Devenir une Eglise dirigée par un but

Devenir une Eglise dirigée par un but

Jon Walker : Il est connu de tous que vous dites que les pasteurs ont plus besoin de se concentrer sur les « perdus », c'est à dire regarder leur église de la perspective de quelqu'un qui ne va pas à église. Pourriez-vous définir cela?

Rick Warren : Le principe le plus oublié lorsqu’il s’agit de croissance d’église est d'aimer les personnes de la manière de Jésus. C'est cela ! Le motif derrière tout ce que nous avons fait à Saddleback est que nous aimons et nous nous soucions des âmes perdues. La raison pour laquelle de grandes foules ont été captivées par Jésus est qu'Il les aimait. De l'autre côté, j'ai entendu des églises justifier leur manque de croissance en disant, " Nous sommes petites parce que nous n'avons pas arrosé à fonds l'évangile ". Mais peut-être la vraie raison est qu'elles n'ont pas envie d'avoir de foule ! Elles aiment plus leur propre confort qu'elle n'aiment des âmes perdues.

Pour atteindre des non croyants vous devez vous déplacer hors de votre zone de confort personnel pour faire des choses qui vous paraissent parfois désagréables et inconfortables. La croissance d'une église dépend de ceux qui se sacrifient. Les non croyants ont d'énormes difficultés et leurs vies sont salissantes. Ce n'est pas par hasard que Jésus a comparé l'évangélisation à la pêche. La pêche est parfois salissante et malodorante. Ainsi, plusieurs églises veulent que les poissons pêchés soient desquamés d’avance, sans intestins, propres et apprêtés pour la consommation. C'est pour cela qu'elles n'arrivent jamais à atteindre quelqu’un.

Si votre église désire sérieusement atteindre les non atteints, vous devez être prêts à collaborer avec des personnes à problèmes. Le secret pour atteindre les incrédules est d’apprendre à penser comme eux. Mais le problème est que – plus longtemps vous demeurez chrétien, moins vous arrivez à penser somme un païen. Et si vous êtes un pasteur formé, vous êtes plus éloigné des incrédules . Vous pensez comme un pasteur, et non comme un païen. Pour ce faire, vous devez sciemment réapprendre à réfléchir comme un non croyant.

L’apôtre Paul dit, « Je deviens tout pour tous les hommes, ainsi je puis, d’une certaine manière en gagner quelques-uns » Il voudrait signifier qu’il laisse son objectif déterminer son approche. Avec les Juifs, il parle comme un Juif. Avec les païens, il parle comme les païens. Je suis certain que si Paul venait au Sud de Californie, il apprendrait à s’exprimer en leurs termes.

Certains pensent que le simple fait de communiquer différemment dans des cultures différentes équivaut à vivre en caméléon, mais justement c’est apprendre à être stratégique.

Vous ne compromettez pas le message. Ce message est, la Foi qui est une fois proclamée aux saints, et nous n’avons pas la possibilité de la changer.

Mais les méthodes de partage du message doivent varier selon la génération et l’endroit. Les programmes et outils employés quand j’étais pasteur de la jeunesse à la cité de LA étaient différents de ceux utilisés quand j’étais un missionnaire à mi-temps au Japon, et ceux-ci diffèrent de ceux utilisés présentement à Saddleback.

Il n’y pas qu’UNE METHODE pour faire croître une église ! Il faut différentes dénominations pour atteindre différentes catégories d’hommes. Si vous oeuvrez – les vies seront transformées – j’aime donc votre méthode d’œuvrer, que cela corresponde à la mienne ou pas.

Walker : En d’autres termes, les clones de Saddleback ne vous intéressent pas ?

Warren : Absolument pas ! Car même pas une d’entre la douzaine d’églises missionnaires que nous avions implantées agissent exactement comme nous le faisons. Nous croyons que toute église doit avoir son propre et unique cachet. C’est tout ce qu’il y a sur le thème Devenir une Eglise Dirigée Par un But.

 

Si un principe est biblique, je crois qu’il est transculturel. En d’autres termes, il sera efficace partout. Mais vous devez filtrer ces principes selon la culture de la communauté, l’aspect de la congrégation, et la personnalité du pasteur.

Les églises dirigées par un but ont toutes adhéré aux cinq mêmes objectifs du Nouveau Testament mais elles sont différentes selon la taille, la forme, et la culture. Les visions de Dieu pour l’église n’ont point changé, mais les programmes et méthodes oui. Jetez un coup d’œil au tour de vous et c’est évident de constater que Dieu aime la variété. Il aime agir de plus d’une manière !

Walker : Qu’en est il de la prière et la consécration ? La croissance d’une église dépend-elle de l’engagement du pasteur ?

Warren : C’est un mythe que de croire que tous ce dont vous avez besoin pour faire croître une église en forme est la prière et la consécration. Certains des guerriers de prières les plus consacrés que j’ai jamais connus sont pasteurs d’églises mourantes. Cela m’inquiète beaucoup parce que ce mythe est promu lors des Conférences Pastorales – laissant les pasteurs découragés, coupables plutôt qu’encouragés. Nous avons tous entendu des orateurs dire, « Priez beaucoup, prêchez la parole, et consacrez vous, ainsi votre église croîtra. » En vérité, cela n’est pas vrai. Je peux vous montrer de milliers d’église où les pasteurs ont une bonne base doctrinale ; ils aiment le Seigneur, ils sont consacrés et sont remplis du Saint Esprit cependant leurs église sont mourantes.

Par exemple, dans ma propre dénomination, environ 70 % des églises sont soit en train de végéter ou de chuter. Est-ce parce que les 70 % de nos pasteurs ne sont pas consacrés ? Pas du tout. C’est carrément un mythe. Si la consécration est la seule chose qu’il faut pour faire croître une église, donc 99 % de nos églises devraient être aujourd’hui en pleine croissance parce que la plupart des pasteurs sont vraiment consacrés.

Bâtir une église en parfaite santé n’est pas une affaire facile ou simple. Cela implique plusieurs facteurs et demande certaines qualités de leadership. Si vous entendez quelqu’un dire souvent, « C’est la seule méthode de croissance, » soyez en sûr , il sont dans l’erreur parce qu’il y a plusieurs clés à la croissance.

C’est pour cela que je suis convaincu que la principale clé à la croissance de nos congrégations dans ce 21ième siècle est d’abord la santé de l’église - et non pas sa croissance. Se focaliser sur la croissance d’église est une mauvaise canalisation. Lorsque nous nous attèlerons à développer des églises équilibrées, elles croîtront promptement d’elles-mêmes.

Tout ce qui vit croît – s’il est en bon état ! Je n’ai pas besoin de dire à mes enfants de croître. Ils croissent automatiquement. Maintenant, qu’est ce qui fait qu’une église est saine ? La réponse c’est «  l’équilibre, » tout comme dans un être humain. Votre corps comporte un certain nombre de systèmes : un système circulatoire, un système squelettique, un système respiratoire, un système nerveux central, digestif et autres. Lorsque ces systèmes sont en équilibre nous parlons de la « bonne santé. » Quand ils sont dysfonctionnels , nous parlons de « mal-aise, » malaise.

De même le Corps de Christ, qu’est l’église, est fait de systèmes variés, chacun accomplissant une tâche donnée comme : la louange et l’adoration , la communion fraternelle, l’évangélisation, l’enseignement, et la prédication. Lorsque vous avez un système en forme et équilibré ou des procédures pour faire réussir chacun des ces ministères, naturellement l’église croît.

Mais voici le secret : à moins que vous n’instauriez une stratégie consciencieuse et une structure pour assurer l’équilibre entre les cinq buts de l’église, votre église aura tendance à trop insister sur l’objectif qui passionne le plus le pasteur.

S’il a un cœur pour l’évangélisation, l’église pourrait atteindre les âmes perdues, mais personne ne grandira dans la foi.

S’il a un cœur pour l’enseignement, l’église aura des chrétiens mûrs, mais elle aura tendance à négliger l’évangélisation en vue de gagner des âmes.

S’il a le don du Pastorat, le culte à l’église sera bien fait et intéressant, mais le ministère de l’église vis à vis de la communauté souffrira ou il y aura peu d’évangélisation.

Vous devez créer une structure objective qui permettra à l’église de devenir plus que l’expression de la personnalité du pasteur. Toute église est dirigée par quelque chose : la tradition, les programmes, les finances, les évènements, les chercheurs, et même les bâtiments. Mais pour qu’elle soit bien portante, elle doit être dirigée par un but.

Elles ont besoin d’une stratégie qui les aidera à croître vivement par la communion fraternelle, profondément par l’enseignement, puissamment par l’adoration, à s’élargir par le ministère et s’agrandir par l’évangélisation.

Malheureusement, beaucoup d’églises sont dirigées par des intérêts personnels. Cela met la congrégation dans une situation précaire en cas de décès du leader, d’une mutation , ou à sa chute morale. A Saddleback, nous avons fondé l’église sur des objectifs, et non sur une personnalité. S’il arrivait que je meure, nous perdrions peut être 10% de la frange des membres qui viennent pour m’écouter, mais il resterait encore 90% des autres qui viendront à l’église chaque semaine. Aucune église n’est parfaite mais vous pouvez être en bon état sans être parfaite.

Walker : Saddleback n’a pas de comité. Je me demande – est-ce qu’il peut y avoir une église sans comité ? (Rires)

Warren : C’est drôle. Evidemment, nous n’avons pas de comité, mais nous avons différents et beaucoup de ministères de disponibles. Quelle est la différence ? Les Comités discutent, les Ministères agissent. Les Comités argumentent tandis que les Ministères agissent. Les comités maintiennent tandis que les Ministères administrent. Les comités parlent et considèrent tandis que les Ministères servent et soignent. Les comités prennent des décisions qu’ils espèrent être exécutées par les autres.

A Saddleback, les exécutants sont les décideurs. Les membres de chaque Ministère prennent les décisions qui sont propres à leur ministère. Nous ne séparons pas l’autorité de la responsabilité. Nous faisons confiance aux gens pour les deux côtés.

Voici une question radicale : Qu’est ce que ces mots et expressions ont en commun : démocratie, procédures parlementaires, bulletins, Conseils, réunions de Conseil, réunions d’affaires, élections, vote, et Comités.

 

Aucun de ces éléments cités dessus ne se trouve pas dans la Bible. Néanmoins, combien d’églises connaissez vous qui se fondent sur des Comités, des Conseils, des Votes, et la démocratie. Ce que nous avons fait c’est ceci, nous avons pris l’exemple sur la forme de gouvernance Américaine et l’avons imposée à l’église. Le résultat a été que souvent, l’église est aussi inefficace et aussi bureaucratique que le gouvernement l’est.

Rappelons nous que l’église est un corps et non un business. C’est un organisme et non une organisation, et Dieu veut donc qu’elle opère sur la base des dons spirituels, et non sur des bureaux élus. Il n’y pas un seul exemple de vote à suivre pour élire un pasteur ou n’importe quel responsable d’église dans le Nouveau Testament. Le vote était si étranger au Nouveau Testament que lorsqu’ils voulurent remplacer Judas, ils ont fait un tirage au sort. Ils utilisaient plutôt la courte paille que le vote.

Walker : Vous aviez pris du temps pour bâtir l’édifice à Saddleback et cela est inhabituel. Faites nous l’historique de votre édifice.

Warren : D’abord, les bâtiments devraient être des instruments, et non des monuments. Nous ne construirions jamais des bâtiments que nous ne pourrions démolir si nous le désirons afin d’atteindre les gens parce que ce sont ces gens qui sont prioritaires et non les bâtiments.

Winston Churchill disait entre temps, « Nous modelons nos bâtiments et ils, en retour, nous modèlent. Beaucoup d’églises construisent très rapidement et très petitement. Donc un bâtiment permanent avec un modèle de petite dimension aura un petit avenir permanent. C’est pour cette raison que nous avions reporté la construction de notre édifice aussi long temps que possible. Cela signifie que nous avons utilisé 79 différents bâtiments en 13 ans afin de continuer pas croître. Nous nous amusons par moment, à dire que « Nous sommes une église où si tu peux arriver à deviner où nous serons cette semaine, tu peux venir avec nous. »

Walker : Aussi, vous aviez une forte opinion que les églises ne devraient pas essayer de mélanger le culte traditionnel d’avec le culte contemporain.

Warren : Absolument. Si vous essayez de plaire à tous vous finirez par n’atteindre personne. Vous devez repérer qui votre cible évangélique est afin de vous focaliser dessus. Je ne recommande pas aux églises déjà implantées d’essayer de changer radicalement leurs manières de célébrer le culte. Plutôt, je suggère qu’elles commencent un second culte, un service alternatif ou, mieux encore, qu’elles débutent une nouvelle mission destinée à atteindre, les âmes non atteintes par le style traditionnel.

Si elles essaient de trop changer leur manière de célébrer le culte, elles perdront certaines âmes gagnées auparavant. Vous n’êtes pas tenu d’abandonner votre style actuel. C’est comme quand vous pêchez. Au lieu d’utiliser une seule ligne, jetez un autre hameçon dans l’eau. Vous pouvez avoir quatre ou cinq styles différents de culte, si c’est ce dont ont besoin les différentes générations vivant dans votre communauté.

Je ne suis pas contre la méthode traditionnelle en vogue qui jusqu’ici a permis d’atteindre des âmes pour Christ – je suis un simple partisan de l’ajout des nouvelles méthodes et nouveaux services qui permettent de gagner les non-atteints qui ne seraient jamais atteints par nos moyens traditionnels.

Walker : Beaucoup d’églises évangéliques disent qu’elles font l’effort d’atteindre tout le monde. Pourquoi pensez-vous qu’elles n’y arriveront pas ?

Warren : Les églises qui s’estiment atteindre tout le monde, se trompent elles-mêmes. Aucune méthode appliquée par une église ne saurait facilement gagner tout le monde. Faites un peu attention autour de vous et vous verrez que presque toute église a une « culture. » Cette culture est déterminée par le groupe prédominant qui forme la congrégation. Le genre de personne qui se trouve présentement dans votre église est celui que vous allez probablement attirer le plus - que vous le veuillez ou non.

Quelle chance aura une église remplie de retraités à atteindre les adolescents ?

Quelle chance aura une église remplie de citadins à atteindre des paysans ?

Quelle chance aura une église pleine de militaires à atteindre les activistes de la paix ?

Très peu de chance. C’est pourquoi nous devons commencer par créer toutes sortes de service et d’églises. Jésus a mis au point un ciblage évangélique dans la Bible. Il a dit, « Je suis venu pour la maison d’Israël, » et quand Il envoya les douze et les soixante dix, Il leur donna une cible spécifique. Etait-ce dans le but d’exclure ? Non, mais pour être efficace.

De même, Paul dit, « Je suis l’apôtre des Païens et Pierre, l’apôtre des Juifs. » Pourquoi pensez vous que nous avons quatre évangiles ? Parce qu’ils ont été écrits pour communiquer la bonne nouvelle à différentes cibles. Mathieu a écrit pour les Juifs et Marc pour les Païens.

Walker : Certaines critiques soutiennent que pour être un « chercheur sensible » il faut que l’évangile soit atténué.

Warren : « Chercheur sensible » ne veut pas dire que vous allez compromettre le message. Il signifie que vous devez prendre en considération la culture des gens afin de leur communiquer le message. Rendre le service « confortable » pour les non chrétiens ne traduit pas le changement de votre théologie ; mais changer l’environnent de votre culte – Par exemple, changer votre manière de saluer les visiteurs, votre style de musique, la version de la Bible que vous utilisez dans votre prédication et le genre de communiqués vous passez lors du culte.

Le message n’est pas toujours commode. En effet, parfois la vérité de Dieu est très incommode. Pourtant, nous enseignons, « toute les recommandations de Dieu. » Être un chercheur sensible ne limite pas ce que vous dites mais affecte la manière dont vous le dites.

Imaginez un missionnaire disant à une tribu, « Je détiens la meilleure nouvelle du monde, mais pour l’entendre, vous devez d’abord apprendre ma langue, vous habiller comme moi, chanter mes chansons, et venir ensuite dans mon édifice à une heure qui m’est convenable. »

Nous appellerons cela une stratégie pour l’échec. Pourtant nous le faisons en Amérique à tout moment. Nous disons, « Vous devez écouter la bonne nouvelle dans notre langue et selon nos accents. »

Walker : Vous avez commencé avec une ardoise immaculée à Saddleback, mais si un pasteur dans une église traditionnelle veut faire des réformes, par où suggérerez vous qu’il commence ?

Warren : Ce que vous devriez faire, c’est d’abord changer les choses les plus faciles et ensuite les choses qui entraînent les plus grandes différences. Ne vous inquiétez par au préalable des sujets qui constituent de grands désaccords. La chose la plus facile à corriger est la prédication. Tout pasteur pourrait mettre à jour sa manière de prêcher pour le 21ième siècle et il verra un progrès spectaculaire s’opérer. Dans beaucoup d’églises, nous continuons d’employer le style oratoire de la période d’avant la télévision.

Un autre changement consiste à corriger la manière d’accueillir les visiteurs à l’église. Nous ne réalisons pas que la méthode traditionnelle pour accueillir les nouveaux les met de nos jours plus mal à l’aise. Des études ont montré que les trois grandes craintes qu’on retrouve chez les personnes sont, un, la crainte de prendre parole devant les autres, deux, la crainte d’être repéré parmi un groupe, trois, la crainte d’être différent des autres. Or nous accueillons les visiteurs en disant, « Levez-vous, présentez vous, et portez une étiquette qui vous différencie. » Bienvenus à vos trois grandes craintes.

Il y a d’énormes réformes simples, pratiques qu’une église traditionnelle peut faire afin d’être plus sensible aux besoins et craintes de leurs visiteurs non chrétiens.

Walker : John Maxwell a dit quelque chose comme, « Dans le nouveau Testament, Jésus était si humain que les foules avaient peine à croire qu’Il était divin. Pourtant, il y a beaucoup de pasteurs qui sont si cérémonieux que les hommes ont des difficultés à croire qu’ils sont humains. » Vous êtes aussi champion de la simplicité. Parlez nous –en.

Warren : Je pense que l’une des plus grandes barrières pour un ministère efficace est que nous nous prenons trop au sérieux et prenons Dieu très peu au sérieux. La plus importante confession dans le Nouveau Testament est celle de Pierre quand il dit, « Tu est le Christ, le Fils du Dieu vivant, » mais la seconde et plus importante confession est celle de Paul quand il dit dans Actes 17, « Nous ne sommes que des hommes. »

Vous devez dans la vie décider si vous voulez influencer les hommes ou les impressionner. Vous pouvez les impressionner de loin mais vous ne les influencez que lorsque vous vous approchez d’eux. Aujourd’hui, nous avons désespérément besoin des leaders authentiques, qui sont vrais et vulnérables. Nos plus grands messages de vie proviennent actuellement de nos faiblesses, et non nos forces.

Ce n’est pas un hasard que les mots, « humour » et «  humilité » ont une même racine. L’humour, ou l’autodérision, est la manière la plus rapide pour changer une assistance hostile en une assistance aimable. Cela attire les gens vers vous. En tout cas, si vous apprenez à vous moquer de vous-mêmes, vous aurez toujours beaucoup de matériel. Les personnes n’aiment pas s’entourer d’un orgueilleux.

J’ai obtenu trois doctorats, mais je n’ai jamais permis que quelqu’un m’appelle « docteur. » En fait, les gens m’appellent « Rick. » Je signe toutes les lettres aux visiteurs avec « Rick » pas même « Pasteur Rick. »

Pourquoi ? Parce que je veux qu’ils sachent qu’ils peuvent communiquer avec moi en employant mon prénom. Aucun de mes diplômes ne sont accrochés au mûr. Par contre, j’ai accroché les photos de mes enfants. C’est ce dont ont besoin les gens – « Oh, vous êtes ordinaire. »

Walker : Cela contribue t- il à une franchise dans une congrégation où les gens désirent partager leurs difficultés ?

Warren : Une partie singulière de notre culte de chaque dimanche comporte le témoignage d’une personne qui traverse un problème de la vie avec l’aide de Jésus. Certaines églises ont commencé par illustrer leurs messages par les sketches mais j’ai pensé, « Pourquoi écrire une histoire falsifiée, une pièce de théâtre, tandis que j’ai dans ma congrégation une histoire vivante et réelle d’un fidèle ? »

Ainsi, chaque semaine, au beau milieu de mon message, j’ai une personne ou un couple qui donne un témoignage de cinq minutes. Il n’a jamais été question des témoignages tels que, « Merci Dieu parce que je n’ai jamais péché, » mais des témoignages de confessions d’une délivrance sur l’adultère, la maladie mentale, l’alcoolisme, les troubles, l’avortement, l’abus et les parents qui meurent du SIDA. Nous avons couvert tous les domaines que vous pouvez imaginer.

Ces témoignages ont rapporté deux résultats merveilleux. Primo, ils ont créés un climat authentique et de franchise dans notre culte. Les gens ont fini par comprendre maintenant qu’il est tout à faire normal d’avoir des problèmes. Vous ne pouvez pas les exprimer uniquement au temps passé.

Secundo, cela a mobilisé de centaines de personnes pour le ministère laïc. Comme cela est dit dans 2 Corinthiens, « Dieu permet que nous traversions ces situations et ensuite Il nous console pour que nous ayons le ministère d’encourager les autres. »

Walker : Vous êtes reconnu comme un visionnaire. Quel est le premier défi qui se pose aux églises pour les quelques années à venir ?

Warren : Le plus grand défi auquel des église seront confrontées dans les cinq prochaines années est le développement et l’adaptation des méthodes de nos ministères aux multiples besoins du 21ième siècle. « Nous n’allons plus continuer à faire des choses de la manière habituelle. » Le monde a changé – en permanence – et nous ne retournerons plus aux années 1950.

Nous devons commencer des milliers de nouvelles églises et cultes. Il faudra de nouvelles églises pour atteindre de nouvelles générations. Mais plus que cela, nous devons développer une stratégie claire et pratique qui puisse aider toutes les églises existantes par ce que j’appelle les quatre types de rénovation : l’auto réforme, la réforme coopérative, la réforme de la mission, et la réforme structurelle. Si nous ne le faisons pas, des milliers d’églises fermeront les portes pour toujours. C’est regrettable, parce que cela ne devrait pas arriver.

Tout ce que cela demande est un leadership avec vision et courage pour prendre de grandes décisions. Je n’ai jamais vu des pasteurs plus ouverts à apprendre et à croître. Des milliers de pasteurs et responsables d’églises ont participé à les Séminaires sur le thème EGLISES DIRIGEE PAR UN BUT.

Je suis un grand fan des pasteurs, surtout ceux qui ont reçu deux appels et se prennent en charge tout en servant une église. Je pense que les pasteurs sont les agents les plus sous-estimés en Amérique. Tout ce que nous pouvons faire pour soutenir leurs familles, les encourager personnellement, et les équiper de nouvelles aptitudes nécessaires pour le ministère dans le nouveau siècle sera l’usage le plus sage possible que nous ferions de nos ressources.

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1 commentaire
  • FB.jeanluc.yao Il y a 3 années, 5 mois

    Merci Pasteur Rick pour cet entretien qui m'a permit d'apprendre beaucoup: Sur votre effacement; Sur votre vision pour la croissance d'une église et les perspectives que vous avez données pour que nos églises aient plus d'impacts significatifs dans ce monde en pleine mutation. Restez béni et priez pour nous afin que Notre Seigneur nous comble de sa sagesse pour mieux conduire nos église à la maturité et aussi trouver les stratégies afin de conduire une multitude à Christ!