Peut-on invoquer le sang de Jésus ?

Peut-on invoquer le sang de Jésus ?

L'expression "le sang de Jésus" revient de nombreuses fois dans le Nouveau Testament. À chaque fois qu'on parle du sang de quelqu'un, on veut dire sa mort :

"Ne vous avons-nous pas défendu expressément d'enseigner en ce nom-là ? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme !" (Actes 5 : 28)

"lorsqu'on répandit le sang d'Étienne, ton témoin, j'étais moi-même présent, joignant mon approbation à celle des autres, et gardant les vêtements de ceux qui le faisaient mourir." (Actes 22 : 20)

Les textes (trop nombreux pour les citer) parlant du sang de Jésus nous parlent donc tout simplement de sa mort. Ces deux termes sont pratiquement interchangeables.

Cependant, sous l'influence de la doctrine non biblique de la transsubstantiation (présence physique réelle du corps du Christ dans les emblèmes de la communion), on a donné au sang une valeur intrinsèque. Pourtant, lorsque Paul parle de la communion, il parle uniquement d'un mémorial de la mort de Jésus :

"De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne." (1 Co. 11 : 25-26)

Mais pourquoi alors le Nouveau Testament utilise-t-il le mot "sang" au lieu de "mort", en ce qui concerne Jésus ? Parce que le sacrifice sanglant de Jésus avait été de longue date préfiguré par les sacrifices de l'Ancien Testament, à commencer par l'agneau pascal, dont le sang avait servi de signe salutaire à l'ange exterminateur en Égypte :

"… vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères […] par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache" (1 Pi. 1 : 18-19)

Vinrent ensuite les sacrifices du Tabernacle et du temple :

"Car si le sang des taureaux et des boucs […] sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant!" (Héb. 9 : 13-14)

Le Nouveau Dictionnaire Biblique (Éditions Emmaüs) écrit :

Dans le Nouveau Testament, les expressions : sang de Jésus, sang de Christ, sang de l'Agneau, sang de l'alliance, sang de l'aspersion, sont des métaphores représentant la mort expiatoire de Jésus, sans laquelle il ne peut y avoir de salut (1 Co. 10.16 ; Éph. 2.13 ; Héb. 9.14, 10.19 ; 1 Pi. 1.2, 19 ; 1 Jn. 1.7 ; Apoc. 7.14 , 12.11 ; Matt. 26.28 ; Héb. 12.24)

Il faut bien se garder de faire l'amalgame entre les pratiques vétérotestamentaires (Ombre des choses célestes et ombre des biens à venir — Héb. 8.5, 10.1), avec une interprétation superstitieuse de la façon néotestamentaire de parler de la mort de Jésus en mentionnant le sang. Cette façon de parler a simplement pour but de montrer que Jésus est bien l'antitype des sacrifices de l'Ancienne Alliance.

Il est donc abusif de citer des textes de l'AT pour justifier l'utilisation de l'expression "sang de Jésus" autrement que pour parler de la "mort de Jésus", celle par laquelle nous sommes sauvés, purifiés, etc.

Donner une valeur autre que celle de "mort de Jésus" à l'expression "sang de Jésus", comme dans les expressions "invoquer le sang", "se mettre sous le sang" etc. est une pratique qui, à mon sens, n'a rien de scripturaire, bien que solidement ancrée dans de nombreux milieux chrétiens.

Ce que je rejette, c'est l'utilisation superstitieuse de ces expressions ; par contre, que l'on parle du sang de Jésus dans le sens de "mort de Jésus" ne me dérange pas, car c'est conforme à l'Écriture.

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8 commentaires
  • pierrotwedi Il y a 2 semaines, 6 jours

    Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, afin que ceux qui sont appelés reçoivent l’héritage éternel que Dieu leur avait promis. Car une mort est intervenue pour libérer de leur culpabilité les hommes qui avaient péché sous la première alliance. En effet, là où il y a alliance, il est nécessaire que la mort de celui qui conclut l’alliance soit produite, car une alliance est établie par la mise à mort d’animaux. La mise à mort d’animaux représentait le sort auquel s’exposait celui qui, après avoir conclu l’alliance, la transgressait. Elle n’entre pas en vigueur tant que celui qui la conclut est encore en vie ; C’est-à-dire tant que la mort de celui qui conclut l’alliance n’a pas été symboliquement représentée par la mise à mort d’animaux au cours de la procédure de conclusion d’alliance. Autre traduction, v. 16-17 : En effet, lorsqu’il est question de testament, il faut que la mort du testateur soit constatée, car un testament n’entre en vigueur qu’après le décès de celui qui l’a établi : il est sans effet tant qu’il est en vie. Une telle compréhension s’appuie sur le fait qu’en grec, le même mot signifie testament et alliance.. 18C’est pourquoi la première alliance non plus n’est pas entrée en vigueur sans aspersion de sang. 19En effet, Moïse a d’abord exposé au peuple entier tous les commandements tels qu’ils se trouvent consignés dans la Loi. Puis il a pris le sang des veaux et des boucs avec de l’eau, de la laine rouge et une branche d’hysope, et il en a aspergé le livre ainsi que tout le peuple, 20en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a conclue avec vous#9.20 Ex 24.8.. 21Puis il a aspergé aussi, avec le sang, le tabernacle et tous les ustensiles du culte. 22En fait, selon la Loi, presque tout est purifié avec du sang, et il n’y a pas de pardon des péchés sans que du sang soit versé. 23Ces objets, qui représentaient des réalités célestes, devaient donc être purifiés de cette manière-là. Il fallait de même que les réalités célestes le soient, elles, par des sacrifices bien meilleurs.
  • pierrotwedi Il y a 2 semaines, 6 jours

    Hebreux9;13-14; Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair.combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! Christ est venu pour nous procurer les biens qu’il nous a désormais acquis. les biens à venir.. Il a traversé un tabernacle plus grand et plus parfait que le sanctuaire terrestre, un tabernacle qui n’a pas été fabriqué par des mains humaines, c’est-à-dire qui n’appartient pas à ce monde créé. Il a pénétré une fois pour toutes dans le sanctuaire ; il a offert, non le sang de boucs ou de veaux, mais son propre sang. Il nous a ainsi acquis un salut éternel. En effet, le sang des boucs et des taureaux et les cendres d’une vache que l’on répand sur des personnes rituellement impures, leur rendent la pureté extérieure. Mais Christ s’est offert lui-même à Dieu, sous la conduite de l’Esprit éternel, comme une victime sans défaut. A combien plus forte raison, par conséquent, son sang purifiera-t-il notre conscience des œuvres qui mènent à la mort afin que nous servions le Dieu vivant.
  • matmarc Il y a 1 année, 2 mois

    On chasse les démons, on guérit les malades, on libère les captifs par le nom de Jesus, on baptise aussi dans le nom de Jesus et NON par le sang !!! (petite erreur de frappe dans mon commentaire)
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