RECEVOIR LA VIE - 5/8

RECEVOIR LA VIE - 5/8

FAIRE APPEL À L’AIDE : UN ACTE DE FOI

 
Renoncer à notre éthique va à l’encontre de nos tendances naturelles. Depuis notre
plus tendre enfance, nous avons appris à faire la part des choses. Combien de fois ne
répète-t-on pas à un enfant ce qu’il doit faire et ne pas faire ? Alors, en vieillissant, et
surtout à l’âge de l’adolescence, l’enfant cherche à se prendre en main, quitte à rejeter les
enseignements reçus. Son désir d’indépendance l’amène à se définir un nouveau code de
conduite, qui se révélera sans doute aussi exigeant que celui que ses parents lui avaient
transmis. Mais cette gestion de sa vie lui est précieuse. Elle fait partie de lui-même, c’est
sa vie.

Or accepter la grâce, c’est accepter son échec de gestion de vie personnelle.
 
« Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. »
(Matthieu 9, 13.)
 
Tant que nous n’acceptons pas cet échec de gestion, l’Esprit Saint ne prendra pas le
contrôle de nos vies, et nous entretiendrons cette dualité de culpabilité et de justification
qui nourrit nos angoisses, notre peur de nous-mêmes et de l’avenir. Mais à partir du
moment où nous acceptons de nous mettre en faillite personnelle pour demander la
grâce de Dieu, ce n’est plus avec nos ressources personnelles que nous allons reprendre
la route. Voilà le pas le plus difficile, celui de renoncer à la vie pour recevoir la vraie vie.
 
Prier pour recevoir le Saint-Esprit, comme Jésus nous encourage à le faire :
 
« Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien
plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? » (Luc 11,13.)
Cela ne veut pas dire qu’on demande à Dieu l’aide du Saint-Esprit, mais plutôt qu’on
accepte que l’Esprit Saint vienne diriger nos vies. Ce n’est pas un deuxième conducteur
que nous demandons à Dieu ni une nouvelle dualité. Notre demande est un acte de
soumission totale, d’allégeance à sa souveraineté dans tous les détails de notre existence,
parce que nous nous sommes acceptés tels que nous sommes, c’est-à-dire faillibles,
incapables de nous corriger. Cette décision signale la fin de notre arrogance, de notre
suffisance, de nos prétentions.

C’est dans la plus profonde humilité qu’on demande
grâce et qu’on cède le gouvernail à Dieu. Mais n’est-ce pas cela, la foi ?
 
UNE ACCEPTATION QUI N’EST PAS UNE APPROBATION
 
Nous accepter tels que nous sommes, c’est reconnaître les côtés désagréables de
notre nature ou des habitudes prises. Ce n’est pas approuver le mal ni l’entretenir !
Tant que nous nous débattons pour nous transformer, allant de victoires en défaites,
nous risquons de paralyser l’action de l’Esprit Saint et de la souveraineté de Dieu dans
nos vies, et de relativiser le mal.

Le voleur sera sans doute en mesure de corriger les marques extérieures de sa cupidité, mais l‘aura-t-il effacée de son existence ?

Maîtrisée dans ses manifestations extérieures, la cupidité intériorisée se manifestera par l’envie et la convoitise, et le combat risque de se révéler encore plus difficile. D’ailleurs, il y a bien des manières d’être cupide et de voler. L’exploitation d’autrui en est la plus fréquente.
 
Quand on achète le travail du tiers-monde à bas prix, c’est une forme d’exploitation. Le
conjoint qui profite du travail de l’autre, c’est une forme d’exploitation. Et nous
pourrions multiplier les exemples d’exploitation de l’homme par l’homme. Le voleur à
l’étalage ou le braqueur de banque n’est pas forcément le plus cupide d’entre nous…
 
LE PROBLÈME DE L’IMMORALITÉ
 
Que dire de l’adultère et de l’immoralité ?

Jésus en parle clairement en décrivant le regard porté sur une voisine. Dans le contexte d’aujourd’hui, avec la pornographie et la multiplication d’occasions de porter un regard impur sur autrui, ce sujet est particulièrement préoccupant. D’une part, c’est Dieu qui a créé la sexualité, et Dieu a créé une chose belle, merveilleuse. En faire une occasion d’horreur, la proscrire est anti- Dieu. La déformer reste le détournement le plus fréquent, et touche grand nombre d’entre les chrétiens.

Les psychologues s’entendent généralement pour faire de la sexualité la cause principale des malaises ou des problèmes qu’ils ont à traiter. Rares sont les gens qui sont parfaitement sains dans ce domaine. L’amour est trop souvent confondu avec l’attirance qu’un être exerce sur un autre – le désir. Cette attirance est parfaitement saine jusqu’au moment où elle engendre un désir de possession de l’autre qui n’a plus rien à voir avec l’amour. L’autre devient alors l’objet d’une convoitise au lieu d’être l’être aimé pour lequel on est prêt à renoncer à soi, à ses intérêts égoïstes, pour lequel on est même prêt à donner sa vie :
 
« Il n’y a pas de plus grand amour que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il
aime » (Jean 15, 13.)

nous dit Jésus qui s’apprête à le faire sur la croix.
 
Et, dans un couple, il y a tant de manières de donner sa vie pour l’être aimé ! Son
temps et son attention, d’abord. Peut-être son confort, certaines habitudes, certains
passe-temps, ses priorités pour mieux s’adapter aux besoins de l’autre… Et, peut-être,
pour un homme, sa passion des femmes et ses regards sur elles et, pour une femme,
l’image du mari idéal ou, pourquoi pas, d’autres hommes, pour mieux aimer celui qu’elle
a choisi, sans prétendre le changer. Travailler à l’épanouissement de l’être aimé est
parfois contraire aux intérêts égoïstes d’un individu.
 
S’accepter, c’est nous voir tels que nous sommes, sans pour cela approuver nos
comportements cupides ou égoïstes, ou devenir hermétiques à l’action du Saint-Esprit
qui fait naître en nous un nouvel individu, non plus régi par sa volonté défaillante, mais
gouverné par la Parole vivante de Dieu, par la Vérité.

Et Jésus nous dit qu’il est le chemin, la Vérité et la Vie (Jean 14, 6).
 
A suivre…
 
10 commentaires
  • Marie-anne Berne Il y a 3 années, 11 mois

    Merci de nous faire comprendre ce qu'est l'Amour par différents exemples, demandons au Saint-Esprit de nous guider malgré nos défaillances.
  • avanzamos Il y a 4 années, 1 mois

    bénédictions de Lima au Pérou accueille le pasteur Luis hâte de parler avec vous.
  • Joe-972 Il y a 4 années, 2 mois

    Bonjour à tous, je suis nouveau sur le site et baptisé depuis 1993. Je vous remercie de m'accueillir sur ce forum. Cet écrit que j'ai lu m'interpelle (une fois de plus) quant au sens que l'on donne au baptême. Quand je lis "Tant que nous n'acceptons pas cet échec de gestion, l'Esprit Saint ne prendra pas le contrôle de nos vies", me renvoie au fait que le problème vient du baptême. Désirer rencontrer Dieu, n'est pas un simple rendez-vous ponctuel, occasionnel, pour un besoin temporel et égoïste. L'appel ,non plus ne devrait pas être motivé par autre chose qu'une conscience de ce que l'on est et un désir de recevoir les promesses de Dieu. Promesses qui se résumeraient à ETRE quelqu'un d'autre pour FAIRE "...de nouvelles choses !" Si le Seigneur Lui même a été conduit par l'Esprit, ne devrions nous pas TOUS être conduits de la même manière ? Mais soyons honnêtes avec nous mêmes, c'est rarement le cas. Un être conduit par l'Esprit, l'a rencontré au préalable, a été enseigné, a reçu la révélation de son état et de sa position devant Dieu, car seul LE saint-Esprit peut cela. La Lumière vient après les ténèbres "Il y avait des ténèbres...que la Lumière soit" (genèse 1.2 - 1.3) Cela induit une conscience qui réclame une délivrance. C'est à ce moment que le Saint-Esprit lui dit "J'ai une bonne nouvelle pour toi, Jésus-Christ est mort pour que tu vives, le veux-tu ? Alors au nom du "oui" éclairé, conscient, et désireux de naître à une nouvelle vie, L'Esprit conduit le pécheur au baptême ! La résistance décrite dans le message, n'est-elle pas le fruit d'une décision de baptême sans profondeur et maturité ? C'est un peu comme un individu qui arrive à une réception avant l'heure, ou ou entreprendre une oeuvre sans bases. C'est aussi pourquoi nous négocions avec l'Esprit, parce que la condamnation de ce que nous sommes ne vient pas de nous. Elle ne peut venir que si nous avons cette action divine première de nous montrer qui, et où nous sommes pour DIEU. Sinon, comme dans trop d'églises, nous chercherons à FAIRE avant d'ETRE !
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