Les apôtres : Jacques et Jean

Les apôtres : Jacques et Jean
Lecture Marc 1 : 16-20

1) LES 2 FRERES AVANT LEUR NOUVELLE NAISSANCE

Jacques et Jean avaient une personnalité entière et forte, ce qui n'est pas un problème en soi. La difficulté réside dans une mauvaise gestion de ce style de tempérament. Lorsque la nature charnelle le dirige et le domine, il produit les résultats suivants visibles chez Jacques et Jean et chez beaucoup de personnes : impétuosité, virulence, agressivité, emportement. La nouvelle naissance et le processus de sanctification n'éliminent pas le tempérament de l'individu mais lui permettent de le canaliser, de le dompter, de le maîtriser. L'effet positif se traduit par la manifestation de plusieurs qualités : paix, patience, bonté, douceur, tempérance. Ce sont des parties du fruit que le Saint-Esprit produit dans le cœur du disciple. Gal 5 : 22.

Avant de vivre une authentique métamorphose intérieure, les 2 frères ont été tellement virulents à certaines occasions que Jésus les a surnommés "Boanergès", c'est-à-dire "fils du tonnerre". A cause de leur fougue mal canalisée, ils étaient souvent incapables de se contrôler et pouvaient s'emporter avec des éclats de voix et des attitudes excessives.

Luc 9 : 49-50 Þ Jean a pris une initiative qu'il a certainement considérée sage et spirituelle. Il s'est opposé à un croyant qui libérait des démoniaques par sa foi dans le nom de Jésus. Comme il ne faisait pas partie du groupe des disciples accompagnant Jésus, Jean s'est interposé et lui a défendu de poursuivre ses actions. Le futur apôtre n'a pas eu le soin ni la délicatesse de demander au Seigneur la position à adopter dans cette circonstance. Entraîné par son tempérament, il a agi avec précipitation. Il s'attendait ensuite vraisemblablement à être soutenu et félicité par Jésus, mais il a été désapprouvé. C'est exactement ce qui se passe dans la vie des croyants lorsque leurs paroles et leur conduite sont guidées par l'impétuosité et le manque de modération.

Luc 9 : 51-56 Þ Jacques et Jean n'ont pas accepté l'affront fait à Jésus. Les règles élémentaires de l'hospitalité au Proche-Orient ont été bafouées car le Seigneur n'a pas été logé dans une famille. Cela a produit dans le cœur des 2 frères une révolte et de la colère. Remarque : ressentir de la colère n'est pas un péché car c'est un sentiment normal et légitime devant l'injustice et l'inacceptable. Dieu Lui-même éprouve de la colère. Deut 29 : 20; Jér 10 : 10; Rom 1 : 18. Ce qui est péché, c'est la façon inappropriée d'extérioriser la colère (injures, violence verbale et physique, mépris, désirs de vengeance, sentiments de haine). Les Ecritures enseignent la nécessité de l'exprimer en l'apprivoisant avec la grâce de Dieu. Eph 4 : 26.

Jacques et Jean ont réagi violemment en souhaitant même la mort des Samaritains ! De plus, ils ont utilisé un passage des Ecritures pour justifier et appuyer leur méchanceté. Cette expérience montre le danger suivant : une personne dont le cœur n'est pas rempli des sentiments de Jésus peut se servir de la bible pour lui faire dire ce qu'elle n'a jamais dit et l'utiliser pour défendre ses mauvaises pensées. Dans ce cas, il est préférable d'adopter une attitude de repentance afin de changer d'état d'esprit.

Marc 10 : 35-45 Þ Leur tempérament impétueux les a conduits à manifester de l'égoïsme, un désir de supériorité et de domination, une soif de pouvoir, le souhait excessif d'être reconnus, une ambition charnelle. Ne croyons pas que ces défauts se trouvent uniquement chez les incroyants, car la bible et la réalité quotidienne démontrent que des croyants vivant sous l'emprise de leur vieille nature produisent les mêmes fruits. Ils ont alors provoqué de l'indignation chez les autres et un certain malaise s'est certainement instauré dans leurs relations. Jésus n'a pas accédé à leur requête et a profité de l'occasion pour donner un enseignement sur l'humilité et sur la véritable grandeur d'un individu. Marc 10 : 42-45

2) JEAN APRES SA NOUVELLE NAISSANCE

Après l'ascension de Jésus, Jean était de ceux qui étaient réunis pour prier dans la chambre haute. Act 1 : 12-14. Avec les autres, il a persévéré jusqu'à la réalisation de la promesse divine qui s'est accomplie le dixième jour avec la venue du Saint-Esprit. Act 2 : 1-4. Cette expérience a bouleversé sa vie. Il est ensuite devenu un autre homme. La vie chrétienne ne doit pas consister à courir après des expériences, mais à rechercher la présence du Seigneur afin d'être en communion avec Son cœur. Néanmoins, il est important pour le disciple de vivre dans son parcours des moments forts et riches avec Jésus. Jean a expérimenté cette réalité quand il était avec ses frères et sœurs dans la foi. Les chrétiens d'aujourd'hui doivent aspirer à imiter ceux du premier siècle en désirant ardemment chercher la face de Dieu et l'action du Saint-Esprit dans la communion fraternelle. Ps 133; Act 2 : 1; 42; 46; Act 4 : 23-24; 32.

Ensuite, on trouve Jean accompagner Pierre au temple pour prier. Pourtant, à cause de leur tempérament fougueux mal géré dans le passé, des frictions et des blessures ont entaché leur relation. Cependant, comme ils sont nés de nouveau et portent le fruit de l'Esprit, ils sont dorénavant unis pour prier. Cela suppose que leurs différents ont été réglés dans l'amour, la paix, la demande de pardon et la miséricorde. La croissance de l'Eglise est possible lorsque les disciples sont ensemble pour prier et unis d'un même cœur dans la paix. Act 9 : 31.

Puis, Jean a connu les désagréments de l'opposition des religieux avec des arrestations, l'emprisonnement, de l'intimidation et des menaces verbales, des coups physiques. Act 4 : 1-4; 15-21; Act 5 : 17-18; 33; 40-41. Si Jean s'était laissé dominer par sa vieille nature, il aurait réagi avec impulsivité et violence. Il aurait cherché à rendre le mal pour le mal. Désormais, ayant été transformé et vivant le renouveau intérieur par le Saint-Esprit, il est rendu capable de réfréner ses pulsions charnelles et de vivre l'enseignement de Jésus. Mat 5 : 43-48; Ps 37 : 8; Rom 12 : 17-21; 1 Thes 5 : 15; 1 Pi 3 : 9. Le cheminement de cet homme montre qu'il est possible d'être métamorphosé progressivement par la grâce divine pour ressembler au Seigneur, ce qui est le but suprême du disciple.Luc 6 : 40; Rom 8 : 29; Eph 4 : 13; Phil 1 : 6.

Jean signifie : "L'Eternel a fait grâce". Ainsi, Dieu a fait grâce à Jean en lui témoignant Son amour, Sa patience, Son pardon, Sa miséricorde et en le changeant. L'apôtre a appris à traiter les autres comme le Seigneur l'a traité. Puisque le Seigneur lui a fait grâce, Jean a choisi de faire grâce aux autres. Une anomalie de la vie chrétienne consiste à bénéficier de la bonté et des faveurs divines et à être dur, prompt à la critique, implacable, intransigeant, intraitable avec les autres. La marche avec Jésus nécessite la volonté d'être avec le prochain comme Dieu l'est avec le disciple. Ps 103 : 10; Luc 10 : 25-28.

Pendant l'exercice de son ministère, Jean s'est rendu en Samarie. Act 8 : 14-17. C'est dans cette contrée qu'il a souhaité prier afin que le feu du ciel descende et consume les habitants hostiles à Jésus. Luc 9: 54. Act 8 : 14 précise que les apôtres ont envoyé Jean en Samarie. En fait, c'est le Seigneur qui a tout conduit car il était nécessaire que le frère de Jacques retourne à l'endroit où il avait eu une attitude malveillante afin d'avoir l'opportunité de la corriger par une attitude bienveillante. Ainsi, il pria pour les personnes qu'il a maudites auparavant afin de les bénir. Le Seigneur est favorable à de telles dispositions de cœur. Le résultat est l'effusion de l'Esprit sur les nouveaux chrétiens. Act 8 : 17.

3) JACQUES APRES SA REGENERATION

Après avoir été transformé par le Seigneur, Jacques a souvent été associé à son frère et à Pierre dans l'exercice de son ministère. Ils ont tout les 3 fait des expériences extraordinaires : résurrection de la fille de Jaïrus : Marc 5 : 35-43, transfiguration : Mat 17 : 1-8. Ils étaient déjà unis dans leur activité professionnelle. Luc 5 : 10. Sur la base de cette association humaine, Jésus a créé une association spirituelle. Ainsi, les affinités et les amitiés sont tout à fait compatibles avec des liens spirituels, du moment que cela ne conduit pas à un effet de clan.

Jacques est souvent cité avant son frère dans les évangiles, certainement parce qu'il était plus âgé. Dans le livre des Actes, Jean est plus souvent mentionné et mis en avant pour des œuvres ou un témoignage remarquable. Act 3 : 1-11; 4 : 1-4; 19-22; 8 : 14-17. Jacques n'a pas manifesté de la jalousie et des ressentiments vis à vis de son frère. Si des sentiments de frustration sont apparus dans son cœur, il les a gérés en les évacuants afin de ne pas les laisser polluer son être intérieur. Les textes ne mentionnent pas de dispute ou de rivalité entre eux. Ceci est la démonstration d'un réel et profond changement chez Jacques.

Cette étude montre que le Seigneur élève qui Il veut. Ps 75 : 8. Il est souverain pour accorder à certains un rôle prépondérant et à d'autres une fonction moindre. Ainsi, des serviteurs sont appelés et qualifiés pour prêcher à des milliers de personnes, mais heureusement que d'autres sont consacrés pour effectuer de tout cœur le ménage ! En réalité, les fonctions dans l'Eglise sont différentes mais complémentaires. Toutes sont nécessaires à la santé et à la croissance du royaume de Dieu. 1 Cor 12. Chaque disciple a besoin de découvrir les œuvres que le Seigneur lui a réservées, en se réjouissant de ses talents et de ses capacités et en évitant de regarder ce qu'il n'a pas et que les autres possèdent. Eph 2 : 10.

Jacques a été victime de la persécution à l'époque du roi Hérode Agrippa 1er. A cause de sa foi et de son engagement dans les voies de Dieu, il a perdu la vie. Act 12 : 1-2. Il fût le premier apôtre martyr. Sa récompense sera donc grande au moment des rétributions. Luc 14 : 13-14; 2 Cor 5 : 10; Eph 6 : 8. Jacques a choisi de rester fidèle jusqu'au bout, même sous la menace de la mort. Il aurait vraisemblablement pu sauver sa vie s'il s'était engagé à renier Jésus. Il a préféré conserver ses convictions. Des milliers de chrétiens sont actuellement confrontés aux risques d'arrestation, d'emprisonnement, de torture et d'élimination. Cette réalité nous confronte à la réflexion suivante : si nous avons du mal à surmonter des contrariétés et des soucis mineurs, comment pourrions-nous supporter des épreuves de foi plus douloureuses ? L'exemple de Jacques doit stimuler et encourager les disciples à demeurer attachés au Seigneur dans toutes les circonstances. L'amour pour Jésus surpasse tous les intérêts. Que Dieu nous aide à vivre ce véritable christianisme !

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