Le commandement « Honore ton père et ta mère… »


En tant que chrétien, nous désirons tous nous conformer à la volonté de Dieu et ainsi obéir aux commandements qu’il nous a transmis. Pourtant, il est une chose fondamentale de comprendre ce que Dieu a désiré faire aux travers de ses paroles et ce qu’elles signifient et entrainent comme attitude de notre part.
Tout d’abord, le mot commandement n’apparait pas dans les différents passages relatifs aux dons de la loi (Exode 20 et Deutéronome 5) au Mont Sinaï. L’hébreu utilise le terme « dix paroles ». Des paroles qui se présentent comme une proposition de relation profonde et intime, comme un cadre préservant cette relation et une proposition d’alliance. Celles-ci ne devront pas être perçues comme des obligations, fruit d’un caractère « despotique » de Dieu, mais comme une déclaration de son identité, un appel à l’histoire, des exigences et des promesses, mais également des sanctions.
« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne. » Exode 20,12 (NEG)
Comment, dans le cadre de cette définition, pouvons-nous comprendre le cinquième commandement sans en détourner le sens ?
Simplement en donnant du sens au verbe « honorer », tout en luttant contre celui que malheureusement on lui confère trop souvent celui de « vénérer ».
Bien que Dieu ait mandatés notre père et notre mère comme des intermédiaires, durant notre enfance et notre minorité, de son autorité, celle-ci n’est pas absolue.
En effet, le terme hébreu employé, aura comme sens premier « donner du poids, rendre lourd ». Il s’agira donc de donner du poids, de rendre lourd nos parents.
Ainsi, honorer en hébreu désignera la véritable valeur des choses (poids réel). Il s’agira donc d’estimer et de reconnaître ce qui a été bon, même très bon et mauvais voir très mauvais dans l’éducation reçue de nos parents.
Estimer et reconnaître ces choses mauvaises ne consisteront pas à mépriser nos parents. Car dans ce cas voilà ce que dit la parole « Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère […] » Deutéronome 27,16 (NEG).
Rashi, grand Rabbin du XIème siècle, dans son commentaire du verset nous rappelle qu’il ne s’agira pas de mépriser - dans le sens de bafouer- ce que nos parents nous ont transmis. Son commentaire vient ainsi confirmer ce que le cinquième « commandement » nous demande.
Alors honorons notre père et notre mère en reconnaissant ce qu’ils nous ont transmis avec un regard juste. En agissant de la sorte, nous permettrons à nos parents de retrouver une juste place dans la famille : Ni dieux, ni incapables mais simplement des hommes avec leurs forces et leurs faiblesses.
Nous trouverons également –en tant qu’enfants – la liberté de considérer à leurs justes valeurs nos parents trouvant ainsi une place et une liberté nouvelle et au sein de la famille.
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