Les Pasteurs Se Cachent Pour Mourir !

Les Pasteurs Se Cachent Pour Mourir !

Il y a quelques temps, un ami utilisa cette expression percutante, pour parler des conséquences parfois tragiques pour certains ministères, de la difficulté d’obtenir du soutien qualifié en cas de besoin.

Outre qu’elle parodie le titre d’un roman célèbre devenu feuilleton télévisé, cette phrase a pour mérite de synthétiser une douloureuse réalité vécue par certains : Un pasteur, ou tout autre serviteur de Dieu à plein temps, peut-il demander et recevoir une aide adaptée ? A qui s’adresser ? Dans quel cadre peut-il faire une “pause”?

Découragement, sentiment d’échec, épuisement, vraie dépression, abandon définitif du ministère, chute morale, voire même suicide... Toutes les formes de crises, des plus courantes aux plus extrêmes, se retrouvent au sein des ministères. Mais, compte tenu de la position de ceux-ci dans l’Eglise, le “tabou” est encore grand qui entoure ces sujets : Peu nombreuses sont les études qui osent les aborder. Encore moindre sont les solutions offertes. Pourtant, après avoir vécu quelques années de vie d’église, nous avons tous vu ou entendu parler de tels cas.

J’ai connu un prédicateur qui, poussé par le besoin de confesser à un “ami” ses tentations et son combat spirituel, se retrouva dénoncé, et rejeté de la dénomination à laquelle il appartenait, sans avoir eu l’occasion de recevoir ni écoute, ni aide d’aucune sorte. Certes, le cas fut écarté et le mouvement épargné d’un “risque” potentiel, mais est-ce ainsi que nous sommes appelés à prendre soin les uns des autres ? N’avons-nous pas un devoir d’accompagnement demandé par Jésus lui-même et les apôtres ? (Matthieu 18:15-20; Jacques 5: 20).

Nos attitudes de négation du besoin d’écoute et d’aide aux ministères, ne contribuent-elles pas à renforcer hypocrisie, méfiance et isolement, poussant beaucoup à prétendre que “tout va bien” quant au fond d’eux-mêmes le combat fait rage ?

Tout travailleur dans la relation d’aide, se doit d’avoir un référent auquel il puisse faire appel en cas de besoin pour se “décharger” des tensions dues à son service. Mais vers qui le serviteur de Dieu quand il a lui-même besoin d’aide, peut-il se tourner en toute confiance ?

J’ai souvent entendu la remarque suivante : “Prie Dieu et cela ira”. Je crois en l’efficacité et la puissance de la prière, mais est-ce toujours suffisant ? Voire la meilleure solution dans certains cas ? Quid de la communion fraternelle ?

Un couple de missionnaires nous rendit ce témoignage : Alors qu’ils souffraient d’épuisement et demandaient un temps de repos spirituel après des années difficiles sur leur champ de travail, ils se virent répondre par leurs dirigeants : “Vous êtes des exemples, vous n’avez pas le droit d’être en souffrance, ni d’avoir des problèmes”. Ils décidèrent de quitter cette organisation qui n’avait rien prévu pour prendre soin de leur personnel blessé au service, ils n’en valaient pas la peine !

Pourquoi de telles attitudes de la part du monde chrétien alors même que nous offrons de l’aide à toute personne en besoin, au travers des services de l’église ?

Aurions-nous tendance à privilégier les réalisations au détriment des individus, le faire à l’être, le paraitre à la réalité ? Serions-nous une armée qui combat sans hôpital de campagne pour ses propres soldats ? Croyons-nous que nier l’existence de ces souffrances les font disparaître ?

Pensons au coût humain que cela représente par année, aux familles en souffrance, et pas seulement celles de serviteurs, mais aussi des membres des assemblées qui en vivent les effets collatéraux ! Car comment imaginer qu’un ministère en crise, n’en fasse pas ressentir les effets, même involontairement, sur les brebis dont il a la charge ?

Je connais l’exemple, d’un pasteur qui, se sentant aux limites de ce qu’il pouvait donner à l’église dont il avait eu la charge pendant plusieurs années, décida d’utiliser la possibilité qui lui était offerte de prendre une année sabbatique. Il reprit un travail, mena la vie de tout croyant lambda, avec ses pressions et ses frustrations, rendit témoignage de sa foi chaque fois qu’il en avait l’occasion. Il prit soin de son couple et de ses enfants, et continua à se rendre incognito dans une assemblée pour s’asseoir dans les rangs et écouter la Parole de Dieu. Après une année de ressourcement, le Seigneur lui ouvrit une porte pour prendre en charge une petite assemblée d’une autre ville. Après avoir prié pour cette opportunité, il accepta et entra dans une nouvelle période extrêmement bénie de son service pendant laquelle il eut la joie de voir cette église quintupler en quelques années !

Souvenons-nous que nous sommes gestionnaires de l’appel Divin dans l’esprit de 2 Jean 8: “Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense”.

Alors, que faire pour ne pas gâcher, ni risquer de perdre ces ministères ? Quelles solutions ? Préparation aux ministères, prévention, accompagnement, résolutions de crise, année sabbatique, formation continue... Le débat est ouvert !



P.S.: Sur ce sujet, le Top Chrétien vous recommande de lire le TopBlog d'Éric Célérier intitulé : "Pasteurs, je vous aime !"



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34 commentaires
  • louisette Il y a 1 année, 8 mois

    Gloire soit rendu à l'Eternel ! Il en était temps de se souvenir de ses hommes de Dieu qui souffrent en douce. Combien sont ils ceux qui ne veulent pas prendre un repos, une retraite ? Pour cause : parce qu'ils ont peur de se qui pourrait les arriver après. Combien de vieux serviteurs de Dieu souffrent en ce jours ? Combien de veuves de serviteurs comme témoigne le frère Elio sont en agnon ? Que le Seigneur continu de toucher des cœur à l'exemple du pasteur Dufour Éric. Soyez richement bénis chers papas spirituels et que Celui qui vous a appelé vous fortifie d'avantage dans cette noble mission.
  • ELIO Il y a 6 années, 3 mois

    Elle était femme de pasteur, veuve, âgée et vivant seule dans un petit deux-pièces à Paris. Sa bibliothèque, c’était le dessus d’un meuble, un coin du sol…c’était vraiment petit. Le jeune homme qui lui rendit visite, lors de son séjour dans cette ville –ayant eu son adresse par un pasteur résidant au-delà de la mer, et qui avait sans doute connu ce couple de serviteurs –la trouva vêtue d’une robe de chambre parsemée de trous. Une certaine tristesse l’envahit, parce que le constat était là : l’Eglise manquait à son devoir d’amour. Sa deuxième visite ‘’effaça les trous’’. Mais c’était la triste réalité : Combien de serviteurs n’ont pas, par dignité, par résignation, exprimé ouvertement leurs manques, leur souffrance devant la solitude ressentie ! Oui, des pasteurs se cachent encore pour mourir. Bienvenue donc à ce ministère, qui devrait exister au sein de chaque assemblée ne serait-ce que dans la confiance fraternelle, sachant que le Seigneur, dans son amour, est toujours prompt à écouter et relever ceux qui en ont besoin. N’est-il pas l’exemple à suivre et ne serons-nous pas jugés avec la même mesure de compassion que nous aurons manifestée ? Si nous devons aimer nos ennemis, supporter leur haine, à plus forte raison devons nous vraiment nous aimer malgré nos imperfections, nos faiblesses, mais avec la foi que toute épreuve nous montre le chemin de la sanctification.
    • christou Il y a 6 années, 3 mois

      Suis presque d'accord avec toi, faut aussi voir si ces Pasteurs ne se prennent pas pour des héros pour qui tous va bien ou lieu de s'ouvrir, je pense pour ma part qu'il serait mieux que les Chretiens les considérent aussi comme des faibles Humains qui ont aussi besoin t'aide sur tous les domaines de la vie. quand on regarde un peu il y en a ceux qui travaillent pour Dieu a plein temps mais en ksoirée dorment sans manger, n'arrivent pas a payer leur loyers, les enfants ont du mal a continuer l'ecole c'est horrible pour ma part la FAUTE revient alors aux deux parties COMMENT JE CONSIDERE MON PASTEUR ET MON PASTEUR PEUT IL S'EXPRIMER SANS ABUS???????????? Merci
  • celou0999 Il y a 6 années, 3 mois

    merci pour ce texte émouvant, je reçois "la pensée du jour" de TOP Chrétien et notamment d'Eric Célérier ainsi que d'autres et aussi le blog d'Eric. Merci pour votre générosité à accompagner les "brebis" que nous sommes pour Jésus Christ, notre Sauveur et notre Berger! Gloire à Dieu et soyez bénis célou
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