Miséricorde ou jugement

Miséricorde ou jugement
Cher Pasteur,

Mon souhait en ce début d'année, c'est que nous ayons tous les uns envers les autres la même attitude de cœur qu'a eue le père du fils prodigue. À mon humble avis, cette parabole bien connue du "fils prodigue" serait sans doute plus justement nommée "parabole du père miséricordieux" :

"… car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir." (Luc 15.24)

Ce fils que voici est, en réalité, un mauvais garnement, égoïste, n'hésitant pas à briser le cœur de son père en méprisant les liens familiaux et en réclamant sa part d'héritage avant même que le père fût mort. Il disparaît de la ferme familiale pour vivre dans la débauche. Combien de temps est-il resté parti ? L'histoire ne nous le dit pas.

Dans cette famille brisée par le péché, nous découvrons deux attitudes. Celle d'un frère, pleine de rancœur et d'indignation ; une attitude tout humaine et compréhensible devant le comportement scandaleux de son jeune frère ; une attitude de jugement.

Et celle d'un père aimant, souffrant infiniment plus de l'absence du fils chéri que de l'offense reçue ; une attitude d'un cœur plein de pardon ; une attitude de miséricorde.

"Comme il était encore loin, le père le vit…", poursuit l'histoire. Pour le voir arriver de loin, encore fallait-il non seulement regarder, mais aussi se trouver à un endroit d'où on pouvait voir loin. C'est ce qui me fait penser que dans le cœur de ce père, avec l'amour et le pardon, il y avait aussi l'espoir. Espoir bien ténu, peut-être, à en juger par l'expression qu'il va employer pour justifier sa grande fête : "… car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie" ; espoir ténu, dis-je, puisqu'il considérait son fils bien-aimé comme mort. Non pas qu'il le crût mort physiquement, mais mort, parce que perdu !

Oubliés l'offense, l'incertitude, les jours d'angoisse à se torturer le cœur : "Où peut-il bien être, à cette heure ? A-t-il froid ? A-t-il faim ? Est-il en danger ?". La joie le submerge et déborde sur ses compagnons : " il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir." Tous, sauf un ! Le fils aîné.

Oh, il a de solides arguments, le fils aîné ! Bien-pensant, propre juste, n'ayant jamais fait un écart, ayant toujours obéi à son père ! Mais avec une sourde rancune non avouée pendant très longtemps ; rancune contre son frère, ce voyou qui a déshonoré la famille, certes ; mais rancune aussi contre son père qui, selon lui, ne lui a jamais fait de cadeau, alors que tout était à sa disposition ! Quelle image avait-il donc de son père, lui qui vivait chaque jour auprès de lui ? Alors, quand le voyou revient, ça explose. C'est là le grand danger de l'esprit de condamnation : Ça vous explose à la figure, un jour ! "le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement." (Ja 2.13).

"Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés ) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ " (Éph 2.4-6)

Merci, Seigneur, d'avoir accueilli le fils prodigue que j'étais ; garde-moi de ne jamais devenir un fils aîné !

Un jour, une monitrice d'école du dimanche interrogeait les enfants sur cette histoire du fils prodigue. Elle voulut vérifier s'ils l'avaient bien lue jusqu'au bout, et posa la question : "Et qui n'était pas content du tout ?". Une petite fille leva timidement la main, et répondit sans hésiter : "Le veau gras !"

(Rediffusion TL – Perdu et retrouvé - 828)

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