La prière (3)

La prière (3)

Lecture Gen 18 : 11-33.

1) LE SEIGNEUR VIENT VERS ABRAHAM.

Le Seigneur a déjà révélé à Abraham Son plan pour sa vie mais aussi pour sa descendance. Dieu a choisi dans Sa souveraineté cet homme pieux pour être le père du peuple élu chargé de connaître le Créateur et de refléter la lumière divine vers les autres nations. Ce n'est donc pas la première fois qu'Abraham reçoit la promesse d'un enfant et l'assurance d'une grande descendance. Auparavant, il avait aussi découvert le Seigneur qui s'était révélé. Gen 12 : 1-3. Si le père d'Isaac a manifesté la foi, il a aussi été destabilisé par le doute et l'incrédulité. C'est pourquoi Dieu est venu à sa rencontre afin de le rassurer quant à la certitude de la réalisation du plan divin.

Pour ce qui nous concerne, le Seigneur s'est aussi révélé au travers de Jésus qui a revêtu notre humanité pour vivre notre condition terrestre. Il n'existe pas de personne plus compréhensive que celle qui est exposée aux mêmes situations. Ainsi, le Fils de Dieu a affronté le péché, la tentation, la solitude, l'abandon, le mépris, le rejet, la violence, l'incompréhension pour connaître l'agonie d'une mort cruelle à la croix. Héb 2 : 18; 4 : 15-16.

Le Créateur s'est donc approché de l'homme pour lui proposer la vie éternelle. L'initiative du salut vient de Dieu et est exprimée au travers de la venue de Jésus. Luc 9 : 56; Jean 3 : 16. Puis, lorsque les gens acceptent de vivre en suivant les voies de l'évangile, le Seigneur continue de venir vers eux pour les guider, les éclairer, les orienter pendant leur marche. Ainsi, Il se manifeste par Sa Parole, par des songes, des visions, des pensées intérieures, des dons spirituels, des événements. Ps 32 : 8; 119 : 105; Joël 2 : 28; Act 13 : 2; Apo 1 : 9-11.

Jésus s'est approché de nous afin de mettre à notre disposition tout ce qui nous est utile et nécessaire pour expérimenter une vie équilibrée, épanouie et harmonieuse dans la foi. Jean 10 : 10;

2 Pi 1 : 3. De plus, Il cherche à nous atteindre dans le but de nous inviter à Le servir. Chaque disciple a effectivement en sa possession des dons, des talents, des compétences qu'il est convié à découvrir, puis à faire fructifier en les exprimant par la foi. 1 Pi 4 : 10. Les chrétiens sont destinés à développer leur communion avec leur Rédempteur mais aussi à entrer dans les œuvres divines prévues pour eux.

Eph 2 : 10; Tite 3 : 14; Jac 2 : 14-26. Cela nécessite d'être disponible et de laisser le Seigneur venir nous rencontrer et nous appeler à travailler dans Son champ selon selon Sa volonté. Marc 1 : 17-20; 2 : 14;

5 : 18-20; Act 6 : 1-6; 9 : 15-16.

L'Eternel est venu vers Abraham pour lui accorder une bénédiction au "niveau humain" avec la naissance d'Isaac. Le Seigneur prend en considération les besoins de Ses enfants et désire y répondre selon Sa volonté. Il est donc nécessaire de croire par la foi à la visite de Jésus pour voir un problème de stérilité être résolu, pour sortir d'une situation de précarité, pour réussir dans son activité professionnelle, pour vivre un changement bénéfique dans le couple et la vie de famille, pour être guéri dans son corps et dans son âme…

Le Seigneur a voulu également bénir Son serviteur au "niveau spirituel", sa postérité séparée des peuples ayant la mission comme cela a été cité d'éclairer les nations afin de les amener à se détourner des idoles et des divinités pour se tourner vers le seul et unique Dieu Créateur. Es 55 : 4.

De la même façon, les disciples de Jésus doivent être réceptifs pour hériter de bienfaits spirituels : baptême du Saint-Esprit, pratique des dons spirituels, sensibilité à la voix de Dieu, qualifications et capacités pour l'exercice d'un ministère…dans le but d'être des instruments de bénédictions pour l'entourage.

Ex 35 : 30-34; Es 26 : 12; 2 Cor 3 : 5; Héb 13 : 20-21.

2) ABRAHAM RESTE AVEC LE SEIGNEUR.

Gen 18 : 22 Þ Dans un premier temps, c'est Dieu qui a pris l'initiative de venir à la rencontre d'Abraham. Il s'est à cette occasion manifesté sous une forme humaine : Gen 18 : 1-2, 16, 22. Après cela, le patriarche a choisi de rester dans la présence du Seigneur. Il aurait pu se contenter du rappel de la promesse de bénédiction pour sa vie : Gen 18 : 10. Il aurait pu se satisfaire de l'espérance d'avoir un enfant et se réjouir de la réalisation future des œuvres de Dieu dans sa descendance. Seulement, quand il a compris le dessein de jugement sur Sodome et Gomorrhe, il est resté dans la présence divine, non pas pour être béni et recevoir de nouveaux bienfaits, mais pour intercéder en faveur de ces villes.

Pour élargir la réflexion, il est sage pour un chrétien d'honorer les invitations du Seigneur qui souhaite nous rencontrer pour développer une véritable intimité de cœur avec Lui. Il est un Père qui désire ardemment dans Son amour la présence de Ses enfants. Mat 23 : 37; Jean 17 : 21; 1 Jean 1 : 3. Il est néanmoins possible comme Abraham de rester avec le Seigneur, c'est-à-dire de chercher davantage Sa face, de prolonger le temps de communion avec Lui.

Comme dans n'importe quelle activité, on peut s'accommoder du minimum. Au niveau professionnel, familial, relationnel, cela revient à accomplir ce qui est légal, normal, juste. Les responsabilités sont alors remplies. Cependant, la richesse réside dans le fait de faire plus que le minimum bienséant et d'aller au-delà du strict nécessaire. Par exemple, un époux peut être inspiré d'offrir des fleurs, les enfants sont appelés à manifester des marques de reconnaissances à l'attention de leurs parents, ces-derniers ont à prodiguer des gestes d'attention en faveur de leur progéniture, le chrétien avisé ne limite pas à un simple "bonjour" sa relation avec un voisin en souffrance mais démontre de la disponibilité pour proposer son secours et son aide…

Concernant notre relation avec Jésus, on peut se restreindre au minimum vital : un peu de prières, un peu de lecture biblique, un peu de vie d'église. La qualité de la vie spirituelle est en conséquence. Par contre, il est envisageable d'aller plus loin et de vouloir plus d'intimité avec le Seigneur, plus d'intensité, de ferveur, de joie, d'engouement, de consécration dans la prière. Dans ce cadre, il est important d'avoir l'ambition de dépasser le niveau de zèle atteint et de prolonger s'il est possible comme Abraham le temps passé avec le Seigneur. Act 1 : 14; 2 : 42; 1 Tim 4 : 15.

Après avoir été béni par une parole prophétique, Abraham est resté dans la présence de l'Eternel pour intercéder en faveur de villes où régnaient la perversion et le désordre. En priant le Seigneur d'épargner les quelques justes qui pourraient s'y trouver, il a bien sûr pensé à Lot et sa famille. Pourtant, son neveu n'a pas fait un choix particulièrement judicieux en s'installant à Sodome. Cela traduit une piété fragile et faible. Les habitants de ces villes étaient des incrédules endurcis qui se vautraient dans le péché. Pourtant, le patriarche a pris du temps pour implorer la miséricorde divine.

Des chrétiens ont des membres de leur famille en petite forme spirituelle comme Lot ou qui se sont refroidis au niveau de leur foi. D'autres évoluent dans des contextes difficiles. Le péché, les moqueries, les calomnies, les agressions verbales, l'opposition les environnent. La tentation de développer de l'indifférence, du ressentiment et de l'amertume guette. Le croyant peut également passer son temps à s'offusquer continuellement de ce qu'il entend et voit. Il faut reconnaître que tous ces éléments génèrent des situations de souffrances.

Seulement, le disciple est appelé, tout en se préservant des souillures du monde, à côtoyer ceux et celles qui ont besoin d'expérimenter l'amour de Dieu afin de les interpeller pour les amener au salut.

Mat 5 : 13-16; Jean 17 : 14-16; 18; Act 1 : 8. Il est intéressant de noter que la véritable sanctification ne consiste pas à se retirer du monde pour vivre reclus et isolés de tout. Elle est l'œuvre du Seigneur dans le cœur des croyants par l'action de la Parole et du Saint-Esprit. Jean 15 : 3; 17 : 17; 1 Thes 5 : 23; 1 Tim 4:5. Jésus n'a jamais repoussé les personnes empêtrées dans une vie dissolue et déréglée. Il était proche des prostituées, des marginaux et des truands. Luc 5 : 29-32; 7 : 36-50; 19 : 1-10.

Ainsi, le disciple a besoin de trouver la bonne distance dans ses relations afin de ne pas participer à des activités ou à des conversations contraires à la gloire de Dieu tout en demeurant proche des gens sans les condamner. La prière permet ensuite d'évacuer et d'éliminer les éventuelles éclaboussures dues à la proximité du péché. La prière sous la forme de l'intercession est efficace pour faire mouvoir le bras de Dieu pour le salut et la restauration des gens. La prière change la vision du croyant. Elle transforme la perception égoïste, méprisante, hautaine, indifférente et sans miséricorde du pharisien religieux en regard d'amour, de compassion, de patience, de compréhension, d'écoute selon Dieu.

La prière conduit à vouloir le bien des personnes qui nous entourent même si elles sont indignes et exécrables. Mat 5 : 43-48. Ainsi, Job a été poussé par le Seigneur à prier pour ses connaissances qui ont passé du temps à l'accabler, à le culpabiliser et à l'accuser. Job 42 : 7-8. On remarque que sa restauration s'est produite après qu'il ait obtempéré. S'il avait choisi de ne pas se soumettre, il serait certainement passé à côté du rétablissement. Job 42 : 10. De la même façon, Isaac a été béni après avoir manifesté de la bienveillance à l'égard de ses ennemis. Gen 26 : 26-32. Le peuple hébreu en exil dans un pays hostile a été invité à chercher le bien de la cité où il habitait. Pourtant, il s'agissait d'un environnement idolâtre et pas particulièrement sensible à la foi en l'Eternel. Jér 29 : 7.

De la même façon, le chrétien est appelé à développer sa vie de prières pour intercéder en faveur du contexte de vie dans lequel il évolue : famille, connaissances, études, entreprise, église. Non seulement le Seigneur agit en attirant à Lui les personnes qui bénéficient de la prière afin de les sauver, mais Il est aussi capable de changer un environnement pénible pour permettre à Son enfant de s'épanouir.

Verset 33  Après ce temps de prière, Abraham est retourné à ses occupations. Ceci conduit à considérer la nécessité d'un équilibre dans la gestion de toutes les activités : il existe un temps pour la prière et un temps pour les autres occupations, un moment indispensable pour la communion avec Dieu et un moment pour les obligations et nécessités de tous les jours. Ainsi, Pierre Jacques et Jean ont baigné dans la gloire divine sur la montagne, mais ils sont ensuite descendus dans la vallée et ont du affronter les réalités de la vie de tous les jours. Mat 17 : 1-23. Les phases de prières avec le Seigneur servent aussi à recevoir les forces et les ressources afin d'assumer les responsabilités et d'être une bénédiction pour l'entourage.

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