Douceur ou faiblesse ?

Douceur ou faiblesse ?
Cher Pasteur,

La douceur n'est probablement pas le trait de caractère le plus saillant de nos cultures latines. Dire que notre tempérament naturellement frondeur s'en accommode assez mal est une litote. J'ai été habitué depuis ma plus tendre enfance à considérer que la douceur était synonyme de manque de caractère. Et puis j'ai rencontré une Norvégienne, qui est devenue ma femme, et j'ai eu l'occasion d'apprendre ce que peut être la douceur dans un solide caractère. Si cette précieuse qualité a parfois été pour elle ici en France une cause de souffrance (certains l'interprétaient comme de la mollesse : Enfin, voyons ! Ne jamais s'énerver ; ne jamais crier sur les enfants ni leur distribuer des taloches ? C'est louche !), elle a contribué à faire de notre foyer un havre de paix.

Jésus se disait lui-même "doux et humble de cœur" (Matt 11.29), et pourtant il a montré une exceptionnelle fermeté de caractère lorsqu'il chassa les vendeurs du temple ! Et il faut se souvenir que la douceur est partie intégrante du fruit de l'Esprit, comme l'affirme l'apôtre Paul :

"Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance" (Gal 5.22-23)

Il dit également :

"Que votre douceur soit connue de tous les hommes." (Phil 4.5)

Ce ne sont pas toujours les paroles les plus virulentes qui font le plus d'effet. La voix qui s'enfle est généralement le symptôme d'un ego qui se dégonfle. Le livre des Proverbes nous dit :

"Par la lenteur à la colère on fléchit un prince, et une langue douce peut briser des os." (Pr 25.15).

L'Écriture nous recommande la douceur dans différents domaines de la vie. Si l'on est appelé à réprimander quelqu'un, mieux vaut laisser la masse d'armes au vestiaire :

"… prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant" (2Tim 4.2).

Pour qu'une personne puisse être ramenée dans le droit chemin lorsqu'elle s'est égarée, elle n'a nul besoin d'un parangon de vertu comme modèle, pour la moraliser du haut de sa très haute spiritualité. Il lui faut la douceur d'une âme compatissante qui soit pleinement consciente de sa propre faiblesse :

"Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté." (Gal 6.1)

Lorsque des gens contestent le bien-fondé de notre foi, abandonnons les discussions épiques au profit de la douceur :

"Or, il ne faut pas qu'un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires…" (2Tim 2.24-25)

"… étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous…" (1Pi 3.15)

Une bonne question, pour terminer :

"Lequel d'entre vous est sage et intelligent ? Qu'il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse." (Ja 3.13)

(Rediffusion TL – La douceur - 774)



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