La vérité

La vérité

Cher Pasteur,

Comme tu le sais, Jésus devant Pilate a dit :

"… Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérité ?" (Jn 18.37-38)

Voilà une question récurrente, que les hommes de toutes les générations n'ont cessé de se poser : "Qu'est-ce que la vérité ?". Seul Jésus nous fournit la réponse, car il dit qu'il est venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Et il dit également qu'il est :

"le chemin, la vérité et la vie" (Jn 14.6).

Le début de l'Évangile de Jean nous précise :

"Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père." (Jn 1.14).

Dans sa prière sacerdotale, Jésus priant pour ses disciples dit :

"Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité." (Jn 17.17)

L'apôtre Pierre identifie clairement l'Évangile à la parole vivante et permanente de Dieu, seule capable de nous re-générer (nous faire naître à nouveau), par notre obéissance à cette parole qui est la vérité :

"Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cœur, puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. […]. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l'Évangile." (1Pi 1.22-25)

En résumé, la parole de Dieu, incarnée en la personne de Jésus, est la vérité qui nous est parvenue au moyen de l'Évangile.

Laissant de côté toutes les élucubrations plus ou moins savantes, ou prétendues telles, que d'aucuns ont écrites sur la vérité, nous pouvons en déduire très simplement que si nous voulons nous approcher de la vérité, il nous faut nous approcher de l'Évangile.

Mais cette approche n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Je me souviens d'un chant chrétien en Norvège qui disait entre autres :

Les som det står — Tro som det står

Aldri et ord av skriften forgår !

(Lis ce qui est écrit — Crois ce qui est écrit

Jamais un mot de l'Écriture ne disparaîtra)

Cela paraît à la fois simple et spirituel, n'est-il pas vrai ? Mais c'est bien vite oublier que lorsqu'on lit ce qui est écrit, on ne peut croire que ce que l'on comprend de ce qui est écrit ! Nous sommes donc confrontés à un problème d'herméneutique. Dans un autre article de cette série "Cœur à cœur", (Fidélité à l'Écriture), j'ai écrit :

Comme tu le sais, l'herméneutique est la science de l'interprétation des Écritures. Elle suit des règles bien précises, la principale étant de laisser la Bible s'expliquer par elle-même. Une hirondelle ne fait pas le printemps, ni un texte isolé une doctrine. […] Ayons assez d'humilité pour reconnaître avec Paul que "nous connaissons en partie" (1Co 13.9). Cela ne nous empêche pas d'avoir de solides convictions, fondées sur ce que nous comprenons de l'Écriture, avec l'aide du Saint-Esprit, sans nécessairement donner crédit à l'affirmation de Bossuet : "Chaque protestant est un pape, Bible à la main" !

Dans la Bible, les doctrines principales de la foi chrétienne sont claires et sans ambiguïté. Mais si nous voulons les comprendre selon la vérité du Saint-Esprit, et il nous faut posséder une autre forme de vérité. David a dit :

"tu veux que la vérité soit au fond du cœur" (Ps 51.6).

Et aussi l'auteur du psaume 119 :

"Que mon cœur soit sincère dans tes statuts, afin que je ne sois pas couvert de honte !" (Ps 119.80)

Dieu réclame de nous une parfaite honnêteté et une sincérité sans faille lorsque nous nous approchons de sa parole. C'est la condition indispensable pour que le Saint-Esprit nous révèle sa vérité. Il est tellement facile de venir avec des idées préconçues, personnelles ou acquises de diverses sources, et d'essayer d'adapter la parole à nos conceptions.

Au risque de dire une lapalissade, on peut affirmer que la vérité est l'opposé de l'erreur. Et c'est Jésus lui-même qui nous dévoile la double source de l'erreur. Aux sadducéens venus pour essayer de le prendre au piège, Jésus rétorque :

"Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu." (Mat 22.29)

Pour éviter l'erreur dans notre recherche de la vérité, il importe donc de comprendre les Écritures et la puissance de celui qui les a inspirées. Notre perception des Écritures, c'est-à-dire de la vérité, dépendra donc grandement de la lumière que le Saint-Esprit nous donnera sur elles.

Nous n'allons pas prétendre détenir la vérité absolue, mais cela ne nous empêche pas d'avoir une profonde conviction fondée sur la compréhension que nous en avons reçue par le Saint-Esprit. Il n'est absolument pas question d'accepter tout et n'importe quoi, sous le fallacieux prétexte de tolérance et d'humilité.

Si Christ a pris soin de donner les ministères à l'église, c'est bien pour

"le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ." (Éph 4.11-15)



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