Perdre son salut

Perdre son salut

Cher Pasteur,

"Peut-on perdre son salut ?", voilà une question très controversée. Deux opinions s'affrontent : D'une part, il y a ceux qui affirment qu'une fois sauvés, on le reste, quoi qu'il arrive. D'autre part, certains pensent qu'une faute grave peut nous faire perdre notre salut, et que "la moindre faute est un passeport pour l'Enfer", comme se plaisait à dire, en 1483, le sinistre Grand Inquisiteur d'Espagne, Tomás de Torquemada.

De deux choses l'une : Ou j'appartiens à Christ par la foi, et il vit en moi par le Saint-Esprit, ou mon appartenance à Christ dépend de mes œuvres, bonnes ou mauvaises, et nous revenons au salut par les œuvres, clairement démenti par Paul :

"Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie." (Éph 2.8-9)

Il faut se poser la question : "Si une œuvre bonne ne peut pas nous sauver, une œuvre mauvaise peut-elle nous perdre ?".

L'apôtre Jacques nous parle de la foi et des œuvres ; et il insiste sur les œuvres, au point que certains théologiens protestants l'ont suspecté de prôner le salut par les œuvres, et d'être en contradiction avec Paul (Voir Ja 2.21 et Rom 4.2-3). Il veut simplement montrer que si quelqu'un a la foi en Christ, qu'il est né de nouveau, et qu'il est une nouvelle créature, sa foi s'accompagnera nécessairement d'œuvres bonnes (Éph 2.8-10).

Si ces œuvres sont totalement absentes, c'est que la foi est morte. Par contre, lorsque les œuvres accompagnent la foi, d'une part elles sont un témoignage de ce que cette foi est vivante, car elles en sont le fruit ; d'autre part elles participent à l'affermissement de la foi. Concernant Abraham qui offrit son fils, Jacques affirme :

"Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite." (Ja 2.22)

Ce qui lui permet de tirer une double conclusion :

1. "Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement." (Ja 2.24)

2. "Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte." (Ja 2.26)

L'important est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Seule une foi vivante au Fils de Dieu nous justifie ; mais la marche avec le Seigneur dans les œuvres qu'il a préparées d'avance pour nous, va faire croître cette foi et la rendre solide.

Mais qu'en est-il si nous bronchons ? Faut-il penser avec l'inquisiteur Torquemada que la moindre faute est un passeport pour l'Enfer ? Jamais de la vie ! Les exemples abondent dans la Bible pour nous montrer que Dieu connaît notre condition humaine ; qu'il est un Dieu miséricordieux, prêt à pardonner à qui se repent. Mais combien de fois va-t-il me pardonner pour la même faute ? Voici ce que demande Jésus à des hommes :

"Alors Pierre s'approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu'à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois." (=490) (Matt 18.21-22)

Notre Père céleste a au moins cette patience-là ! Le problème n'est pas qu'il risque de nous renier et de nous rejeter en tant que ses enfants parce que nos œuvres seraient mauvaises. Avoir accepté Jésus un jour dans notre vie et avoir porté des fruits dignes de la repentance, ou, en d'autres termes, avoir eu une foi vivante suivie des œuvres bonnes qui lui sont normalement associées, n'est nullement le garant de l'impeccabilité. Mon œuvre mauvaise d'aujourd'hui va-t-elle remettre en question ma qualité d'enfant de Dieu, ma foi que Christ est mon Sauveur ?

La réponse est un non catégorique. D'aucuns diront : "On peut donc vivre n'importe comment !". Grave erreur ! Pour que nous puissions discerner le bien du mal, l'œuvre bonne de l'œuvre mauvaise, Dieu, en venant faire sa demeure en nous par le Saint-Esprit, accorde notre conscience, faussée par notre ancienne vie, selon ses critères divins. Mais personne ne nous empêche de fouler aux pieds notre conscience. Seulement le résultat risque d'être tragique :

"Le commandement que je t'adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton sujet, c'est que, d'après elles, tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques-uns l'ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi." (1Tim 1.18-19)

La conscience est un organe spirituel très fragile. La malmener peut résulter en sa destruction, entraînant le "naufrage par rapport à la foi", et à la limite, la perte du salut par la perte de la foi.



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31 commentaires
  • Awesnanto1 Il y a 4 mois, 3 semaines

    Je ne comprendS pas la fin du texte .....c est comme si en conclusion quelqu'un peut perdre son salut. N est ce pas?
  • RamosMessenh Il y a 6 mois, 3 semaines

    Le Salut est ce qu'il y a de plus précieux au monde. la question de sa perte est très très cruciale. Cependant moi je repond à cette polémique en fonction de celui qui me l'a posé. Ainsi, pour ma part ce soir, je résume le sacrifice de JESUS en une phrase: "il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en CHRIST (Ro 8:1). Or Jean dit celui qui pèche ne l'a point connu, ni vu. Et c'est justement la raison pour laquelle Paul écrit 6 dans Hébreux 10:26-31 :"En effet, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés,mais une terrible attente du jugement et l’ardeur du feu qui dévorera les adversaires de Dieu.Celui qui a violé la loi de Moïse est mis à mort sans pitié, sur la déposition de deux ou de trois témoins.Quelle peine bien plus sévère méritera-t-il donc, à votre avis, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura jugé sans valeur le sang de l'alliance grâce auquel il a été déclaré saint et aura insulté l'Esprit de la grâce ? voyez vous ? Il avait été déclaré saint donc digne d'entrer dans le Royaume. Cependant, pécher volontairement(sans se repentir avant la mort car Dieu est miséricordieux pour sauver celui qui s'approche de Lui) le discalifie puisqu'il aurait profanner le Sacrifice du Fils de DIEU. Jean dit que pour ce péché la il n'a rien à faire, le blaspherme contre l'ESPRIT DE DIEU est impartdonnable. Alors puisque DIEU EST SAINT il ne peut accepter dans son royaume que les personnes qui ont lavé leur robe et qui ont persévérer dans la sanctification jusqu'à la fin. Car sans la sanctification, nul ne verra le Père
  • Jeremy Il y a 8 mois, 3 semaines

    La moindre faute n'est peut-être pas un passeport pour l'enfer, spécialement si elle est suivie de repentance et si la commission de ces " fautes" n'est pas une habitude. Car la Bible enseigne très clairement que le croyant peut perdre son salut.Jésus-Christ Lui-même l'a enseigné ,en Jean 15 : 1- 6 .Si le croyant, après avoir reçu le salut par la foi en Christ,ne demeure pas dans celui-ci en restant attaché au Christ,il perdra son salut. Le chrétien est appelé à la sanctification, non pas à la débauche.Si un acteur porno se repent sincèrement, et croit de tout son coeur au Seigneur Jésus-Christ, il est sauvé. Cependant, si après avoir marché par l'Esprit au début de sa conversion,il se laisse vaincre par la tentation de retourner dans son ancienne vie de débauché païen et reprendre son métier d'acteur porno,il perdra ce salut qu'il avait acquis.La bible est claire là-dessus .2 Pierre 2: 20-22, Hébreux 6: 4-6, Hébreux 10: 26-27, 1Timothee 1: 19-20, Hébreux 3: 12, etc.D'ailleurs le terme apostasie réfère justement au fait pour un chrétien d'abandonner la foi.
    • johan benouala Il y a 2 mois, 1 semaine

      Cher Jérémy, La Bible selon vous enseigne très clairement que le croyant peut perdre son salut. Les textes que vous invoqués ne me semble pas du tout aller dans ce sens, surtout lorsqu'on les prend dans leur contexte. Mais ce qui me semble problématique avec ce que vous dites, c'est qu'en disant cela, je ne peux jamais être assuré d'être sauvé. En effet, comment savoir que je ne perdrai pas la foi et finalement que je ne serai pas perdu pour l'éternité? Dire que je suis sauvé aujourd'hui n'a donc aucun sens car si je suis sauvé aujourd'hui, je dois l'être pour toujours, auquel cas je ne peux dire aujourd'hui que je suis sauvé car il se peut que je serai perdu. Dire que l'on peut perdre son salut est ni plus ni moins qu'un retour au salut par les œuvres. C'est pourquoi si vous êtes conséquent avec vos dires, vous ne pouvez aujourd'hui affirmer que vous êtes sauvés. Ainsi, vous faîtes de la Bonne nouvelle qu'est l'Evangile une religion de plus ne pouvant offrir au pécheur aucune véritable espérance. De plus, dire ce que vous dîtes, n'est-ce pas déjà là que se situe une certaine incrédulité? En effet, dire que je peux perdre mon salut, c'est dire, au moins implicitement, que Dieu ne peut pas me garder jusqu'au bout. Or nous avons de nombreux textes qui vont dans ce sens. En réalité on touche au cœur de ce qui divise les chrétiens de tendance "calviniste" et les chrétiens de tendance "arminienne". Les premiers croient que le salut est entièrement l'oeuvre de Dieu et donc par conséquent affirme la sécurité éternelle, les autres "synergiste" et niant la doctrine de l'élection, ne peuvent par conséquent affirmer cette sécurité éternelle. C'est avec un profond respect que je me suis permis de répondre à vos affirmation, car elle me semble atteindre à ce qu'est Dieu et à ce qu'est l’Évangile et donc par conséquent au bien du peuple de Dieu. Mais avant de finir, j'aimerais répondre par avance à une objection. Prêcher la sécurité éternelle du croyant serait la porte ouverte à la licence. Il n'y a pas plus faux que cela. Car le véritable croyant qui est ainsi assuré de son salut se trouve délivré de cette crainte de se voir un jour privé de la gloire de Dieu et étant bouleversé d'être au bénéfice d'un si grand amour aime Dieu en retour et désir vivre pour lui. La grâce nous pousse à renoncer à l'impiété dit Paul à Tite. Enfin, je me demande si affirmer la perte son salut, n'a-t-il pas pour conséquence de nous faire aimer Dieu, notre prochain, vivre notre vie chrétienne uniquement dans le but de nous maintenir notre salut? Ce qui me semble une attitude très intéressé, égoïste, ou Dieu et mon prochain ne sont alors qu'accessoire.
    • Awesnanto1 Il y a 4 mois, 3 semaines

      Votre explication du texte de Jean 15 n est pas clair ......unE personne peut être croyant mais non un chretien qui croit en Christ ....car un chretien ne peut perdre son salut. ...
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