Ne rendons pas dieu responsable de nos souffrances

Ne rendons pas dieu responsable de nos souffrances

Dans les temps où nous vivons, la détresse est plus grande que jamais dans le monde. Souffrance, dans nos divers pays d’Europe, parmi ceux qui veillent aux frontières, parmi ceux qui ressentent cruellement le vide laissé par l’absent ; souffrance de celles qui déjà pleurent un disparu ; souffrance des réfugiés qui ont dû tout abandonner et partir ; souffrance à cause de la guerre, à cause du péché ; souffrance physique, souffrance morale…

Que de souffrances ! Mon Dieu ! Que de souffrances !

Oui, c’est bien ainsi, appelez Dieu à votre aide, parlez-lui de ce qui vous brûle. Qui que vous soyez, vous que la souffrance visite, que ce soit à cause de la guerre ou pour toute autre raison, tournez-vous vers Dieu, épanchez votre cœur dans le sien, expliquez-lui, montrez-lui votre plaie, laissez couler nos larmes, recherchez sa consolation.

Mais ne commettez jamais l’erreur monstrueuse de le rendre responsable de tout ce qui vous arrive.

Dieu est toujours là, il est au fond de nos abîmes de misère et d’horreur pour nous aider à en sortir. Mais ce n’est pas la volonté de Dieu qui s’accomplit dans tout ce qui nous atteint.

Nous chantons quelquefois : « L ‘épreuve et la joie me viennent de toi ». Eh bien ! Pas toujours. Souvent, sans doute, Dieu nous fait passer par l’épreuve comme un père châtie des enfants, pour leur plus grand bien. Mais souvent aussi, la souffrance n’est que le résultat de nos égarements, la toute naturelle moisson correspondant à nos semailles. Quelquefois encore elle nous vient à cause de l’inconséquence ou de l’égoïsme d’un autre. Enfin, elle nous visite du fait même qu’étant tous solidaires les uns des autres, nous bénéficions des progrès réalisés et de même sommes entraînés dans la chute commune.

« L’idée que Dieu fait directement tout ce qui arrive, comme nous voyons un homme organisé et produire ses actes, est une idée intolérable ». Penser que les guerres, les massacres d’innocents, les épidémies meurtrières, les fléaux sociaux, sont voulus par lui, est une abomination.

Par le fait même que Dieu nous a crées libres, il a du même coup, en quelque sorte, limité son action. Si Dieu devait empêcher tous ceux qui font mal, d’agir, il n’y aurait pas un être libre sur la terre. Hélas ! L’égarement des hommes mène souvent bien loin et beaucoup d’innocents sont entraînés dans cette course à l’abîme.

Devant les maux qui nous accablent, répétons plutôt : « C’est l’ennemi qui a fait cela », ou reconnaissons humblement que l’arbre planté par nous a produit ses fruits.

Disons-nous bien que Dieu « envoie » la souffrance ou bien qu’il la « permet ». Et c’est différent. Voici quelqu’un qui par sa façon d’agir me plonge dans la douleur, quelqu’un qui installe son bonheur sans se soucier si c’est aux dépens du mien et si, pour ce faire, il détruit ou ruine ma vie, mes espérances. Pour m’éviter cette souffrance, Dieu ne pouvait que forcer ce quelqu’un à agire selon l’idéal chrétien ; Or, cela, Dieu ne le fait jamais, il n’oblige personne, nous sommes tous libres de prendre le chemin qui nous plaît. Dieu ne m’a donc pas envoyé cette souffrance : il n’a pu que la permettre.

Mais ce que nous ne devons jamais oublier, c’est que, derrière cette souffrance « envoyée » ou « permise », Dieu est là. Il est là pour nous soutenir, là pour veiller à ce que notre malheur produise du fruit, contribue à un progrès, et que, de cette nuit, de la lumière et de la force surgissent.

Dans ces durs moments, affermissons-nous, ancrons-nous dans cette pensée : Dieu nous aime.

Rien, ni personne ne peut nous arracher de la main de Dieu, si nous sommes décidés à y demeurer. Rein ne nous séparera de l’amour de Christ : « ni la tribulation, ni l’angoisse, ni la persécution, ni la faim, ni le péril, ni l’épée, car dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs pas celui qui nous a aimés ». Rien ne peut enrayer ou détruire son plan à notre égard.

Qu’elle force ! Quelle assurance !

Invoquons-le contre la méchanceté, l’incompréhension, les inconséquences, l’abandon, le découragement, les forces destructives.

Oui, invoquons-le contre le mal, sous quelque forme qu’il se présente, qui nous assiège, lui demandant son aide.

Et puis…faisons-lui confiance. C’est le Père.

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2 commentaires
  • Marie-anne Berne Il y a 6 années, 4 mois

    Merci pour cette lecture, si Dieu permet la souffrance, physique ou moral c'est pour nous aider à comprendre qu'il est à nos côtés tous les jours qu'il frappe à notre porte pour s'abandonner à son entière confiance et à sa Miséricorde.
  • Marie Blanche Il y a 9 années, 7 mois

    Ce que nous ne devons jamais oublier, c'est que, derrière cette souffrance « envoyée » ou « permise », Dieu est là. Il est là pour nous soutenir, là pour veiller à ce que notre malheur produise du fruit, contribue à un progrès, et que, de cette nuit, de la lumière et de la force surgissent.