3-9 ; cf. Jn. 12.1-8) ; après la résurrection de Lazare, il est dit : "Là, on lui fit un souper ; Marthe servait…"

Ce texte ne nous dit pas que Marthe avait tout faux et Marie tout bon. Mais qu'entre les choses matérielles, aussi utiles et nécessaires qu'elles soient, et les choses spirituelles, la préséance doit être donnée aux dernières, même parfois au détriment des premières. Cela rappelle ce texte : "Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus." (Matt. 6.33)

Par exemple, pour une mère de famille, se priver d'un culte pour préparer un succulent repas à ses invités n'est pas la meilleure chose à faire ! C'est inverser les priorités ! Il y a sûrement un moyen de faire autrement, non ? Cela me rappelle une anecdote que l'on m'a racontée en Norvège.

Un prédicateur itinérant, comme il en existe dans ce pays, avait prêché un dimanche matin sur Marthe et Marie avec, il faut l'avouer, peu d'aménité pour Marthe. Il devait être reçu à déjeuner chez des chrétiens de l'église. Lorsqu'ils arrivèrent à la maison, on le fit entrer dans un salon non chauffé, où on le laissa méditer un bon bout de temps. Puis la maîtresse de maison, avec un sourire avenant, ouvrit la double porte qui donnait dans la chaude salle à manger, où trônait une belle table, avec une nappe blanche, des couverts en argent et des verres en cristal, tout embaumée des fumets qui émanaient de la cuisine. L'hôtesse convia alors le prédicateur en ces termes : "Votre humble servante Marthe vous invite à partager notre humble repas !"

Je trouve cette histoire appropriée comme antidote à l'« antimarthisme » exacerbé !

Cela dit, je pense que cela doit aussi nous faire réfléchir sur notre motivation profonde dans le service de Dieu. Que nous mettions "un point d'honneur" à le bien faire ne doit pas masquer un éventuel "point d'orgueil" personnel, au détriment de notre entière dévotion à Celui que nous servons.



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