La ligne de conduite

La ligne de conduite

Prenons l'exemple de la convoitise charnelle. Le principe est d'aimer son prochain. Le commandement est de ne pas convoiter le conjoint de son prochain. Le précepte est de ne pas se mettre dans des situations qui provoqueraient la chute. Celui-ci peut donc être différent selon les caractères et tempéraments. Il peut être radical en s'éloignant physiquement et numériquement d'une relation que l'esprit humain pervertirait. Les paroles de Jésus Christ liées à l'adultère sont claires pour de tels disciples en butte à la tentation :

« Si ton œil droit te fait tomber, arrache-le et jette-le loin de toi, car il vaut mieux pour toi qu’un de tes membres périsse et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite te fait tomber, coupe-la, et jette-la loin de toi, car il vaut mieux pour toi qu’un de tes membres périsse et que tout ton corps n’aille pas dans la géhenne. » (Matthieu 5.29-30).Sans aller aussi loin pour d'autres, le précepte de veiller sur ses paroles est une sécurité pour ne pas donner à l'ennemi de nos âmes des occasions de chute. Celles-ci doivent toujours être sans ambiguïté, sans grossièreté, sans malice et assaisonnée de « sel » (Éphésiens 5.3-7, Colossiens 4-6). 

Il ne suffit pas de ne pas se laisser aller à un langage déplacé pour être sur un terrain glissant et dangereux. Écouter, sourire, acquiescer par sa présence (même si l'on réprouve intérieurement), sont des attitudes qui non seulement portent atteinte au témoignage chrétien mais qui en plus souillent les esprits et les cœurs avant que les corps ne soient également atteints. 

Heureux celui qui ne s'assied pas dans le cercle des moqueurs (Psaume 1.1), celui qui ne se repaît pas des chansons, des images et des spectacles de ce monde impie, car Dieu condamne ceux qui s'y vautrent, mais aussi celui qui les approuve ne fût-ce que par faiblesse, en continuant à les regarder (Romains 1.32, Éphésiens 5.7). 

Ne pas être un spectateur passif, mais finalement consentant du mal est un précepte de première importance. 

Le précepte, la ligne de conduite, peut être aussi humaine. Toutefois, il faut alors prendre garde car le danger est grand de confondre ce qui est de Dieu et ce qui est de la chair, et même de supplanter voire d'annuler le commandement divin par la tradition et les jugements humains. 

Les préceptes d'un père et d'une mère pieux sont de précieux conseils, mais ils n'ont pas la valeur et l'étendue des commandements de Dieu (Proverbes 6.20). Ils sont comme des lampes transmises pour éclairer le chemin de la vie avec ses pièges et ses embûches (Proverbes 6.23). 

Ainsi, il y a les préceptes transmis de la part du Seigneur (1 Thessaloniciens 4.2) et ceux de la part de croyants ayant de l'expérience avec le Seigneur qui sont utiles sans être des modèles fixes et généraux. 

Mettre à part de l'argent, quand c'est possible, selon une règle fixée afin de pouvoir rapidement aider financièrement ses frères et sœurs dans la foi et sa famille est une bonne manière de faire (1 Corinthiens 16.2). La bienfaisance est selon ce qu'on possède (2 Corinthiens 8.12), mais il faut faire preuve de sagesse pour prendre des dispositions à l'avance en vue des œuvres que Dieu placera sur le chemin de la foi. 

Il y a aussi, malheureusement, les préceptes humains qui flattent la chair sous des apparences de piété. Ce sont des offenses à Dieu car ils prennent le dessus sur les commandements divins. Des hommes « religieux » en viennent à annuler la volonté de Dieu par leurs usages et traditions tandis que l’homme pieux ne prend aucune disposition sans qu’elle ne soit pleinement agréée par Dieu et sans placer un joug sur la conscience de son prochain.

Nous avons des exemples de ce « glissement » dans la Bible, notamment quand Jésus reprocha aux chefs religieux de son époque leur hypocrisie liée à leur rituel avant de manger et leur dureté de cœur envers les nécessiteux de leur propre famille (Marc 7.1-23).

Le fait de se laver les mains avant de manger est certes une bonne chose pouvant facilement se justifier pour des raisons sanitaires mais cela ne peut en aucun cas s’ériger à la hauteur d’un commandement divin. 

Établir une telle tradition, bonne au départ, et la transformer en rite obligatoire ouvre la porte à bien des dérives comme celle de juger son prochain sur base de ses propres interprétations et modes de vie.

La tradition ne peut en aucun cas s’opposer à la Parole de Dieu et si tel est le cas, elle doit être totalement et définitivement rejetée. Aucun enseignement humain ne peut se substituer à celui de Dieu.

C’est pourtant ce qui peut advenir malheureusement lorsque les raisonnements, la vanité et la recherche de plaire à Dieu par la chair s’immiscent dans les esprits et les cœurs avant de s’installer confortablement et durablement dans les pratiques.

Les juifs savaient fort bien que Dieu exigeait le respect des parents et la générosité envers les nécessiteux mais plusieurs étaient parvenus à détourner ces instructions claires et à les supplanter par des commandements humains. 

En enseignant de telles choses, ils péchaient mais ils entraînaient aussi leurs contemporains à désobéir à Dieu tout en leur donnant « bonne conscience ». Autrement dit, ils annulaient la Parole de Dieu par leurs traditions et par beaucoup de préceptes qu’ils avaient établis (Marc 7.13).

Tout précepte humain n’est pas à rejeter, mais il faut être extrêmement attentif et vigilant pour ne pas lui donner une place qui n’est pas la sienne. 

L’enseignement de Récab destiné à ses descendants montre l’exemple d’un précepte inculqué par un père à ses enfants en se basant uniquement sur sa propre expérience (Jérémie 35). Ces dispositions étaient et restent bonnes à condition de ne pas les élever au rang de commandements divins, ni de les imposer à d’autres sous prétexte que celles-ci amenèrent la bénédiction sur telle famille à telle époque.

En dehors de ce qui est de la Parole de Dieu, de ses principes, de ses commandements et des préceptes qui en découlent, que personne ne juge et n'impose sa vision au sujet des usages et des traditions. Si nous sommes morts avec Christ aux principes de ce monde, ne nous plaçons pas sous le joug de préceptes pernicieux (Colossiens 2.16-23). 



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