Un chrétien divorcé peut-il se remarier ?

Un chrétien divorcé peut-il se remarier ?

La question du divorce et du remariage pour les chrétiens est un sujet épineux qui pose de nombreux problèmes théologiques et pratiques. Certains, s'appuyant sur le texte de Matthieu 19.3-9, adoptent une attitude intransigeante contre le remariage.

Mais pourquoi passe-t-on complètement sous silence la véritable clé de ce problème ? La voici : "C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n'en était pas ainsi."

Il y a dans cette affirmation de Jésus deux aspects qui sont présents dans toute vie et toute activité humaines sur terre :

Le plan idéal de Dieu confronté à l'imperfection de l'homme.

Personne ne niera que le plan idéal de Dieu pour le mariage soit un contrat à vie.

C'est évidemment la norme qu'il voudrait voir se réaliser dans chaque foyer chrétien. Et la chose n'est pas impossible, malgré les tempêtes qui peuvent survenir dans tout couple humain. Si les deux conjoints sont également attachés au Seigneur, ils peuvent en sortir victorieux et plus forts. Et je serais le dernier à préconiser le divorce, avant d'avoir épuisé toutes les ressources que nous donne notre foi au Seigneur pour sortir de la tourmente.

Mais Dieu qui, autrefois, sous l'Ancienne Alliance, a tenu compte de la dureté du cœur de l'homme (car ce n'est pas seulement Moïse qui "a permis", c'est Dieu lui-même), serait-il devenu, sous la Nouvelle Alliance, totalement insensible à la faiblesse humaine ? Ou faudrait-il avoir l'outrecuidance d'affirmer qu'avec notre conversion à Jésus-Christ, notre dureté naturelle de cœur a instantanément disparu ? Soyons réalistes !

L'expérience est là pour montrer que même des foyers chrétiens se brisent. Un mari volage part avec une autre femme. Une épouse frivole disparaît avec un amant.

Mais voilà, je suis leur pasteur. Que dois-je dire aux conjoints délaissés ? Au mépris de tout esprit de grâce de l'Évangile d'amour, et fier de mon couple harmonieux depuis soixante ans, devrais-je leur citer tous les versets qui les condamnent irrévocablement à la solitude pour le reste de leur vie ? Faudrait-t-il que je leur fasse comprendre que si le mariage est un contrat, à l'inverse de tous les autres contrats de la société humaine, celui-là, lorsqu'il est rompu, lie toujours la partie restante ? Serais-je vraiment obligé de traiter ces victimes, déjà affligées par leur drame conjugal, en coupables devant expier toute leur vie la faute d'un autre ?

Pour paraphraser Paul, je dirai : Non, au grand jamais, "Ce n'est pas ainsi que j'ai appris Christ" (Éphésiens 4.20) ! Mon Dieu est un Dieu juste et miséricordieux. Et je le bénis de nous montrer dans sa parole que son plan idéal peut être vécu au sein du couple chrétien, mais qu'il ne condamne pas pour autant les blessés du chemin à ne jamais guérir, car, en dépit de toutes les arguties "scripturaires", ce serait la négation pure et simple de l'Évangile.



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107 commentaires
  • ELIO Il y a 3 mois, 1 semaine

    J'apprécie la sagesse de la conclusion. Après que l'offre du pardon ait été refusée entre les antagonistes pour les causes évoquées, refus qui ne devrait pas exister dans la maison de Dieu (Ephésiens 4:32) pour ne pas laisser la victoire au tentateur, nous rappelant toutes nos infidélités réitérées envers notre Père et toutes pardonnées en Jésus, pour peu que l’on se repente, je comprends d'autant plus alors ce terrible dilemme lorsqu'il se révèle à la face d’un conducteur, bien qu’ils n’affectent que la chair dans un premier temps, et le défie à relever quant à l’impact de la résultante sur la communauté. Et c’est bien in fine de la réponse, empreinte ou non de l’Esprit d’intelligence qui émane de cet amour dont nous avons hérité du Seigneur (si du moins il en est ainsi), que l’église trouvera une force pour son édification , sachant qu’en dernier ressort c’est Dieu qui juge avec vérité notre cœur et ses pensées secrètes, tout en ne perdant pas de vue que le péché contre le Saint-Esprit ne peut être pardonné du fait qu’il met en évidence une situation consciente de non repentance, donc de refus du pardon que la grâce offre par Jésus-Christ. On comprend mieux, alors, l’importance et la nécessité de l’acte de repentance que prêchait Jean-Baptiste, car il ouvre la porte d’accès au pardon, manifestation de l’Amour, fondation de tout l’Evangile. La force de l’Esprit est donc toujours du côté de celui qui pardonne malgré tout, et Dieu bénira. Bien à vous, dans le Seigneur.
  • Tbo Tbo Il y a 9 mois, 1 semaine

    Bonjour je suis chretien et j’aimerais savoir si j’ai le droit de me remarier sachant que ma femme m’a trompé et qui et parti de la maison
  • Amandine E. Il y a 1 année, 1 mois

    Comment savoir si nous avons tenter toutes les solutions avant de divorcer ?
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