Le danger du succès

Le danger du succès

Cher Pasteur,

Au fil de tes lectures de l'Ancien Testament, tu n'as certainement pas manqué de découvrir un très jeune roi fort sympathique, du nom de Ozias. Il devint roi à l'âge de seize ans, et eut un long règne de cinquante-deux ans. Il fut élevé dans la crainte de l'Éternel, car son père, le roi Amatsia, marcha dans les voies de Dieu durant son règne. Ayant été ainsi à bonne école, Ozias "fit ce qui est droit aux yeux de l'Éternel, entièrement comme avait fait Amatsia, son père" (2Chr 26.4).

Le règne d'Ozias fut frappé du sceau de la prospérité. 2Chr 26.6-15 nous décrit les grandes réalisations qui firent son immense renommée, qui alla au-delà des frontières. Et le texte nous donne le secret de ce succès :

"Il s'appliqua à rechercher Dieu pendant la vie de Zacharie, qui avait l'intelligence des visions de Dieu ; et dans le temps où il rechercha l'Éternel, Dieu le fit prospérer" (2Chr 26.5)

Sa glorieuse réussite n'était donc pas due uniquement à son intelligence, mais surtout à l'intervention divine. Et cette intervention n'était pas le fruit du hasard, mais du fait qu'il s'était appliqué à rechercher Dieu.

Cette belle histoire eut malheureusement une bien triste fin. Il nous est dit :

"Mais lorsqu'il fut puissant, son cœur s'éleva pour le perdre. Il pécha contre l'Éternel, son Dieu" (2Chr 26.16)

Les versets 16 à 23 nous montrent un triste exemple de la véracité de ce texte de l'Écriture :

"L'arrogance précède la ruine, et l'orgueil précède la chute" (Pr 16.18)

Hélas, le cas d'Ozias n'est pas unique dans l'histoire des hommes. Il faut bien reconnaître que, de nos jours, certains serviteurs de Dieu ont commencé leur ministère dans l'humilité et la consécration, dans une complète dépendance de Dieu. Et Dieu les a bénis au-delà de leurs espérances ; le succès a été au rendez-vous, mais l'orgueil également. Plutôt que servir Dieu, ils ont commencé à se servir de Dieu, pour ensuite se servir eux-mêmes. Le succès n'a plus été le résultat d'une humble marche avec Dieu, mais un objectif en soi, à atteindre par n'importe quel moyen.

Quelqu'un a dit qu'il faut un dos solide pour supporter les bons jours. Cela peut paraître paradoxal, mais c'est une grande vérité. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le succès n'est pas aussi répandu qu'on le souhaiterait ? Dieu, dans sa sagesse, ne peut pas nous le confier avant que nous ne soyons capables d'en éviter les dangers.

L'histoire d'Ozias veut nous enseigner cette grande leçon : Dieu veut nous donner le succès dans nos entreprises, dans notre ministère, mais pas à n'importe quel prix. Rappelons-nous que plus notre marche avec lui nous entraîne vers les hauteurs, plus le danger est grand et plus nous sommes vulnérables. Que jamais notre ministère ne soit pour nous un instrument d'auto-élévation, d'affirmation de notre identité ou de recherche de pouvoir. Puissions-nous, de tout notre cœur, dire avec Ésaïe :

"Que dirai-je ? Il m'a répondu, et il m'a exaucé. Je marcherai humblement jusqu'au terme de mes années" (És 38.15)



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