Mérite ou foi (2 de 2)

Mérite ou foi (2 de 2)

Cher Pasteur,

La dernière fois, entre les spasmes de ma toux bronchique, je te parlais de cet officier Romain, dont le serviteur était mourant, et qui avait sollicité l'aide de Jésus, chaudement recommandé en cela par plusieurs anciens des Juifs (Luc 7.1-17) :

"Ils arrivèrent auprès de Jésus, et lui adressèrent d'instantes supplications, disant : Il mérite que tu lui accordes cela ; car il aime notre nation, et c'est lui qui a bâti notre synagogue." (Luc 7.4-5)

Nous nous étions arrêtés à la notion de mérite, que ces Juifs bienveillants lui attribuaient, non sans raisons d'ailleurs. Mais voyons comment ce Romain conquérant, commandant d'une centaine d'hommes, habitué à se faire obéir immédiatement, va ressentir la chose. Au lieu de se comporter en envahisseur vainqueur envers le méprisable habitant d'un pays conquis ; ou même comme un honorable bienfaiteur qu'il conviendrait de remercier, il va renoncer à toute prérogative, à toute notion de mérite personnel ; il ira même jusqu'à dire :

"Seigneur, ne prends pas tant de peine ; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C'est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d'aller en personne vers toi" (Luc 7.6-7)

Que voilà une authentique et profonde humilité ! Et même si Jésus ne dira rien de cette remarquable modestie, il est clair qu'elle était indispensable à la manifestation de l'extraordinaire foi de cet homme, que Jésus affirmera n'avoir pas même trouvée en Israël !

Parce que la foi repose uniquement sur la grâce imméritée, sur le don de Dieu. Partout où la notion de mérite s'insinue dans notre relation avec Dieu, notre foi dans les promesses divines devient une pseudo-foi, une foi de marchandage :

"Tu vois, Seigneur, voilà trois jours que je suis dans le jeûne et la prière… Tu pourrais faire un geste !".

Bon, ne va pas en déduire que je sois contre le jeûne et la prière, mais pourtant… parfois… Tu n'imagines pas combien cette notion de mérite peut être subtile, et comment elle réussit à s'introduire dans nos cœur à notre insu :

"Seigneur, je ne comprends pas : mon voisin de palier boit comme un trou, jure comme un charretier et bat sa femme, et il a une santé resplendissante, alors que moi, qui suis ton enfant depuis tant d'années, je traîne un ulcère à l'estomac qui ne veut pas guérir, malgré mes prières !…"

Tu ne sens pas un relent de mérite dans une telle oraison ? On n'est vraiment pas loin de la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18.10-14) !

Notre Romain n'est pas sur ce terrain-là, et ce qui suscite l'admiration de Jésus en lui, c'est la foi sincère qu'il exprime. Oh, pas avec de grandes et profondes pensées théologiques, non, mais en ses simples termes de soldat, habitué qu'il est, en tant que militaire, à la fois au commandement et à la soumission :

"… moi qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres ; et je dis à l'un : Va ! et il va ; à l'autre : Viens ! et il vient ; et à mon serviteur : Fais cela ! et il le fait." (Luc 7.8)

Lorsqu'il demande à Jésus : "dis un mot, et mon serviteur sera guéri" (Luc 7.7), il pense à l'autorité dont Rome l'a investi, qui confère de la puissance à sa parole, à lui, simple chef de cent soldats ; et il voit en Jésus le dépositaire de la suprême autorité du Créateur, et qui n'a qu'un ordre à donner pour être immédiatement obéi. Et le miracle s'accomplit !

Quel magnifique exemple de foi véritable ! Mais j'ai une bonne nouvelle pour toi : Point n'est besoin se s'enrôler dans les légions romaines de César pour acquérir cette foi-là. Il faut simplement, tout comme notre sympathique centurion, comprendre que pour obtenir l'aide du Seigneur, il ne faut pas s'engager sur le terrain du marchandage "méritoire", même bien camouflé sous les dehors doucereux de la fausse piété. Il suffit de renoncer à toute forme de revendication de mérite, afin que la foi puisse couler, libre et pure, de nos cœurs reconnaissants.

***

Une dernière info : J'ai fini de tousser !



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1 commentaire
  • Hilaire Bahou Il y a 9 années, 11 mois

    Salut Cher grand formateur Jean-Claude Guillaume! Ce message, il est pour moi! Je te remercie beaucoup. Que le Dieu tout puissant te rende au centuple le fruit du grand travail que tu fais par tes enseignements que tu dispenses à des millions de chrétiens sur la terre à travers le net. A bientôt mon ami, je t'aime!!!!!