Rêve : Réveil ou révolution ? -3-

Rêve : Réveil ou révolution ? -3-

L’avenir de la francophonie est-il conditionné par les pensées des philosophes, politiciens et visionnaires de ces périodes ? Quel rêve pouvons-nous porter pour nos nations francophones ?
Si nous n’avons pas de rêve selon Dieu (réveils), verrons-nous encore des rêves sans Dieu (révolutions) ?


La république laïque, un idéal religieux (3ème partie)

Après la révolution de 1848, la République triomphe. Elle devient un idéal quasi-religieux. Auguste Comte croyait pouvoir forger une religion de l’humanité, véritable substitut de toute religion révélée. Ces républicains croyaient à la perfectibilité de l’homme, par l’école et la morale républicaine.
On a voulu rassembler la population autour de la République. Comme le cultuel seul a cette capacité de mobiliser et de transcender une nation, on organise les grands rites religieux de la République. Ce n’est qu’en 1880, que le 14 Juillet est décrété comme fête nationale (pour faire oublier les horreurs de 1848 ?). Les effigies de Marianne prolifèrent.
Le 14 juillet 1880, on érige une multitude d’autels, dominés par le buste de Marianne, devant lesquels la population se recueille. Trois ans plus tard, « on veut créer une liturgie civique » pour reprendre l’expression d’usage. Alors, sur la place du Château d’Eau, devenue Place de la République, les lampions remplacent les cierges pour une cérémonie populaire. La « statuomanie » de la IIIe République est envahissante. Sur les 237 monuments glorifiant un personnage, 65% ont été édifiés entre 1880 et 1914. On assiste à une « panthéonisation » des grands hommes. Ainsi on reprend
le culte des "héros révolutionnaires tombés pour l'exemple" que l’assassinat de Le Peletier et Marat avaient introduit.

Jules ferry « Organiser l’humanité sans Dieu »

Telle est la déclaration de mission des apôtres de la république laïque, Ferry, combes et Gambetta. Ceux-ci veulent séculariser, c’est à dire remplacer Dieu par autre chose, qui aurait trait à l’humain et à une dimension rationnelle. Leur revue portait le nom révélateur de « La foi laïque. »

L’instituteur est l’officiant du culte de la république et de la patrie. Formé dans les écoles normales et vêtu d’un uniforme encore plus strict que l’uniforme militaire, il semble toujours prêt à crier : « Vive la république ! »

Le XXe siècle a donné une grande impulsion à l’humanisme, d’abord par une laïcité agressive. En France, la séparation de l’Église et de l’État est intervenue dans un contexte précis en 1905. La France était sous l’égide de la religion catholique romaine depuis des siècles. Cet absolutisme devait être corrigé et les réformés ont appuyé la notion de laïcité. Nous l’avons retrouvé avec la révolution tranquille au Québec dans les années 60.
Mais si la première forme d’intolérance dérive d’une perversion de la religion, la deuxième forme d’intolérance est une caricature de la laïcité. Il s’agit ici du laïcisme militant ou selon la terminologie de jurisprudence américaine de « l’humanisme laïque ».
Nos pays ont tellement été divisés sur la question religieuse, qu’aujourd’hui encore, certains vivent leur humanisme dans un esprit anticlérical et antireligieux. N’est-ce pas l’un des ex-ministres français qui, revenant d’une grave maladie, a déclaré : « Je suis miraculé, mais c’est un miracle de la République. » Même s’il était ministre des cultes, il ne fallait pas laisser croire qu’il puisse s’agir d’autre chose que d’un miracle de la République. Il s’agit d’une revanche sur le monde des curés et des religieux.  Mais cette notion là est dépassée aujourd’hui…

Il y a la place pour un autre humanisme. Il s’agit de la place de choix que Dieu a donné à l’être humain.

(à suivre…)

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